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Francophones en milieu minoritaire : quelle école choisir pour son enfant?

Photo: Getty Images / Andreas Rentz
Radio-Canada

Avec l'essor et la popularité des écoles d'immersion dans l'Ouest, plusieurs options s'offrent aux parents francophones, anglophones et allophones qui doivent prendre une décision importante sur la langue d'instruction de leur enfant.

Une table ronde au sujet des enjeux de la scolarisation en langue française en milieu minoritaire a été diffusée lundi soir sur ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE et sur Radio-Canada.ca. Les facteurs que ces francophones doivent considérer comme la qualité du français enseigné, la transmission de la culture, les valeurs de l’école et les racines familiales ont notamment été abordés.

Pour voir ou revoir l'émission diffusée en direct sur Facebook :

 

Directeur général adjoint de la Division scolaire franco-manitobaine, le Québécois Marco Ratté a déjà travaillé 15 ans dans des écoles d’immersion au Manitoba. « Ce que j’ai remarqué, c’est que les élèves de l’immersion apprennent le français, tandis que les élèves dans les écoles françaises apprennent en français », explique-t-il.

« [Envoyer] nos enfants à l’école francophone, c’est le meilleur choix, c’est ce que les recherches démontrent, pour non seulement pouvoir vivre en français, apprendre la langue, mais aussi protéger notre héritage, transmettre notre langue et notre culture à nos enfants », enchaîne Marie-Andrée Asselin, directrice générale de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique.

Selon la présidente de l'Association des professionnels de l'immersion, Lesley Doell, les mandats des deux systèmes d'éducation d'expression française sont fondamentalement différents. Elle estime que l'école d'immersion ne vise pas du tout la transmission, mais plutôt l'appréciation des valeurs culturelles francophones.

Le but des écoles françaises n’est pas de former des francophones, c’est vraiment de faire des bilingues, des Canadiens qui sont capables de parler et d’apprécier la culture française.

Lesley Doell, Association des professionnels de l'immersion

La question délicate de la qualité de langue

« Ce n'est pas que je veuille minimiser les écoles d’immersion, mais, souvent, les enseignants qui enseignent dans nos écoles françaises sont aussi des francophones. La plus grande chose qui m’a surpris quand je suis arrivé dans le système francophone, c’était la qualité de la langue des élèves », avoue M. Ratté.

Les petites erreurs, tu ne les vois pas souvent dans une école française. Par contre, tu vas les voir souvent dans une école d’immersion.

Marco Ratté, directeur général adjoint, Division scolaire franco-manitobaine

« Dernièrement, on a vu qu'une des grosses difficultés, c’est que l’immersion est tellement populaire et que le système grandit tellement vite qu’on n’est pas capable de trouver assez de professeurs pour y enseigner », explique Simon Laplante, ancien directeur général adjoint de la Commission scolaire Rivière-Seine ainsi qu’ancien directeur de l’École d’immersion Saint-Norbert.

Il ajoute que des enseignants ayant une maîtrise approximative de la langue doivent souvent boucher les trous dans les régions éloignées. « Mais c’est un problème relativement récent, précise-t-il. Et il ne faut pas oublier que les écoles d’immersion et leurs élèves contribuent de façon importante à la vie économique de la communauté francophone. »

D’autres facteurs en jeu

Des facteurs pratiques arrivent à plier la volonté de certains parents francophones, dont Blandine Tona, qui envisage de retirer ses deux enfants d’une école française se trouvant trop loin de chez elle, au profit d'une école d’immersion située au bout de sa rue.

C’est difficile, quand les enfants ont 5 et 7 ans, de leur demander de faire jusqu’à 75 minutes de route par jour. Tu dois évaluer jusqu’à quel point c’est important.

Blandine Tona, parent francophone

D’autres éléments, dont l’offre de programmes sportifs et d’autres programmations à plus-value, les activités parascolaires ainsi que les services de gardiennage peuvent aussi jouer un rôle dans la décision des parents.

Néanmoins, selon le Manitobain Derek Bentley, issu d’une famille anglophone qui a connu les systèmes d’immersion et francophone, le facteur le plus important dans la réussite scolaire est la motivation des élèves. « Ça dépend de leurs passions. La motivation des élèves, c’est vraiment la clé », conclut-il.

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