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Un an après les attentats, Bruxelles cherche encore des réponses

Les commémorations en images
Reuters

Un an après les attentats djihadistes du 22 mars 2016 qui ont fait 32 morts à Bruxelles, les autorités belges sont loin d'avoir fait toute la lumière sur les commanditaires, même si les auteurs sont morts ou en prison.

Les attaques contre l'aéroport de Zaventem et la station de métro de Maelbeek, revendiquées par le groupe armé État islamique (EI) comme celles qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015, ont été perpétrées par des cellules de jeunes musulmans locaux dont certains avaient combattu en Syrie.

Depuis, Bruxelles reste en état d'alerte élevé. Mais le pays a appris du drame, dit le premier ministre, Charles Michel, dans une entrevue accordée à Reuters.

La Belgique est beaucoup plus solide en termes de sécurité qu'il y a un an.

Charles Michel, premier ministre de la Belgique

Bruxelles se souvient

Bruxelles s'est recueillie en hommage aux victimes.

Une première cérémonie s'est déroulée à l'aéroport de Zaventem en présence du couple royal et de représentants du gouvernement et des secours. Une minute de silence a été observée à l'heure à laquelle Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui se sont fait exploser le 22 mars dans le hall des départs, faisant seize morts.

Un peu plus d'une heure plus tard, une nouvelle cérémonie a eu lieu à la station de métro de Maelbeek, l'autre cible des commandos djihadistes du 22 mars. Là encore le silence s'est fait à l'heure de l'attaque-suicide menée par Ibrahim El Bakraoui contre une rame du métro.

Au même moment, l'ensemble du réseau des transports publics bruxellois s'est arrêté.

À l'intérieur de la station, le roi Philippe a déposé une gerbe de fleurs auprès d'un mur commémoratif reproduisant les messages laissés par des passants dans les jours qui ont suivi l'attentat. Un coeur rouge surmonté des mots « Tous ensemble » ressort de cette fresque.

À Maelbeek comme à Zaventem, les noms des victimes ont été lus.

La suite de l'enquête

Les autorités belges ne savent toujours pas avec certitude qui, au sein de l'EI, a organisé et ordonné les attaques, et ce, même si 59 personnes sont en détention et 60 autres sont en liberté sous caution.

« Nous n'aurons de certitudes que lorsque la situation en Syrie et en Irak sera réglée », dit un haut responsable à propos de l'enquête.

Le chef du gouvernement abonde dans le même sens. « Même aujourd'hui, je ne peux pas dire qu'il y a un risque zéro », prévient-il, contre des individus « prêts à mourir et à détruire aveuglément autant de vies que possible ».

Il ne s'aventure pas à prédire quand la Belgique pourra abaisser le risque de menace terroriste – « deux mois, six mois, personne ne sait » – un fait valable, note-t-il, pour les autres pays dans la même situation, comme la France.

 

Surveillance accrue

Plus de 400 Belges ont rejoint les rangs d'organisations islamistes en Syrie et en Irak, ce qui fait de la Belgique, proportionnellement à sa population, l'un des plus importants pourvoyeurs de djihadistes dans ces pays, selon une étude du Centre international de lutte contre le terrorisme basé à La Haye.

La plus récente arrestation liée aux attentats a eu lieu en janvier, celle d'un homme soupçonné d'avoir fourni de faux papiers d'identité à Khalid El Bakraoui, le kamikaze de 27 ans qui a tué 16 personnes dans une rame de métro à la station Maelbeek.

Les services de sécurité belges ont toujours des difficultés à pénétrer dans certains quartiers, comme celui de Molenbeek où Salah Abdeslam, seul rescapé présumé du commando des attentats du 13 novembre 2015 en France, s'est caché pendant quatre mois, près du domicile familial, avant d'être appréhendé.

Son arrestation, le 18 mars 2016, a précipité la décision de ses complices de frapper Bruxelles quatre jours plus tard.

La surveillance des jeunes gens radicalisés s'est cependant fortement accrue au cours de la dernière année.

Seuls cinq Belges ont été repérés l'an dernier alors qu'ils tentaient de partir en Syrie, et un seul y est parvenu, ce qui dénote un fort contraste par rapport aux années précédentes.

Un haut responsable belge a cependant souligné les risques d'attaques « à domicile ». Selon les autorités, environ 160 ressortissants belges se trouvent toujours en Syrie, où ils auraient eu environ 80 enfants.

« Ces enfants sont le danger de demain, dit ce haut responsable. Ils ont vu des atrocités, on leur a lavé le cerveau. Certains ont déjà reçu une formation militaire. Il faudra vraiment travailler avec eux à leur retour. »

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