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Cartographier les Rocheuses en 3D pour mieux prévoir les catastrophes naturelles

Vue des montagnes Rocheuses depuis la crête de Fortress à Kananaskis.

Du haut des montagnes Rocheuses, des chercheurs espèrent concevoir un meilleur système national de prévision de catastrophes naturelles.

Photo : Radio-Canada / Sam Martin

Radio-Canada

À plus de 2000 mètres d'altitude, au sommet de la crête Fortress, à Kananaskis, en Alberta, un groupe de chercheurs lance un drone dans les airs. L'appareil prend des centaines d'images de ce paysage à couper le souffle. C'est une des premières étapes pour cartographier les montagnes Rocheuses, ce cœur de l'hydrologie des Prairies canadiennes.

Un texte de Tiphanie Roquette (Nouvelle fenêtre)

Les photographies sont prises à différentes périodes de l’année. Une fois compilées par ordinateur, elles créent un modèle en trois dimensions de la crête avec un degré de précision jamais atteint.

Modélisation 3D de la crête Fortress à Kananaskis

Selon le directeur du centre d’hydrologie de l’Université de la Saskatchewan, John Pomeroy, qui mène la recherche, la modélisation est révolutionnaire. Elle permet de simuler la façon dont la neige s’accumule et fond en fonction de différents scénarios météorologiques de manière beaucoup plus précise qu'avec les quelques stations météo du gouvernement. L’information est cruciale pour une région qui a connu les pires inondations de son histoire en raison d’intenses précipitations combinées à la fonte des neiges.

« Cela va augmenter l’exactitude de nos modèles de prévision des inondations », explique M. Pomeroy. Il ajoute que cela permettra de mieux prévenir les populations de l’arrivée d’événements naturels extrêmes.

Système national de prévision

Surtout que, selon John Pomeroy, les changements climatiques accentuent l’intensité des phénomènes météorologiques. Les périodes de sécheresse sont ainsi plus longues et les périodes de précipitations créent des inondations plus importantes - des phénomènes mal anticipés par les systèmes de prévision actuels. Parler des pires inondations depuis 100 ans ne signifie plus rien, selon le chercheur.

« Ces phénomènes n’apparaissent pas dans nos modèles statistiques et pourtant, tout notre système de gestion de l’eau a été conçu sur ces modèles passés d’hydrologie », affirme M. Pomeroy.

John Pomeroy tient dans ses mains un drone de mousse de polystyrène. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'hydrologue John Pomeroy utilise un drone pour cartographier avec précision les montagnes Rocheuses.

Photo : Radio-Canada / Sam Martin

La cartographie fait partie d’un colossal programme pancanadien d’études qui a reçu le plus gros financement de recherche universitaire sur l’eau au monde. John Pomeroy a pour ambition d’étendre sa modélisation en 3D bien au-delà des montagnes Rocheuses pour inclure les ruisseaux, les rivières et même les ruissellements d’eau des terres agricoles.

Il espère que ces recherches guideront les gouvernements sur la meilleure manière de construire des infrastructures et d'aménager le territoire en fonction des catastrophes naturelles. « Nous pourrons calculer la probabilité de tels événements des décennies en avance, [...] ce qui nous permet de décider où nous installons nos communautés en fonction des plaines inondables », explique M. Pomeroy. « Cela nous permettra d’économiser beaucoup d’argent. »

À la fin du financement des recherches, dans sept ans, il espère que le Canada saura mieux gérer son eau.

D'après les entrevues de Briar Stewart.

Environnement