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Le budget fédéral reçoit un accueil glacial à Québec

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao [à gauche], en compagnie du président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao [à gauche], en compagnie du président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le contenu du budget fédéral suscite peu d'enthousiasme à Québec, où les élus de l'Assemblée nationale, toutes allégeances confondues, ont accusé le gouvernement Trudeau d'avoir ignoré les revendications de la province - notamment celles portant sur les dossiers d'infrastructures de transport.

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, et le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, ont tous deux exprimé leur déception et leur préoccupation devant l’absence d’engagements chiffrés et fermes quant à l'instauration de projets de transport collectif mise de l’avant par Québec au cours des derniers mois (comme le projet de Réseau électrique métropolitain et le prolongement de la ligne bleue dans l’est de Montréal).

Le ministre Moreau a dit avoir cherché « en vain » dans le budget des éléments laissant entendre qu’Ottawa serait prêt à payer une partie de la facture pour ces projets. Québec s'apprête justement à déposer son propre budget au cours de la semaine prochaine, lequel devrait faire une large part aux infrastructures de transport.

Le président du Conseil du Trésor a demandé aux députés québécois du caucus libéral fédéral de rendre des comptes sur le peu de place qui a été fait aux revendications du Québec dans le budget présenté par le ministre Bill Morneau.

On ne retrouve rien dans le budget fédéral qui nous indique que les priorités du gouvernement fédéral sont arrimées sur celles du Québec, et ce, malgré les demandes qui ont été faites en ce sens.

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau

Carlos Leitao a reconnu que le budget présentait des aspects « intéressants » et « positifs », comme le fait que le gouvernement fédéral a reconnu l’asymétrie dans les transferts en santé et l’expertise montréalaise en matière d’intelligence artificielle. Il a également salué les nouvelles mesures pour former la main-d’œuvre.

Le ministre des Finances a toutefois réitéré sa déception devant l'absence de propositions concrètes pour la mise en place de projets chers au gouvernement Couillard.

C’est clair que du côté des infrastructures, nous sommes déçus.

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao

De son côté, Nicolas Marceau, porte-parole de l’opposition officielle en matière de Finances, a critiqué le choix du gouvernement de Trudeau d’accorder 100 millions de dollars à l’industrie automobile ontarienne. Le péquiste accuse le fédéral d’avoir négligé des secteurs importants de l’économie québécoise.

Il a notamment cité l’absence de compensation pour les producteurs fromagers relativement à la signature de l’accord commercial entre le Canada et l’Union européenne, de même que l’absence de garanties de prêts pour les travailleurs forestiers dans le dossier du bois d’œuvre.

La seule contribution de ce budget à l’industrie forestière, c’est le papier sur lequel il a été imprimé.

Nicolas Marceau

M. Marceau a lui aussi dénoncé « l’absence d’engagement ferme » en matière de transport collectif. Il a vivement critiqué la fin du crédit d’impôt pour le transport en commun, qualifiant cette dernière « d’attaque contre les plus démunis » (dont les étudiants).

J’ai eu beau tourner les pages du budget, je n’ai rien trouvé pour le Québec. [C’est un] budget déconnecté du Québec.

Nicolas Marceau

Du côté de la Coalition avenir Québec, le critique en matière de finances publiques, François Bonnardel, a fait écho aux propos de Nicolas Marceau en affirmant qu’il n’y avait « absolument rien pour le Québec dans ce budget ».

François Bonnardel soutient toutefois que la responsabilité revient au premier ministre Couillard, qui « n'a pas été en mesure de porter ses demandes avec aplomb » à Ottawa.

 

À Québec solidaire, Manon Massé, co-porte-parole de la formation politique, a soutenu que le budget 2017 n’en faisait pas assez pour la population québécoise. Elle accuse le gouvernement Trudeau de s’être montré frileux quant aux enjeux relatifs aux changements climatiques et aux inégalités sociales.

« J’attends encore des engagements concrets, de Québec et d’Ottawa, pour davantage d’infrastructures de transport en commun - dont le Service rapide par bus (SRB) à Québec et la construction de nouvelles lignes de métro à Montréal », a-t-elle déclaré par voie de communiqué.

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques a également dénoncé les investissements de plus d’un milliard de dollars dans l’industrie des énergies fossiles. Elle les juge incohérents avec les efforts de lutte contre les changements climatiques préconisés par le gouvernement Trudeau.

Manon Massé a toutefois salué l’intérêt du gouvernement Trudeau pour les communautés autochtones, qui se traduit par un investissement de 3,4 milliards de dollars pour soutenir leurs priorités en matière de santé et d’éducation.

« Comparativement au gouvernement Harper, il y a un renversement de tendance en ce qui a trait à la reconnaissance des besoins des Premières Nations », a-t-elle reconnu tout en ajoutant que la dette du Canada demeurait toujours très grande à l’égard des Autochtones.

Avec les informations de La Presse canadienne

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