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Voici ce que pourrait contenir le budget fédéral présenté cet après-midi

Notre émission spéciale sur le budget fédéral

Radio-Canada

EN DIRECT - Le deuxième budget du ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, qui sera dévoilé dans les prochaines minutes, devrait se décliner autour de trois grands axes : les infrastructures, la formation de la main-d'oeuvre et l'innovation.

Un texte de Marie-Claude Frenette

Le dépôt devait se faire autour de 16 h, mais l'opposition a déposé une motion pour protester contre le fait que les députés libéraux ont reçu le document du budget avant l'ensemble des parlementaires et avant que le ministre Morneau se soit levé en Chambre.

Le ministre Morneau a signalé qu'il amorçait la deuxième phase de son plan pour stimuler l'économie. Si, dans son premier budget, l'objectif principal était d'aider la classe moyenne à court et à moyen terme, il affirme maintenant vouloir investir pour assurer l'avenir des Canadiens à long terme. Voici comment il pourrait s'y prendre.

Investir dans les infrastructures

En novembre dernier, Ottawa a annoncé 81 milliards de dollars en infrastructures sur 11 ans, soit un ajout par rapport aux 11,9 milliards sur environ 5 ans annoncés dans le budget 2016.

Selon nos sources, une partie de ces fonds ira au logement social ainsi qu'aux garderies. Ottawa devrait d'ailleurs annoncer la mise sur pied d'une politique nationale pour les services à la petite enfance.

De plus, le gouvernement devrait profiter du budget pour préciser le fonctionnement de la Banque de l'infrastructure du Canada, dont la création a été annoncée en novembre dernier. Montréal et Toronto espèrent toutes deux accueillir cette nouvelle entité.

Stimuler l'innovation

Soutenir l’innovation était l’un des engagements des libéraux en campagne électorale. Dans son deuxième budget, le ministre Morneau devrait confirmer de nouveaux investissements en innovation, mais aussi une réorganisation des programmes existants pour cibler certains secteurs à fort potentiel.

M. Morneau pourrait avoir intégré dans son budget l'une des mesures suggérées à Ottawa par le Conseil consultatif en matière de croissance économique dans sa deuxième série de recommandations remise en février dernier, soit la création d’un fonds de croissance pour financer les entreprises d’innovation en croissance.

Il reste à vérifier si le ministère des Finances pourra définir concrètement ce qu’est une « économie innovante », et quels en sont les impacts positifs pour les Canadiens.

Former les travailleurs

Devant la transformation rapide du marché du travail, le budget Morneau pourrait contenir de nouvelles mesures pour aider les jeunes à intégrer le marché du travail, mais aussi pour soutenir les chômeurs et aider les professionnels qui souhaitent continuer à étudier tout en travaillant.

Aussi : les transferts en santé

Le gouvernement s’est finalement entendu de peine et de misère avec tous les territoires et toutes les provinces, sauf le Manitoba, sur les transferts en santé. Le budget devrait détailler les montants que recevront les provinces.

Ottawa voulait réduire la hausse des transferts fédéraux de 6 % à 3,5 % par année à compter de 2017 et offrait 11,5 milliards de dollars sur 10 ans destinés aux soins à domicile et à la santé mentale.

 

Et l'équilibre budgétaire

Dès son premier budget, le gouvernement Trudeau se positionnait à l’opposé de la stratégie budgétaire des conservateurs en annonçant des déficits pour les prochaines années afin de stimuler l’économie.

Selon sa mise à jour économique de l’automne dernier, le ministre des Finances a prévu un déficit de 27,8 milliards de dollars pour l’exercice financier 2017-2018 et des déficits consécutifs jusqu’à l’exercice 2020-2021, où la marque dans le rouge s’établirait à 16,8 milliards de dollars.

Avec le budget 2016, c’était la première fois en 20 ans qu’un gouvernement du Canada ne fixait pas de cible de retour à l’équilibre budgétaire.

Par ailleurs, le directeur parlementaire du budget a déclaré que 3 milliards de dollars de dépenses approuvées par Ottawa ont été bloqués pour l’exercice financier actuel, notamment en infrastructures, ce qui pourrait réduire le déficit que le gouvernement fédéral avait estimé pour 2016-2017.

Plus d'argent pour les militaires?

À la période de questions hier, le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a rappelé que son gouvernement avait procédé à une révision de sa politique militaire et a laissé entendre que le Canada augmenterait les dépenses militaires comme il s’était engagé à le faire.

Les 28 membres de l’OTAN, dont le Canada, se sont entendus en 2014 pour accorder 2 % de leurs dépenses à la défense.

Donald Trump a récemment reproché aux membres de ne pas avoir atteint cette cible. Le Canada consacre présentement 0,99 % de son PIB à la défense.

Soutenir les coûts de la retraite

Certains fiscalistes risquent de surveiller comment le gouvernement fédéral compte faire face aux coûts grandissants de la retraite et à leurs répercussions sur le contenu des coffres de l’État.

Le Conseil consultatif en matière de croissance économique a recommandé au gouvernement fédéral que l'âge d'admissibilité à la Sécurité de vieillesse, au Régime de pensions du Canada et au Supplément de revenu garanti retourne de 65 à 67 ans.

Ottawa a rejeté cette recommandation le 7 février dernier, mais « l'idée d'inciter les travailleurs plus âgés à rester un peu plus longtemps sur le marché du travail pourrait revenir à l'ordre du jour », selon un rapport Morneau Shepell.

Une promesse électorale des libéraux était de mettre en place une nouvelle indexation appelée « l’indice des prix à la consommation pour aînés », pour que les prestations de la Sécurité de vieillesse et du Supplément de revenu garanti suivent la « hausse réelle » des coûts que subissent les aînés. Pourrait-on voir une telle mesure dans le budget 2017? À suivre.

Avec les informations d'Emmanuelle Latraverse

Économie