•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Aider les travailleurs à affronter la nouvelle économie

Employé dans la chaîne de montage de l'usine de Chrysler à Windsor

Un employé de Chrysler à Windsor

Photo : La Presse canadienne / AP/Carlos Osorio

Radio-Canada

Aider les jeunes à se trouver un premier emploi et soutenir la formation continue des travailleurs : voilà comment le ministre Morneau espère moderniser la main-d'œuvre.

Un texte de Stéphane Bordeleau

À l'instar de plusieurs pays industrialisés, le Canada est confronté à d’importants défis en matière de compétence et de formation pour demeurer compétitif sur la scène mondiale, qui est bousculée par des transformations technologiques.

Pour ce faire, le ministre des Finances Bill Morneau mise sur l’innovation, qu’il entend stimuler par une série de mesures destinées à faciliter l’accès à des études ou à de la spécialisation pour les jeunes et les travailleurs du pays - notamment ceux qui étudient à temps partiel - afin de leur permettre d’occuper de meilleurs emplois.

Tous les Canadiens auront davantage de possibilités d’obtenir l’éducation, les compétences et l’expérience de travail dont ils ont besoin pour participer pleinement au marché du travail d’aujourd’hui.

Bill Morneau, ministre des Finances du Canada

Pour élargir davantage les possibilités d’emploi pour les jeunes, Ottawa entend consacrer 395,5 millions de dollars sur trois ans à partir de 2017-2018 dans sa Stratégie emploi jeunesse, laquelle doit permettre à 33 000 « jeunes vulnérables » de se perfectionner ou d’acquérir des compétences en vue de se trouver un emploi ou de retourner aux études.

Cet investissement devrait permettre de créer au moins 15 000 nouveaux « emplois verts », indique le ministère des Finances.

Coup de pouce aux étudiants à temps partiel

Conscient de la difficulté de retourner aux études pour les travailleurs à statut précaire, les travailleurs contractuels ou les travailleurs à la tête d'une famille monoparentale (qui doivent tous, bien souvent, emprunter des sommes importantes pour y parvenir), Ottawa permettra à 10 000 étudiants à temps partiel de plus d’accéder à des bourses et à des prêts étudiants.

En tout, 59,8 millions de dollars y seront consacrés, mais seulement à partir de l’année universitaire 2018-2019. Par la suite, le gouvernement consacrera chaque année 17 millions de dollars à la mesure.

Les étudiants qui doivent subvenir au besoin d’enfants ou de personnes à charge pourront aussi bénéficier d’un accès élargi à des bourses d’études grâce à l’injection de 107 millions de dollars sur quatre ans à compter de 2018-2019 dans les programmes de bourses d’études non remboursables. Environ 13 000 Canadiens de plus pourront suivre une nouvelle formation ou mettre leurs compétences à niveau.

Adultes qui retournent aux études

Pour les adultes qui voudraient retourner aux études, mais qui hésitent à le faire en raison d’engagements familiaux et financiers importants (comme une hypothèque), Ottawa propose un projet-pilote de trois ans.

Destiné à faciliter leur retour, ce projet de 287,2 millions de dollars sur trois ans - qui entrera en vigueur en 2018 - sera particulièrement avantageux pour les femmes qui ont des familles et qui désirent améliorer leurs perspectives de carrière, souligne le ministre Morneau. Le projet-pilote, qui n’est pas encore au point, sera en vigueur à compter de l’année universitaire 2018-2019.

Les femmes représentent les deux tiers de la clientèle du Programme canadien de prêts aux étudiants, et quatre d’entre elles sur cinq ont des enfants à charge.

Par exemple, grâce à ces nouvelles mesures, une femme d’une famille monoparentale qui gagne 35 000 $ par année et qui voudrait étudier dans un collège aura droit, à partir de l’année 2018-2019, à plus de 3000 $ de bourse pour financer ses études, en plus d’un accès à un prêt d’étude pouvant atteindre 10 000 $.

Bonifier le crédit d’impôt pour frais de scolarité et l’assurance-emploi

Côté fiscalité, le gouvernement permettra à un plus grand nombre d’étudiants de déduire leurs frais de scolarité, notamment en élargissant la définition des frais postsecondaires admissibles au crédit de 15 % sur les frais de scolarité. Ainsi, les frais de cours payés pour une formation ou un perfectionnement qui n’est pas de niveau postsecondaire seront admissibles.

Pour être admissible au crédit d’impôt, la formation devra cependant avoir été suivie « pour acquérir des compétences nécessaires à l’exercice d’une activité professionnelle », précise le ministère des Finances.

Désormais, les personnes qui perçoivent de l’assurance-emploi pourront également suivre une formation ou retourner aux études pour trouver un nouvel emploi sans crainte de perdre leur prestation.

Avec ces mesures, le ministre Morneau espère que chacun aura « des chances réelles et égales de réussir ».

 

Économie