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Mobilisation au Québec en faveur de la préservation de l'eau

Le lac Saint-Pierre

Le lac Saint-Pierre

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Écologistes et membres de la classe politique du Québec soulignent, en cette journée mondiale de l'eau, les enjeux liés à la préservation de cette ressource vitale. Mais tandis que les premiers décrient « l'à-plat-ventrisme » du gouvernement devant les compagnies pétrolières et gazières, le premier ministre Philippe Couillard lance un appel à la mobilisation pour le développement durable des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent.

Représentants d'Équiterre, d'Eau Secours, du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ) et de la Fondation Coule pas chez nous se sont rassemblés, mercredi, autour des députés solidaire et péquiste Manon Massé et Sylvain Gaudreault. Leur but? Exhorter le gouvernement de Philippe Couillard à devenir « le protecteur de l'eau »; un rôle qu'il ne joue pas à l'heure actuelle, selon eux.

En parallèle, le premier ministre Philippe Couillard se dit préoccupé par la revitalisation des écosystèmes des Grands Lacs, une cause que le gouvernement américain de Donald Trump a décidé de ne plus financer.

Aujourd’hui même, je fais des téléphones pour appeler chacun des gouverneurs d’États riverains des Grands Lacs pour exprimer notre préoccupation. Vous savez que le Québec maintenant est membre à part entière de l’Association des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Donc il serait probablement opportun qu’il y ait une réunion [...].

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Philippe Couillard s'efforce de mobiliser les dirigeants d'autres provinces et d'États américains afin de créer un consensus autour du développement durable et de l'intégration régionale autour des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent.

Par communiqué, mercredi, le gouvernement Couillard a expliqué que « toute menace à la qualité de l'eau et à la viabilité des écosystèmes des Grands Lacs peut avoir un impact sur le fleuve Saint-Laurent et, par conséquent, sur la qualité de vie de la population québécoise ».

Un règlement qui ne satisfait pas les municipalités

Cependant, aux yeux de l'opposition à Québec et de groupes de défense de l'environnement, le gouvernement libéral du Québec ne se pose pas en défenseur de l'eau, qui « est à la base de la vie », rappelle Manon Massé de Québec solidaire.

« On a un gouvernement qui n'a pas su protéger adéquatement les sources d'eau potable dans nos municipalités », dit la députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, qui affirme que plus de 300 municipalités réclament d'être exemptées de l'application du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP), adopté en 2014 par le Québec.

Ces municipalités, affirme Mme Massé, souhaitent adopter un règlement qui protège plus et mieux l'eau potable.

Le Réseau vigilance hydrocarbures du Québec, qui regroupe 130 comités citoyens, dénonce aussi le RPEP, qui ne prévoit pas une distance suffisante entre les puits de forage et les réserves d'eau potable.

L'eau potable n'est pas inépuisable

Anne Céline Guyon, de la Fondation Coule pas chez nous, s'alarme pour sa part que l'eau soit plus que jamais « en danger » avec l'éventuel passage du pipeline Énergie Est. Ce projet de pipeline est aussi dénoncé par Alice-Anne Simard, directrice de l'organisme Eau Secours, qui pense par ailleurs que la population québécoise devrait cesser de tenir pour acquis qu'elle dispose d'une eau potable en grande quantité et de bonne qualité. « Beaucoup de menaces pèsent sur cette ressource-là, dit Mme Simard, et la plus grande menace vient sans contredit de l'industrie des hydrocarbures ».

Pétrolia prévoit faire de la fracturation hydraulique cet été à Anticosti alors qu'il est démontré que cette technique contamine la nappe phréatique. Et que fait le gouvernement? Rien.

Alice-Anne Simard, directrice de l'organisme Eau Secours

Pour Mme Simard, le gouvernement de Philippe Couillard continue de faire de « l'à-plat-ventrisme » devant l'industrie au lieu de jouer son rôle de protecteur de l'eau.

Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé

Devant certaines situations, affirme Mme Simard, la population éprouve un désespoir palpable. Elle cite en exemple le cas d'habitants de Gaspé « qui se battent depuis 2012 contre Pétrolia ».

Dans le cas de Gaspé, le groupe Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé a sondé ses membres sur la possibilité d'accomplir des actions de désobéissance civile en réaction à l'adoption, en décembre dernier, de la loi 106 concernant la mise en œuvre de la Politique énergétique 2030. Pareil exemple inspire Alice-Anne Simard : « Les citoyens devront prendre le relais et barrer la route aux compagnies pétrolières et gazières », dit-elle.

Pour une stratégie forte et conséquente

Présent à la conférence de presse de mercredi, le président du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec, Daniel Desgagné, presse quant à lui le gouvernement du Québec de se doter « d'une stratégie de l'eau forte et des ressources conséquentes, à long terme, pour répondre aux besoins pressants de toutes les régions du Québec ».

M. Desgagné affirme qu'il faut être particulièrement vigilant face à ce qui se passe dans le nord de la province, où il n'y a pas de gestion de l'eau par bassin versant. Or il y a dans le nord des centaines de projets d'exploitation, notamment minière, dit-il.

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