•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Plus de gens, mais pas plus de routes en banlieue de Victoria

Un bouchon de circulation

L'autoroute 1 entre Langford et Victoria est souvent le théâtre d'importants bouchons de circulation, une réalité qui pourrait empirer avec la croissance de la population des banlieues de la capitale.

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Ville de Langford, à l'ouest de Victoria, mise sur ses maisons abordables, ses services de loisir et ses commerces pour attirer les familles. Son succès se confirme grâce à une croissance de population de 20 % entre 2011 et 2016, mais beaucoup de résidents du secteur doivent toujours travailler dans la capitale et emprunter la seule route qui s'y rend, ce qui contribue au plus important bouchon de circulation dans l'île de Vancouver.

Un texte de Nahila Bendali

Michel Durand a élu domicile à Langford l’année dernière. Comme beaucoup de personnes, le Montréalais a été séduit par les logements abordables, les activités et les nombreux magasins à proximité. « Tout est à 1 kilomètre », raconte-t-il.

Contrairement à d’autres, le retraité n’a pas besoin de se déplacer à Victoria pour le travail. Il est conscient, toutefois, qu’un emploi dans son ancien domaine spécialisé en technologie de l’information ne serait sans doute pas disponible à Langford.

Une carte Google maps illustre en rouge le bouchon de circulation entre Langford et le centre-ville de Victoria tôt le matin. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cette carte démontre la circulation sur l'autoroute 1 entre Langford et le centre-ville de Victoria à 7h50.

Photo : Google

Michel Durand est également au fait des bouchons de circulation sur l’autoroute qui mène à la capitale. « Si j’avais à travailler à Victoria, franchement, j’essaierais de trouver un accommodement pour décaler mes heures de travail de une heure ou une heure et demie avec l’employeur, mais bon, ce n’est pas tout le monde qui peut faire ça », dit-il.

Environ la moitié des travailleurs qui résident à Langford et dans les communautés à l’ouest de Victoria travaillent dans la capitale, estime la conseillère municipale de Langford, Denise Blackwell. Chaque matin et chaque soir, ils sont pris dans le plus important bouchon de l’île de Vancouver, à l’intersection de l’autoroute 1 et de Admiral Roads/avenue McKenzie.

Un trajet d’une dizaine de minutes, entre Langford, Colwood et Victoria, peut prendre près de une heure, selon des résidents. Le phénomène est surnommé par les locaux le Colwood Crawl (« faufilement de Colwood »). Le problème est tel, selon Carole Derby, une résidente de la région depuis cinq ans, qu’elle évite de se rendre à Victoria. « Pour prendre la route, il faut faire la queue tout le temps, pour entrer sur l’autoroute, pour en sortir… », constate la résidente. Elle a également vu la situation empirer au fil des années, plus de familles décidant de s’établir dans ces banlieues.

Résidente de Langford, Carole Derby, ne se rend plus à Victoria à cause des bouchons de circulation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La résidente de Langford, Carole Derby, ne se rend plus à Victoria a cause des bouchons de circulation.

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

Miser sur les infrastructures routières

La province mise sur un nouvel échangeur à l’intersection problématique pour désengorger la route et réduire les bouchons. La construction est bien entamée et doit être terminée en 2018. La nouvelle configuration doit réduire la circulation de 15 à 20 minutes, affirme le directeur général des opérations au ministère de l'Infrastructure, Norm Parkes.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique veut aussi mettre de l’avant des voies réservées pour les autobus, afin d’inciter les gens à utiliser le transport en commun. « Nous voulons donner un avantage aux autobus dans la circulation », précise Norm Parkes.

Ce dernier explique que l’ajout d’infrastructures routières dans l’île est limité par la géographie. La province doit miser sur le réseau routier déjà existant et ne peut facilement ajouter de nouvelles voies.

Autre solution possible pour désengorger la route : un train de banlieue entre Langford et Victoria-Ouest. Le chemin de fer E&N pourrait accueillir ce train, et une étude de faisabilité est en cours.

Une fausse solution?

La possibilité de train a été évoquée à tellement de reprises dans les dernières années que le professeur Chris Ling, directeur du département d’environnement et de développement durable à l’Université Royal Roads, a peu d’espoir de la voir se matérialiser.

Il est également critique face à la stratégie de la province de miser sur les infrastructures routières. L’échangeur va améliorer les choses à court terme, mais il risque d’y avoir davantage de gens sur la route au fil du temps et il serait ainsi possible qu'on en revienne au problème d’origine, croit-il.

Le professeur de l'Université Royal Roads, dans l'île de Vancouver, ne croit pas qu'un échangeur va régler les problèmes de circulation à long terme. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le professeur de l'Université Royal Roads, sur l'île de Vancouver, ne croit pas qu'un échangeur va régler les problèmes de circulation à long terme.

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

« La solution, c’est d’avoir moins de gens qui ont besoin de se déplacer entre les communautés de l’Ouest et Victoria », insiste le professeur. Il constate que les possibilités de travail n’évoluent pas au même rythme que la croissance de la population à Langford et dans les environs.

La municipalité de Langford affirme qu’elle travaille à attirer des employeurs. La conseillère municipale Denise Blackwell évite de qualifier Langford de ville-dortoir. Elle souligne que le conseil municipal met en place des incitatifs pour attirer des bureaux gouvernementaux.

D’ici là, le professeur Ling pense que ces banlieues vont continuer d’attirer de nouveaux résidents et, donc, d'accroître la circulation de personnes qui doivent se déplacer pour aller travailler.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !