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L’Émilien D. : le premier chalutier-usine gaspésien construit au Canada

L'Émilien D, premier crevettier-usine construit au Canada.

L'Émilien D., premier crevettier-usine construit au Canada.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Radio-Canada

La famille Dupuis de Rivière-au-Renard a vécu un moment émouvant vendredi, alors que Lise Ouellet a baptisé le chalutier ou crevettier-usine que ses deux fils, Dan et Francis, ont fait construire à Matane.

Un texte de Brigitte Dubé

Les frères Dan et Francis Dupuis, copropriétaires du bateau en compagnie de leur mère.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les frères Dan et Francis Dupuis, copropriétaires du bateau en compagnie de leur mère.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Appelé Émilien D. pour rendre hommage au grand-père, un capitaine-propriétaire qui a transmis sa passion pour la pêche à ses fils et petits-fils, le bateau est un petit bijou d’innovation aux yeux du chantier Méridien Maritime Réparation.

 

Il est doté d’équipements qui lui permettront de capturer, de trier, de cuire, de congeler et d’emballer la crevette dans des boîtes de 5 kilos prêtes pour l’expédition. La crevette sera prête à la consommation en moins d’une heure, selon les propriétaires Dan et Francis Dupuis de Gestion Ra-Dup et Gestion Danfran.

La partie usine du bateau. Ici: un équipement qui fait le tri des crevettes par grosseur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La partie usine du bateau. Ici: un équipement qui fait le tri des crevettes par grosseur.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Les deux frères se sont rendus au Danemark et en Norvège pour étudier l’expertise développée là-bas dans le domaine des bateaux-usines afin de l’adapter ici.

On est vraiment fiers! C’est l’aboutissement d’un travail qui a duré sept ans pour convaincre les paliers de gouvernement, trouver du financement et en arriver à ce produit-là.

Dan et Francis Dupuis, capitaines-propriétaires
Le crevettier-usine Émilien D mesure 27,4 mètres (90 pieds). Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le crevettier-usine Émilien D. mesure 27,4 mètres (90 pieds).

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

L’entreprise prévoit produire 1,7 million de livres de crevettes cette année. « Avec deux chaluts en même temps, on peut doubler les quantités », précise Dan Dupuis.

Les frères Dupuis visent d’abord le marché européen. Ils ne s’inquiètent pas outre mesure de la diminution des quotas de crevettes annoncée cette année.

« Ils ont été élevés il y a quelques années et on s’attendait à ce que ça descende. Ce sont des cycles et c’est normal », estiment-ils.

Les frères Dupuis restent discrets sur le montant investi.

L’Émilien D. sera mis à l’eau à la mi-avril. Le navire de 27 mètres de long (90 pieds), pourrait compter jusqu'à 10 membres d'équipage et ses sorties en mer pourront s'étirer jusqu'à 15 jours.

Fondée en 2015, l'entreprise Gestion Danfran a reçu une aide financière de 550 000 dollars de Développement économique Canada, sous forme de contribution remboursable. Pour sa part, Investissement Québec a accordé des prêts totalisant 2,1 millions de dollars.

Un grand pas pour Méridien Maritime

L’entreprise fondée par Angello Marcotte compte bien publiciser l’expertise acquise ailleurs au Canada, aux États-Unis et dans le monde.

« C’est un produit de haute technologie, fait valoir Simon Girouard, directeur des opérations chez Méridien Maritime Réparation. Il n’y a aucun autre bateau de ce genre au Québec et même au Canada. »

M. Girouard mentionne que quelques bateaux-usines sont utilisés dans les maritimes, mais qu’ils ont été construits en Europe.

La timonerie du Émilien D.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La timonerie du Émilien D.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

L'impressionnante hélice du bateau-usine Émilien D..Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'impressionnante hélice du bateau-usine Émilien D..

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Il souligne les efforts que les Dupuis ont consentis. « Le produit est le résultat de l’expertise des pêcheurs qui ont voulu sortir des sentiers battus, de celle des Européens, qu’on a poussée plus loin, et de la nôtre ici, au chantier.

L’usine comme telle vient du Danemark, mais notre défi était de l’intégrer à travers tous les autres systèmes du navire. »

On a défoncé des barrières et aujourd’hui ça voit le jour. C’est certain qu’on veut en construire d’autres. Les frères Dupuis ouvrent le sentier pour d’autres. Et nous, ça nous ouvre des portes. On souhaite en commencer un autre le plus tôt possible.

Simon Girouard, directeur des opérations chez Méridien Maritime Réparation
La fierté se lisait sur les visages des travailleurs du chantier Méridien Maritime.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La fierté se lisait sur les visages des travailleurs du chantier Méridien Maritime.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Méridien Maritime emploie 80 à 90 personnes à temps plein.

Un chiffre pouvant atteindre 120 à 150 en période hivernale.

« Avec la construction, en plus de la réparation à flot dans divers ports de l’est du Canada, on a pu consolider les emplois », explique M. Girouard.

On est très fiers de la qualité de main-d’œuvre qu’on obtient ici. Une volonté de travailler comme on la voit ici est remarquable.

Simon Girouard, directeur des opérations chez Méridien Maritime Réparation
Une partie des ouvriers du chantier Méridien Maritime qui ont participé à la construction du crevettier-usine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une partie des ouvriers du chantier Méridien Maritime qui ont participé à la construction du crevettier-usine.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Pour sa part, le propriétaire de Méridien Maritime, Angello Marcotte, confirme l’obtention d’un contrat pour la construction d’un navire de recherche scientifique pour le compte du Virginia Institute of Marine Science en Virginie.

Simon Girouard, directeur des opérations chez Méridien Maritime  et le propriétaire de l'entreprise, Angello Marcotte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Simon Girouard, directeur des opérations chez Méridien Maritime et le propriétaire de l'entreprise, Angello Marcotte.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

« Il y a encore des détails à régler pour une annonce officielle, mais la construction devrait débuter en mai, prévoit-il. C’est grâce à l’expertise qu’on a développée avec la construction des trois navires de recherche pour la Garde côtière canadienne. C’est ce qui a intéressé le client. »

La salle des machines du Émilien D..Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La salle des machines du Émilien D..

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Angello Marcotte partage son temps entre Matane et Portneuf, où il a développé des services complémentaires, comme la fabrication des pièces pour les navires bâtis à Matane. Il offre aussi la maintenance industrielle et d’autres services.

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