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Texte dans Maclean's : le « coeur brisé », Andrew Potter démissionne

Andrew Potter démissionne de son poste de directeur de l'Institut d'études canadiennes à l'Université McGill, à Montréal.
Andrew Potter démissionne de son poste de directeur de l'Institut d'études canadiennes à l'Université McGill, à Montréal. Photo: Université McGill
Radio-Canada

La controverse a eu raison de l'auteur d'une lettre d'opinion fort critique du Québec, parue lundi dans le magazine Maclean's : Andrew Potter démissionne de son poste de directeur de l'Institut d'études canadiennes à l'Université McGill, à Montréal.

Dans sa lettre de démission, qu'il a relayée sur son compte Facebook, Andrew Potter affirme qu'il conserve cependant ses fonctions de nature académique à l'Université McGill.

M. Potter dit que ce poste de directeur de l'Institut d'études canadiennes constituait pour lui « le rêve d'une vie », mais qu'il en est venu à la conclusion que la crédibilité de l'Institut serait préservée avec sa démission.

L'auteur de la lettre d'opinion incendiaire s'était inspiré des événements survenus lors de la tempête de neige du 14 mars dernier, pour décrire durement la société québécoise. Le brûlot publié dans l'édition en ligne de Maclean's avait tellement choqué qu'Andrew Potter s'était par la suite excusé, rectifiant certains de ses propos.

La démission d'Andrew Potter entre en vigueur immédiatement. « Je regrette vivement de nombreux aspects de ma chronique - l'utilisation bâclée d'anecdotes, son ton et l'impression que je donne de blâmer la province entière », écrit-il dans sa lettre de démission.

Cela ne reflète pas mes opinions sur le Québec et j'ai le coeur brisé que la situation ait tourné de cette façon.

Andrew Potter
La lettre d'Andrew Potter, dans le Maclean's, qui a fait réagir les politiciens au Québec.La lettre d'Andrew Potter, dans le Maclean's, qui a fait réagir les politiciens au Québec. Photo : Radio-Canada / Site du Maclean's

Une tempête révélatrice d'un « malaise »

Andrew Potter reconnaît que la réaction négative de la communauté universitaire et du public en général l'a incité à renoncer à la direction de l'Institut d'études canadiennes.

Dans sa lettre d'opinion, l'auteur parlait du « malaise qui ronge les bases de la société québécoise », un malaise révélé par les événements s'étant produits sur l'Autoroute 13 durant la tempête, selon M. Potter.

Quelque 300 automobilistes étaient alors demeurés coincés dans leur véhicule pendant une douzaine d'heures sur un tronçon d'autoroute sur l'île de Montréal. Pour Andrew Potter, cette situation pouvait faire croire à un échec de communication, à de la « paresse administrative » et à un manque de leadership.

L'auteur de la lettre d'opinion parlait même d'un manque de solidarité au sein de la société québécoise, citant le fait que des camionneurs n'avaient pas été remorqués sur l'autoroute alors que leurs véhicules respectifs bloquaient la voie.

L'Université McGill n'endosse pas les propos d'Andrew Potter

Les opinions exprimées par Andrew Potter avaient fait l'objet de vives condamnations, notamment de la part du premier ministre du Québec, Philippe Couillard. En revanche, la rédactrice en chef de Maclean's, Alison Uncles, avait appuyé l'auteur, « un grand journaliste et un penseur », avait-elle dit.

L'Université McGill avait pour sa part déclaré sur Twitter « n'endosser d'aucune façon les propos tenus par Andrew Potter dans le magazine Maclean's ».

« [La démission d'Andrew Potter] a fait naître des rumeurs non fondées et soulevé des préoccupations au sujet de la liberté universitaire », a écrit la rectrice Suzanne Fortier dans une note envoyée aux employés jeudi soir. « Je tiens à assurer aux membres de la communauté mcgilloise que la liberté universitaire est un principe fondamental de l’Université McGill », a assuré la rectrice en citant les principes de liberté universitaire.

Société