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Budget fédéral :« On a les désavantages de l’indépendance sans avoir aucun avantage » - J.-F. Lisée

Le chef du PQ Jean-François Lisée

Flanqué des députés d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, et de Rousseau, Nicolas Marceau, le chef du PQ Jean-François Lisée estime que les députés libéraux n'ont pas su défendre les intérêts du Québec dans l'élaboration du budget fédéral.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« C'est comme si le Québec était déjà indépendant, mais ne contrôlait que la moitié de son budget », a déploré le chef de l'opposition officielle et du Parti québécois, Jean-François Lisée, en commentant le budget fédéral du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Énumérant les dossiers dans lesquels le gouvernement du Québec attendait un soutien de la part du fédéral – les industries forestière et agroalimentaire, les transferts en santé, le secteur de l’aérospatiale, Bombardier et des projets en transport collectif (REM et SRB) – M. Lisée a utilisé le budget fédéral comme un outil de promotion de la souveraineté.

On a les désavantages de l’indépendance sans avoir aucun avantage.

Jean-François Lisée

Le chef du PQ a dénoncé l’inefficacité de la députation libérale fédérale au sein du gouvernement Trudeau et du gouvernement libéral provincial pour défendre les intérêts du Québec.

« Au Québec, il y a un gouvernement libéral et il y a 40 députés libéraux fédéraux, a souligné M. Lisée. Où sont-ils? Que font-ils? Pourquoi n’ont-ils aucun impact sur les décisions que le gouvernement fédéral prend avec 60 milliards d’argent envoyé cette année par les Québécois à Ottawa? Pourquoi n’ont-ils aucun poids politique?

Ils [les députés libéraux] doivent expliquer pourquoi le Canada ne fonctionne pas pour le Québec.

Jean-François Lisée
 

M. Lisée relève que l’industrie automobile ontarienne reçoit 100 millions de dollars alors que l’industrie « est en croissance » et que les industries forestière, laitière et fromagère du Québec ne reçoivent rien.

« Pourquoi était-il important de mettre 100 millions de dollars dans une industrie automobile qui va assez bien en ce moment en Ontario, a déclaré M. Lisée, mais zéro dollar pour l’industrie forestière au Québec qui va traverser une crise très grave. La dernière fois qu’on l’a traversée, on a perdu 20 000 emplois qu’on n’a jamais retrouvés. C’est le principal risque économique qui plane sur le Québec. »

On pourrait s’éviter ce traumatisme actuel d’être déçu et extrêmement déçu si on avait un seul budget, le budget du Québec indépendant.

Jean-François Lisée

M. Lisée estime que l’indépendance du Québec permettrait d’éviter ce gaspillage d’énergie simplement en tentant d’aller chercher à Ottawa la part du budget fédéral qui lui revient.

« Il existe une culture à Ottawa de refus de donner sa juste part au Québec, avance M. Lisée. Et un politicien qui donne sa juste part au Québec perd des votes dans le reste du Canada. C’est le cercle vicieux anti-québécois qui a été créé. » M. Lisée souligne que le gouvernement Trudeau a été « vertement critiqué par Bay Street, par les journaux, par les conservateurs » pour « avoir donné 38 fois moins à Bombardier » qu’il ne l’avait fait pour l’industrie automobile de l’Ontario.

On est dans une situation toxique pour le Québec à l’intérieur du Canada.

Jean-François Lisée

Le « gouvernement québécois est faible », avance M. Lisée, estimant qu’un gouvernement du PQ « aurait davantage de rapport de force parce qu’on serait craint ». M. Lisée estime que la seule solution pour le Québec réside dans l’indépendance de la province.

M. Lisée a finalement accusé le premier ministre du Canada de n’avoir aucun intérêt pour le Québec et de défendre les intérêts des banques, des paradis fiscaux, de l’industrie pétrolière et ceux de l’Ontario.

Coiteux reste sur sa faim

« Quand on regarde le budget fédéral dans son ensemble, c’est sûr qu’on est resté sur notre faim à différents égards », a déclaré le ministre responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux. Il souligne l’absence de sommes dédiés pour les projets de Réseau électrique métropolitain (REM), du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et sur l’octroi présumé de la banque des infrastructures à la métropole québécoise.

M. Coiteux a également souligné l’absence de sommes pour le système rapide d’autobus (SRB) pour la Ville de Québec.

Dans le dossier de la banque des infrastructures, « on aurait bien souhaité que le signal soit donné très clairement que c’est à Montréal que ça va se passer parce que c’est à Montréal que se trouve l’expertise », a ajouté M. Coiteux.

J’en appelle aux députés québécois du Parti libéral du Canada (PLC) à bien faire valoir le point de vue important de l’expertise de Montréal dans ce dossier.

Martin Coiteux

Refusant de les accuser de ne pas faire leur travail, M. Coiteux les a toutefois invités à mettre à profit le temps qu’il reste avant l’adoption du budget pour faire valoir les intérêts du Québec en général et de Montréal en particulier, « Il reste encore du temps », a précisé M. Coiteux.

« Je suis en train de les inviter à faire valoir, non seulement les intérêts de Montréal, mais l’expertise de Montréal pour que ce soit le siège de la banque des infrastructures, a poursuivi M. Coiteux. On a les meilleures ressources au Canada pour le faire. »

Ils ont un rôle important à jouer et ils peuvent encore continuer à le jouer.

Martin Coiteux

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, et le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, ont tous deux exprimé leur déception et leur préoccupation devant l’absence d’engagements chiffrés.

Politique