•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le projet de loi contre la maltraitance des aînés divise à Québec

Les mains d'un homme âgé assis sur son lit.

La maltraitance chez les aînés, un problème bien réel

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le projet de loi 115, qui vise à lutter contre la maltraitance envers les aînés, divise l'ancienne ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, et celle qui lui a succédé chez les libéraux, Francine Charbonneau. Au cœur du débat : l'absence d'obligation de dénonciation des cas de maltraitance.

Dans une lettre ouverte qu’elle a signée avec le député François Paradis, de la Coalition avenir Québec, Marguerite Blais soutient que le projet de loi ne va pas assez loin.

En entrevue à Radio-Canada, celle qui a été ministre responsable des Aînés de 2007 à 2012 affirme que des provinces comme l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et l’Alberta ont des obligations de signalements stricts.

« Même si le professionnel est protégé, comme le prévoit le projet de loi, il me semble que les gens vont avoir peur de signaler », note Mme Blais.

Marguerite Blais relève le fait que le Québec s’est doté d’une loi contre la maltraitance animale, « qui prévoit des amendes sévères », alors que la loi contre la maltraitance des aînés ne prévoit aucune amende et aucun signalement obligatoire.

Le projet de loi gouvernemental est un pas dans la bonne direction. Mais une loi est faite pour être débattue en commission parlementaire.

Une citation de : Marguerite Blais, ex-ministre responsable des Aînés

Marguerite Blais affirme que sa lettre ouverte n’est pas partisane. C’est important que des gens se lèvent à l’Assemblée nationale pour défendre les gens les plus démunis de notre société, commente-t-elle.

L'ancienne ministre responsable des Aînés du gouvernement du Québec, Marguerite Blais

Patrice Roy s’entretient avec l'ex-ministre Marguerite Blais

Photo : Radio-Canada

Renforcer les mécanismes actuels

L’actuelle ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, estime que son ancienne collègue fait fausse route en voulant inclure une obligation de dénonciation dans le projet de loi 115.

Ce principe de dénonciation fait en sorte qu’on enlève [le droit à] l’autodétermination des aînés.

Une citation de : Francine Charbonneau, ministre responsable des Aînés du gouvernement du Québec
La ministre libérale Francine Charbonneau

Entrevue avec la ministre Francine Charbonneau

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Marie Beaulieu, qui est titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes âgées à l’Université de Sherbrooke, appuie la ministre.

« Ça ne m’apparaît pas la meilleure solution. En 2013, on nous a demandé de faire l’inventaire des mécanismes qui permettent de prendre en compte la maltraitance faite aux aînés et nous en avons recensé 25. Je préfère renforcer ces mécanismes, par exemple en donnant plus de pouvoirs aux commissaires aux plaintes. »

La spécialiste soutient que derrière l’idée de signalement obligatoire, « il y a une présomption que les gens ne peuvent plus décider par eux-mêmes ».

« Comme si, à 65 ans, tout le monde était d’emblée dans une situation de vulnérabilité. Une situation qui est loin de la réalité », précise-t-elle.

Le projet de loi 115, qui fait l’objet d’une étude détaillée en commission parlementaire, pourrait être adopté d’ici la fin de la session parlementaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !