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Budget 2017 : de l'argent pour le train léger d'Ottawa et les logements abordables, rien sur Phénix

Le train léger à Ottawa

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Les réactions au budget présenté par le ministre des Finances Bill Morneau, mercredi après-midi, sont nombreuses. Certains déplorent le manque d'originalité du budget, qui s'inscrit dans la continuité du budget précédent. D'autres, cependant, apprécient certaines mesures généreuses mises de l'avant par le gouvernement Trudeau.

Un texte de Angie Bonenfant

Les employés fédéraux qui espéraient voir dans le budget un geste, une mesure ou une annonce sur les problèmes du système de paye Phénix seront déçus. Le budget ne comporte pas une ligne ni même un mot, sur les ratés qui ont causé de nombreux maux de tête à des milliers de fonctionnaires.

L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui avait demandé la création d'un fonds de réserve de 75 millions afin d'aider les ministères à bien payer leurs employés, est consternée.

« Nous sommes évidemment très déçus que le gouvernement n'ait pas su mettre quelque chose de l'avant. Il aurait pu, au moins, mettre une annonce qui dit qu'ils prennent le problème Phénix au sérieux! », a réagi Larry Rousseau, vice-président exécutif régional de l'AFPC pour la capitale nationale.

Le porte-parole voit dans ce silence radio une contradiction difficile à ignorer. Le gouvernement a annoncé des investissements dans quelques ministères et c'est très encourageant, a-t-il fait remarquer.

« Mais comment payer les gens qui en bénéficieront? Comment avoir la certitude que les gens ne vivront pas, encore une fois, le cauchemar du système de paye dans six mois ou dans un an? », a ajouté M. Rousseau.

Infrastructures

L'autre mesure accueillie de façon mitigée est l'intention du gouvernement de réduire de 50 à 40 % sa participation au financement de la construction de nouveaux projets d'infrastructures en transports en commun.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qui agit également à titre de porte-parole du caucus des grandes villes pour la Fédération canadienne des municipalités (FCM), ne se fait pas trop de souci avec cette mesure, même s'il faudra négocier étroitement avec Québec pour aller chercher l'autre 10 %.

« Il y a dans tout ça une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c'est que l'on passe de 50 à 40 % pour la contribution fédérale. Chose certaine, la contrepartie ne pourra pas venir de Gatineau », a-t-il d'abord déclaré. « Les villes, nous sommes de petits joueurs. On gère 60 % des infrastructures publiques, mais on reçoit seulement 8 % des taxes d'impôts. Il faut que ce soit Québec ou Ottawa qui nous aide, car ça n'arrive pas de notre côté. »

« La bonne nouvelle, par contre, c'est qu'avant, il y avait un fonds et il fallait se battre pour avoir de l'argent. Maintenant, le fonds [sera doté] d'une allocation par système de transport », a soutenu M. Pedneaud-Jobin. « Un peu comme cela fonctionne avec la taxe sur l'essence, chaque ville saura de combien elle dispose dans ce fonds. On connaîtra le montant et on saura à, long terme, combien on a. C'est une bonne nouvelle parce que cela nous permettra de budgéter. »

Phase 2 du train léger

Malgré le recul du gouvernement, le financement fédéral pour la phase 2 du train léger sur rail à Ottawa est somme toute presque confirmé. Le maire Jim Watson affirme qu'il a reçu l'assurance du gouvernement que 1,15 milliard de dollars sont dans ce budget.

« Le financement pour l'étape 2 du train léger se retrouve dans ce budget », a-t-il déclaré lors d'un point de presse. « Nous devons maintenant travailler avec nos partenaires fédéraux pour finaliser les détails. »

 

Crédit d'impôt sur le transport en commun

L'annonce de l'abolition du crédit d'impôt de 15 % pour le transport en commun a eu l'effet d'une bombe sur les différents réseaux sociaux et a soulevé les passions. Cette mesure représente 171 $ par année de moins en remboursement pour les usagers de la STO et 204 $ par année de moins pour ceux d'OC Transpo.

La fin du crédit d'impôt envoie un drôle de message, souligne le politologue François Rocher, enseignant à l'Université d'Ottawa. D'un côté, on veut inciter les citoyens à prendre les services de transport en commun, mais de l'autre on leur enlève un incitatif qui les aurait encouragés dans cette voie.

« Ce n'était peut-être pas un crédit d'une somme faramineuse pour le citoyen, mais le retirer, c'est peut-être le caillou dans le soulier du gouvernement », a-t-il laissé tomber en entrevue à l'émission Sur le vif. « Il faut faire attention quand on écrit un budget, parce qu'il y a des points sensibles que l'on sous-estime quant à l'impact que cela pourrait avoir. »

Logements abordables

L'une des mesures qui plaisent énormément au maire de Gatineau est l'investissement du gouvernement Trudeau dans le logement abordable.

« Le fédéral réinvestit massivement, dans ce domaine; c'est 11 milliards de dollars en 11 ans. C'est une bonne nouvelle. On ne peut pas lutter contre la pauvreté, si on n'a pas accès au logement abordable », a expliqué M. Pedneaud-Jobin. « Cette mesure nous touche directement à Gatineau. Il y a trois villes au Québec où se loger coûte très cher : il y a Montréal, Québec et nous autres. »

Le maire d'Ottawa s'est pour sa part dit très encouragé par la proposition du gouvernement de convertir des terrains fédéraux en logements sociaux. Ottawa compte beaucoup de terrains fédéraux vacants et disponibles.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale