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L'opposition à Ottawa accuse Morneau d'avoir fait fi des gens ordinaires

La cheffe de l’opposition, Rona Ambrose, commente le budget fédéral déposé à la Chambre des communes à Ottawa le 22 mars 2017

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

L'opposition à la Chambre des communes est mécontente du second budget du gouvernement Trudeau déposé mercredi. Les conservateurs indiquent que les Canadiens verront leurs impôts augmenter, de même que le coût de divers services et denrées. Pour les néo-démocrates, le gouvernement piétine avec ce budget insuffisamment généreux, notamment pour ce qui est de la lutte contre les changements climatiques.

La chef de l'opposition officielle, Rona Ambrose, rappelle que les libéraux de Justin Trudeau s'étaient engagés à ce que les dépenses n'excèdent pas 10 milliards de dollars. « En 2017, ils dépenseront 29 milliards, soit trois fois ce qu'ils avaient promis », dit-elle.

Rona Ambrose poursuit en affirmant que ces dépenses seront financées sur le dos des Canadiens, par « de nouvelles taxes et des emprunts ».

Ce budget ne tient absolument pas compte des défis auxquels font face les citoyens ordinaires, qui tentent de payer pour le coût de la vie.

La chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Rona Ambrose

« C'est un problème », indique Mme Ambrose. Elle se dit préoccupée par le fait que les contribuables canadiens devront faire face à « une kyrielle de petites taxes et d'augmentation de frais ».

Les Canadiens de la classe moyenne n'y gagnent pas, estime Mme Ambrose, car les avantages fiscaux que leur avaient accordés les libéraux de Justin Trudeau sont désormais anéantis. Sans compter que les familles sont plus taxées, critique-t-elle.

On taxe votre samedi soir...

Je persiste à dire qu'ils taxent votre samedi soir. Pourquoi taxent-ils Uber, la bière et le transport en commun, si bien que si vous êtes un étudiant qui prend le bus, vous payez plus?

Rona Ambrose, chef par intérim du PCC

Rona Ambrose s'alarme aussi au sujet du déficit fédéral, qui ne cesse de s'accroître chaque année - un problème auquel les libéraux de Justin Trudeau ne semblent pas avoir de solution, dit-elle.

En vertu du budget présenté par le ministre des Finances, le déficit s'élèvera à 28,5 milliards de dollars en 2017-2018, soit 5,5 milliards de plus que l'an dernier. En revanche, le ministre Morneau prévoit que le déficit du gouvernement canadien s'amoindrira pour atteindre 18,8 milliards dans quatre ans, selon les prévisions.

Certes, le gouvernement libéral vise à encourager l'innovation dans les entreprises, mais à partir du moment où le gouvernement hausse les taxes et les tarifs de toutes sortes, rétorque Mme Ambrose, il nuit aux travailleurs - et ce, que ces derniers soient dans le domaine de la coiffure ou du transport, ou encore dans un secteur hautement innovateur.

Enfin, le PCC estime que les libéraux auraient dû respecter leurs promesses de baisser les taxes des petites entreprises, « car ces dernières ont besoin d'une pause », affirme Rona Ambrose.

« Les riches ont ce qu'ils veulent » - Thomas Mulcair du NPD

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, commente le budget déposé à la Chambre des communes à Ottawa le mercredi 22 mars 2017.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, commente le budget déposé à la Chambre des communes à Ottawa mercredi le 22 mars 2017

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Il est juste de dire que les riches vont avoir ce qu'ils veulent, tandis que la famille moyenne n'aura pas ce dont elle a besoin.

Thomas Mulcair

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, considère que le budget présenté par Bill Morneau favorise les Canadiens les plus fortunés, citant en exemple l'échappatoire fiscale liée aux options d’achat d’actions. « Justin Trudeau avait promis en campagne électorale de l'éliminer, dit-il, mais ce n'est pas dans le budget, et cela représente 725 millions de dollars ».

Cet argent aurait pu être redirigé vers les enfants vivant dans les réserves indiennes, pour lesquels il manque encore 155 millions de dollars, rapporte le chef néo-démocrate. Il est à noter qu'en ce qui concerne les Autochtones, le gouvernement Trudeau investira 3,4 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, notamment dans les services en santé mentale destinés à la prévention du suicide.

Sur le plan de l'environnement, le gouvernement Trudeau manque à ses engagements, estime Thomas Mulcair. « Le Canada réduit actuellement ce qu'il dépense pour lutter contre les changements climatiques », dit le chef néo-démocrate. « Ils coupent 750 millions de dollars [maintenant] et 500 millions l'an prochain », poursuit-il, prédisant que ces dépenses augmenteront « miraculeusement » à l'approche des élections.

C'est un thème dans ce budget : on piétine et on reporte à plus tard un certain nombre de choses.

Thomas Mulcair, chef du NPD

Le NPD déplore que le budget ne comporte aucune mesure de soutien aux producteurs laitiers, « qui font l'objet d'attaques par les États-Unis », ou encore à l'industrie forestière. Et M. Mulcair critique ce budget « pour n'avoir pas prévu un cent pour les services de garde pour enfants l'an prochain ».

 

Martine Ouellet annonce « l'austérité permanente, gracieuseté du Canada »

Au Bloc québécois, la cheffe Martine Ouellet qualifie le budget « d’intrusion méprisante et irrespectueuse dans les juridictions québécoises », nommant les secteurs de la santé et de l’éducation et citant les municipalités. Et le Bloc rappelle qu’en matière de santé, Ottawa a réduit ses transferts vers les provinces.

En fait, Justin Trudeau surestime son déficit pour prétendre ne pas avoir les moyens d’assumer sa part des coûts du système de santé. Avec un tel budget, ce qui attend les Québécois, c’est l’austérité permanente, gracieuseté du Canada.

Extrait du communiqué du Bloc québécois

Le Bloc québécois remarque aussi que le budget de Bill Morneau ne prévoit pas :

  • de garanties de prêts aux producteurs de bois d’œuvre;
  • de compensations aux producteurs fromagers et laitiers pour contrer les effets néfastes de l’accord Canada-Europe;
  • de bonifications aux prestations d’assurance-emploi pour les travailleurs en région;
  • d’investissement pour le développement d’Internet dans les régions.
Avec les informations de CBC

Politique