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Des trésors archéologiques inestimables à Granby

L'un des quatre chérubins à l'hôtel de ville de Granby
L'un des quatre chérubins à l'hôtel de ville de Granby Photo: Radio-Canada / ICI Estrie
Radio-Canada

La ville de Granby est bien connue pour son zoo, qui attire des milliers de touristes chaque année, mais elle recèle aussi d'autres attraits moins connus qui seront bientôt accessibles à tous : des trésors archéologiques italiens inestimables.

Après les avoir longtemps laissées pour compte, voire ignorées, la Ville a entrepris de redonner à ces oeuvres patrimoniales et artistiques tout le lustre qu'elles méritent. C'est le cas de quatre chérubins qui se sont fondus pendant de nombreuses années dans le paysage du zoo.

Horace Boivin, qui a été maire de 1939 à 1964, était un passionné de l'Europe, plus particulièrement de l'Italie. Il a rapporté, de ses nombreux voyages, des oeuvres d'art dont la valeur s'avère plus importante qu'imaginée à l'époque.

À son arrivée à l'hôtel de ville de Granby comme maire, Pascal Bonin s'est donné comme mission de leur redonner de la visibilité.

Horace Boivin a été maire de la ville de Granby de 1939 à 1964Une statut d'Horace Boivin, maire de la ville de Granby de 1939 à 1964 Photo : Radio-Canada / ICI Estrie/Martin Bilodeau

Ces quatre chérubins, recouverts de vert-de-gris et de saletés pendant de nombreuses années, se fondaient dans le paysage du Zoo de Granby. Nombreux sont ceux qui ignoraient la valeur de ces statuettes, rapportées d'Italie par le maire Horace Boivin en 1955.

Selon la directrice générale de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, Johanne Rochon, ces chérubins « représentent l'époque de monsieur Boivin, qui a été un personnage marquant de son histoire ».

Ces statuettes font référence aux quatre saisons de l'année, mais la Société d'histoire de la Haute-Yamaska en sait encore très peu de leur histoire.

« Tout ce qu'on a trouvé, ce sont des articles de journaux, lors de leur arrivée, lors de leur installation au Zoo de Granby et lors de l'acquisition de nouvelles oeuvres romaines », ajoute-t-elle.

Une seconde vie

Les quatre chérubins ont été restaurés et seront bientôt installés en permanence à l'église Notre-Dame. D'autres oeuvres d'art dénichées par le maire Horace Boivin à l'époque seront, elles aussi, exposées aux quatre coins de Granby.

« Je trouve que c'est une initiation extraordinaire à donner à une population, plutôt que de prendre ces oeuvres d'art là et de les placer pour une élite ou des gens particuliers, là c'est un autre aspect beaucoup plus à grande échelle. »

Un sarcophage romain créé au deuxième siècle comme, par exemple, est arrivé à Granby en 1953 et est visible en permanence dans le hall de la bibliothèque municipale.

Un sarcophage romain créé au deuxième siècle, par exemple, est arrivé à Granby en 1953 et sera visible en permanence dans le hall de la bibliothèque municipale.Un sarcophage romain, créé au deuxième siècle comme tombeau, par exemple, est arrivé à Granby en 1953 et sera visible en permanence dans le hall de la bibliothèque municipale. Photo : Radio-Canada / ICI Estrie/Martin Bilodeau

« Probablement qu'aujourd'hui, il ne pourrait même pas sortir d'Italie. C'est une oeuvre d'une grande valeur archéologique, historique et artistique, patrimoniale aussi » explique Cécilia Capocchi, directrice adjointe à la Société d'histoire de la Haute-Yamaska.

Selon les informations que possède la Société d'histoire, ce sarcophage romain aurait servi de tombeau à deux reprises. Au quatrième siècle, une famille italienne l'utilise à son tour. Des détails manquent à l'histoire, mais selon ce que la Société d'histoire en sait, après avoir voyagé dans une bonne partie de l'Italie, le sarcophage s'est retrouvé à Rome au vingtième siècle et c'est à ce moment qu'Horace Boivin en a fait l'acquisition.

Richard Racine, un archiviste maintenant retraité de la Société d'histoire de la Haute-Yamaska, a bien connu Horace Boivin du temps où il était maire. Il a souvent constaté que les oeuvres d'art étaient laissées dehors, même lors d'intempéries.

« On était très inquiets pour l'avenir de ces oeuvres-là, parce qu'elles étaient dans un garage, dans des entrepôts ou même laissées à l'extérieur l'hiver. La plupart qui étaient en public demeuraient à l'extérieur l'hiver, et au mieux on les recouvrait d'une bâche en plastique ».

Accessibles au public

En plus des chérubins et du sarcophage romain, Granby possède plusieurs trésors, dont un masque grec et une fontaine Wallace. La mission que se donne la Ville : les rendre visibles au public. « C'est évident que ces oeuvres ont attiré des gens qui n'auraient pas accès à ces oeuvres-là nulle part au Québec, alors c'est bien de les avoir ici », admet Johanne Rochon.

Pour l'archiviste de carrière Richard Racine, « ces oeuvres d'art peuvent devenir un élément très attractif pour les visiteurs ici, à Granby. »

Le maire Pascale Bonin ajoute que « ça permet à toute une population, je pense, d'avoir l'esprit ouvert, d'apprécier ces choses-là. Est-ce qu'on a les moyens? Je vous répondrais par la question inverse. Est-ce qu'une ville a les moyens de ne pas montrer ses richesses? Je pense que c'est là la question. »

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