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Les libéraux demandent aux Canadiens de leur faire confiance

Le ministre des Finances Bill Morneau et le premier ministre canadien Justin Trudeau tiennent des copies du budget fédéral, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Justin Trudeau vous dit que tout va bien aller et il vous demande de le croire sur parole.

Une analyse de Fannie Olivier

Dans les toutes premières pages du budget, déposé mercredi à Ottawa, le ministre des Finances Bill Morneau admet que l'avenir donne le vertige. Et il s'adresse directement à ceux qui craignent ne pas être en mesure de se tailler une place dans le marché de l'emploi de demain.

« L’inquiétude qu’éprouvent de nombreux Canadiens est compréhensible, mais elle n’est pas insurmontable », écrit-il d’entrée de jeu dans le document.

Car le gouvernement de l’optimisme et des « voies ensoleillées » ne vous laissera pas seul devant les incertitudes de demain. Le message qu’il tente de faire passer avec son budget 2017 est qu’il vous prendra par la main pour vous outiller pour l’avenir. Il affirme d’abord qu’il vous aidera à acquérir les connaissances qui vous permettront de vous adapter (lire : formation de la main-d’œuvre). Puis qu’il fournira le contexte économique vigoureux où vous pourrez vous épanouir (lire : innovation).

L’intention est noble. Mais réaliser ce projet demandera un véritable doigté et pas seulement de belles paroles.

Quand on enlève les mots à la mode et les concepts clinquants, que reste-t-il pour le travailleur qui craint la fermeture de son usine? Que reste-t-il pour la caissière de supermarché qui voit son emploi menacé par des caisses électroniques? Pour le travailleur de l’industrie du pétrole qui se demande quand il se remettra au boulot?

On leur promet entre autres un soutien pour un retour aux études et des transferts aux provinces plus souples pour donner un coup de pouce aux travailleurs âgés. Mais faire passer ces travailleurs de la classe moyenne dans l’économie du futur sera loin d’être aussi évident pour le gouvernement que d’ouvrir son portefeuille pour lui accorder des baisses d’impôts ou une nouvelle allocation pour enfants comme il l’a fait l’an passé.

 

Pour réaliser ce défi complexe, le gouvernement de Justin Trudeau se donne du temps. Beaucoup de temps. Les montants substantiels pour la formation de la main-d’œuvre n’arrivent pas avant l’an prochain. Et encore, on conserve la part belle du gâteau après 2019, soit après les prochaines élections fédérales. Le gouvernement de Justin Trudeau semble s’imaginer ainsi au pouvoir bien longtemps.

Les fruits de ces investissements seront difficiles à quantifier. Et il reste beaucoup à faire pour dépoussiérer les fonds déjà existants pour soutenir l’innovation qui n’ont pas fait leurs preuves. La feuille de route pour y arriver n’est encore qu’une ébauche. Mais si l’économie se porte mieux, les libéraux pourront s’enorgueillir d’avoir donné le premier coup de roue de ce cercle vertueux.

Ils devront toutefois avoir à l’œil leur déficit. Le gouvernement espère le maintenir sous la barre du 30 milliards de dollars pour les prochaines années, ce qui pourrait être ardu dans un contexte politique marqué par l’incertitude avec Donald Trump installé à la Maison-Blanche. Car si le gouvernement libéral vous dit d’avoir confiance en l’avenir, il n’a cependant pas toutes les cartes dans son jeu.

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