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Budget fédéral 2017 : le Manitoba reste sur sa faim

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister

Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Radio-Canada

Tandis que journalistes, analystes politiques et critiques commencent à peine à dépouiller scrupuleusement chacune des 324 pages du budget fédéral déposé mercredi, plusieurs mesures touchant de près des enjeux manitobains évoquent des réactions mitigées.

Le budget du ministre Bill Morneau n’est pas parvenu à gagner l’approbation entière du premier ministre Brian Pallister, qui s’attendait à plus d’argent pour répondre à l’afflux de demandeurs d’asile franchissant la frontière canado-américaine.

M. Pallister a affirmé encore une fois, mercredi, qu’il refuse de continuer des négociations de bonne foi en vue de conclure une entente avec Ottawa sur les soins de santé jusqu’à ce que le gouvernement fédéral indique très clairement par écrit que l’investissement de 60 millions de dollars pour l’installation de pointe L’usine de l’avenir ne sera pas utilisé comme argument dans la négociation.

Nous n’avons aucune confirmation solide que ce projet-là aura le feu vert. Nous avons besoin de cette corroboration, et nous la méritons. Alors j’attends ce message-là.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Le Manitoba demeure la seule province à ne pas avoir entériné une entente bilatérale sur la santé avec Ottawa. Le premier ministre de la province soutient que l’augmentation de 3,5 % des transferts pour les soins de santé qu’offre le gouvernement fédéral est insuffisante.

Cameron Friesen et Brian Pallister

Le ministre manitobain des Finances, Cameron Friesen, et le premier ministre Brian Pallister (droite) discutent du nouveau budget fédéral 2017 lors d'une conférence de presse, mercredi.

Photo : Radio-Canada

Le chef progressiste-conservateur s’est dit « pas mécontent de l’engagement [de 20 millions de dollars] envers les soins de santé des Premières Nations » de la province, mais a tout de même fait valoir qu’il n’existe aucune mention de nouvelles sommes allouées aux enjeux entourant la crise des migrants clandestins.

La frontière manitobaine est aux premières loges de la crise, rapporte M. Pallister, et la porte d’entrée à Emerson, dans le sud de la province, voit de plus en plus de demandeurs d’asile entrant clandestinement en sol canadien.

Le Manitoba est demeuré fort et nous avons fait le gros du travail. L’heure est venue d’adopter une nouvelle approche, de travailler en équipe, en “Équipe Canada”.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

En ce qui concerne d’autres promesses budgétaires, dont celles annonçant 11 milliards de dollars pour le logement abordable et 7 milliards pour les services de garderie, le premier ministre Pallister soulève qu’il n’est pas encore sûr quant à savoir quels pourcentages de ces sommes seront investis au Manitoba.

Des besoins « toujours immenses »

Le professeur à l’École de travail social de l’Université de Saint-Boniface, David Alper, explique qu’il faudrait un investissement d’environ 2 milliards de dollars seulement au Manitoba pour remettre les logements des Premières Nations en bon état.

Quand on parle des réserves, des communautés autochtones du nord de la province, les logements surpeuplés touchés par la moisissure et qui sont en très mauvais état […] Il faut dire que les besoins sont immenses.

David Alper, professeur de travail social, Université de Saint-Boniface

« C’est un pas dans la bonne direction, mais c’est nettement insuffisant », constate M. Alper, au sujet de l’argent annoncé dans le budget fédéral.

En outre, 600 000 logements sociaux au Canada sont menacés de disparaître puisque le gouvernement fédéral ne renouvelle pas ses engagements envers les logements sociaux existants, ajoute le professeur. « C’est une bonne nouvelle dans le sens que c’est de l’argent neuf, mais le diable est dans les détails », note-t-il.

Langage positif, mais mesures timides

Le gouvernement Trudeau fera également 7 milliards de dollars d'investissements sur 10 ans dans les garderies, à partir de 2018-2019, dans le but de créer jusqu'à 40 000 nouvelles places subventionnées d'ici trois ans.

David Alper

David Alper, professeur en travail social à l'Université de Saint-Boniface

Photo : Radio-Canada

Toutefois, la directrice de l’Association des services à l’enfance du Manitoba, Pat Wege, doute que la somme améliore de façon significative l’accès aux services de garde. « Difficile de savoir ce qu’on pourrait faire [sur 10 ans] avec cet argent-là. Surtout que nous avons déjà, au Manitoba, presque 15 000 enfants qui attendent une place en garderie », regrette-t-elle.

Le professeur David Alper partage l’avis de la directrice de l’Association des services à l’enfance : « C’est une bonne nouvelle, mais ça ne va pas assez loin », dit-il.

Le langage est très positif, mais les mesures sont assez timides.

David Alper, professeur de travail social, Université de Saint-Boniface

« Ça ne va pas aussi loin que le réseau national de garderies que l’ancien premier ministre Paul Martin avait annoncé en 2004. On aurait besoin d’un réseau universel de garderies au Canada, mais ce budget-là ne va pas assez loin », tranche-t-il, en ajoutant que les mesures proposées pour contrer les émissions à effet de serre sont tout aussi insuffisantes.

Avec des informations de Geneviève Lapalme et Sean Kavanagh (CBC News)

Manitoba

Politique provinciale