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Un orage d'hiver

Un orage d'hiver

Photo : Radio-Canada / Ève Christian

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Vous pensiez rêver ou faire un cauchemar mardi soir quand le tonnerre vous a réveillé? Vous avez vu en même temps des éclairs illuminer le ciel et de la neige semblable à de la grêle tomber? Vous n'avez pas eu la berlue : il arrive que des orages éclatent en plein hiver ou encore, plus fréquemment, tôt au printemps.

Un texte d'Ève Christian

Un orage de neige, « thundersnow » en anglais, est un orage dont les précipitations tombent principalement sous forme de neige.

À quoi ressemble un orage d'hiver?

On n'y voit à peu près que du blanc partout. Le vent s’élève, les averses de neige sont abondantes, mais de courte durée. Parfois, le ciel devient brillant : il se peut qu’on ne voie pas la trace des éclairs comme pendant l'été, mais simplement une lumière diffuse et subite. Puis, pendant quelques secondes, plus rien ne se passe et on entend ensuite le tonnerre gronder sourdement.

C'est un phénomène assez rare; ils se produisent plus fréquemment vers la fin de l'hiver et au début du printemps, car c’est le plus souvent à ce moment de l'année que se combinent les ingrédients pour former un tel orage.

Au Québec, entre décembre et avril, on peut compter une dizaine de jours avec orages; dont 2 en mars et 5 en avril.

D'après des études américaines, entre 6 et 12 orages d'hiver sont rapportés annuellement, surtout dans le nord-est des États-Unis.

Lorsqu’un tel orage sévit en hiver, c'est le présage d'une bonne chute de neige.

Formation des orages hivernaux

De la grêle au solAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

De la grêle après un orage d'hiver.

Photo : Radio-Canada / Ève Christian

L’orage d’hiver ne se distingue pas fondamentalement d'un orage d’été, sauf pour le type de précipitations et pour les nuages qui ont une moins grande extension verticale.

En été, le soleil réchauffe le sol et pousse vers le haut des masses d'air chaud et humide créant ainsi des colonnes d'air instable. Plus l'humidité monte, plus elle se condense dans l’air froid situé en altitude pour former des cumulonimbus, ces nuages verticalement très imposants au sein desquels se produit une forte turbulence.

Évidemment, en hiver, l’énergie dégagée par le réchauffement solaire est beaucoup moins importante qu’en été et la quantité d’air chaud disponible est moindre. Le potentiel d’instabilité est donc plus rare; les orages seront donc moins fréquents et violents.

Pour qu'un orage d'hiver se produise, en plus du fait que la couche d'air près du sol doit être plus chaude que celles en altitude, elle doit tout de même être assez froide pour engendrer de la neige – ce qui est plutôt rare.

La prévision des orages, en hiver

La prévision des orages hivernaux est difficile, car les indices d'instabilité sont beaucoup plus faibles qu'en période estivale. Deux situations mènent à la formation d'orages de neige.

D’abord, l’approche d’un vigoureux front froid, comme ç’a été le cas dans la région de Montréal. En cinq heures, le vent était passé du sud au nord-ouest, s’était intensifié avec de bonnes rafales et les températures avaient chuté de 14 degrés pour aboutir à -12 à l’aube.

Ce qui s'est passé, c'est que l’air froid, arrivé rapidement au-dessus d’une masse d’air plus chaud, a former des nuages convectifs. La turbulence produite au sein de ces nuages a entrainé le frottement des particules de glace et des gouttelettes d’eau qui a créé de l’électricité statique. Quand les charges positives et négatives se sont touchées, les éclairs ont jaillit et le tonnerre s'en est suivi!

Les effets de lac sont l'autre source de formation des orages de neige. À ce temps-ci de l’année, la température des plans d’eau, libres de glace, est plus élevée que la masse d’air froid qui arrive au-dessus. Cet air froid se réchauffe, amasse de l’humidité, grimpe en altitude et se condense directement au-dessus de l’eau en nuages. Ces derniers, en arrivant sur les rives, déversent de la neige, souvent en grandes quantités. Les taux de précipitation peuvent être surprenants : on peut observer une chute de neige de 5 cm ou même plus à l’heure.

Très souvent des bourrasques de neige accompagnent les orages hivernaux.

Un des aspects spécifiques des orages d’hiver est que les chutes de neige amortissent le bruit du tonnerre; on l’entend généralement de beaucoup moins loin, dans un rayon d'à peine 3 à 5 kilomètres de l'éclair. Statistiquement, le tonnerre grondera seulement lors de 7 tempêtes de neige sur 100. Quant à la foudre, elle est souvent de plus courte durée et beaucoup moins spectaculaire qu'en été.

Les orages créés par les fronts associés à une dépression (comme ce qui s'est passé à Montréal mardi soir) peuvent survenir à peu près partout; mais pour ce qui est des orages dus aux effets de lac, ils se produiront à des endroits où l’instabilité est plus propice, donc près des Grands Lacs.

Il y en a aussi le long des côtes, car l'humidité provenant des eaux chaudes peut facilement s'évaporer dans l'air plus froid et sec qui se trouve au-dessus. Donc, on en aperçoit à Halifax plusieurs fois par hiver, dans les îles britanniques, dans le nord-ouest de l'Europe et autour de la mer du Japon.

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