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Trop, autre symbole de l'ambition des séries québécoises sur le web

De gauche à droite : Virginie Fortin, Evelyne Brochu et Alice Pascual discutent, assises dans le salon, dans la websérie « Trop ».

De gauche à droite : Virginie Fortin, Evelyne Brochu et Alice Pascual dans « Trop ».

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les spectateurs pourront découvrir à compter de jeudi à ICI TOU.TV EXTRA cette comédie dramatique où Evelyne Brochu et Virginie Fortin jouent deux sœurs aux caractères diamétralement opposés et aux quotidiens mouvementés. Une distribution relevée – Anne-Marie Cadieux, Éric Bruneau ou encore Pierre-Yves Cardinal – confirme la place incontournable des séries produites pour les plateformes numériques.

Un texte d'Antoine Aubert

La série débute alors que la bouillonnante Anaïs (Virginie Fortin) décide de quitter le Saguenay pour venir habiter dans le bel appartement montréalais de sa grande sœur, la sage Isabelle (Evelyne Brochu), sans réellement l’avoir avertie au préalable. C'est une situation qui va plutôt les amener à s’entraider qu’à s’opposer, l’aînée devant gérer une nouvelle patronne insupportable (Anne-Marie Cadieux) et le retour d’un ex (Éric Bruneau) quand la cadette se voit diagnostiquer un trouble bipolaire.

Bande-annonce

L’auteure Marie-Andrée Labbé – à qui l’on doit déjà la websérie Hors d'ondes : confessions d'une téléréalité sur ICI TOU.TV – a dessiné un univers où les femmes occupent une place majeure, sous la direction des réalisatrices Louise Archambault (Gabrielle) et Chloé Robichaud (Sarah préfère la course). Avec ces personnages tantôt au bord de la crise de nerfs tantôt fortes, gérant les errements de leurs partenaires masculins, Trop n’est pas sans rappeler la série à succès de HBO Girls.

Toutefois, plutôt que de proposer une série « genrée », Marie-Andrée Labbé dit avoir surtout voulu mettre en lumière les petits et gros tracas de nos vies.

Je trouve qu’on n’ose jamais être assez réaliste dans une série, comme si l'on avait peur que la réalité soit trop plate. Moi, je me suis dit que mon quotidien pouvait faire une série.

Marie-Andrée Labbé, auteure de Trop

Treize épisodes de 30 minutes composent la saison, un format qui n’est pas sans rappeler ceux de Netflix. Tout comme Blue Moon pour Club illico, Trop se présente ainsi comme une locomotive faisant la promotion des contenus, tant de Véro.tv, lancée à la mi-février, que du forfait payant d'ICI TOU.TV. Les deux premiers épisodes pourront néanmoins être vus gratuitement.

Objectifs économique et artistique

Si elle n’a pas souhaité révélé le montant exact, Christiane Asselin, directrice, contenu et programmation multiécran, webtélé et ICI TOU.TV, parle ici d’un budget semblable à celui d’une série qu’on retrouve à la télévision. Trop se retrouvera d’ailleurs par la suite sur le petit écran.

Pourtant, c’est bien le format web qui a été déterminant dans la création de la série. « Ça ne se serait pas fait si elle n’était allée qu’à la télé », affirme encore Christiane Asselin. Selon elle, la stratégie de voir certains contenus originaux proposés en priorité sur le web a porté ses fruits : les abonnements sont en hausse, tout comme les visionnements des productions qu’on retrouve sur Extra (+53 % sur un an).

Présent lors de présentation de Trop, dont il est le producteur délégué, Jocelyn Deschênes a indiqué aux journalistes présents qu’il y avait « besoin d’une telle plateforme. Elle va tirer vers le haut les productions francophones », grâce notamment aux nouveaux financements qu'elle permet de dénicher. « L’argent se déplace tranquillement, des fonds sont créés spécialement pour les webséries », confirme, de son côté, Christiane Asselin.

L'âge adulte comme Un gars, une fille?

Les webséries au format court, telle L’âge adulte, nouveauté gratuite lancée sur ICI TOU.TV la semaine dernière, constituent toutefois l’arme fatale. Elles doivent devenir une marque de fabrique, à l’image de ce qu'a pu représenter Un gars, une fille aux yeux du grand public lorsque la télévision régnait sans partage dans la consommation de séries.

Sarah-Anne Parent, Mickaël Gouin et Guillaume Lambert, côte à côte et regardant au loin tout en souriant, dans la websérie « L'âge adulte ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sarah-Anne Parent, Mickaël Gouin et Guillaume Lambert dans la websérie « L'âge adulte ».

Photo : Radio-Canada

« C’est aussi l’occasion de mettre de l’avant une pépinière de nouveaux talents, comme Guillaume Lambert [auteur et acteur de L’âge adulte], souligne Christiane Asselin. Ces webséries permettent en plus d’attirer un public plus jeune, puisque c’est écrit par la génération du millénaire pour la génération du millénaire, et qu'elles sont pour la plupart gratuites. »

Là encore, sans rentrer dans le détail des chiffres, la directrice d'ICI TOU.TV a fait part de sa satisfaction : L’âge adulte « marche super bien » et atteint ses objectifs.

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