•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

S'inspirer du modèle de l’Institut national d’optique

Le reportage de Jean-Michel Leprince

Installé au coeur du Parc technologique de Québec, l'Institut national d'optique (INO) se décrit comme le « chef de file en développement de solutions optiques et photoniques à vocation industrielle au Canada ». Le Parc technologique à lui seul concentre 65 % de la spécialité du Canada.

Un texte de Jean-Michel Leprince

Ce joyau méconnu de la haute technologie est né grâce aux passionnés d’optique et de photonique de l’Université Laval et à son recteur Jean-Guy Paquet. Ils ont réussi à convaincre les trois niveaux de gouvernement qui ont posé la première pierre de l’INO, en 1986.

Le premier ministre du Québec Robert Bourassa et le recteur de l'Université Laval Jean-Guy PaquetLe premier ministre du Québec Robert Bourassa et le recteur de l'Université Laval Jean-Guy Paquet Photo : Radio-Canada

L’INO, c’est 29 ans d’innovation de rupture qui se traduisent à travers des brevets qui nous permettent de les transférer aux entreprises pour qu’elles puissent se positionner de façon concurrentielle.

Jean-Yves Roy, PDG de l'Institut national d'optique

L’innovation de rupture, c’est une technologie qui va changer radicalement la donne sur le marché. Les 200 chercheurs de l’INO ont mis au point des technologies qui ont permis, en 29 ans, de déposer plus de 300 brevets.

En 2013, l’astronaute Chris Hadfield a testé dans l’espace une machine conçue par l’INO qui permet de réaliser une analyse de sang complète en 10 minutes.En 2013, l’astronaute Chris Hadfield a testé dans l’espace une machine conçue par l’INO qui permet de réaliser une analyse de sang complète en 10 minutes. Photo : Agence spatiale canadienne

Le Canada a trop peu d’organisations comme l’INO, une source rayonnante de fierté à travers le pays et le monde entier.

Chris Hadfield, astronaute canadien

L’INO a donné naissance au Parc technologique qui regroupe maintenant une centaine d’entreprises, dont certaines sont issues des recherches de l’Institut. Car l’INO a essaimé 31 entreprises en 29 ans. Toutes sont des réussites à des échelles diverses.

  • Optel Vision : Systèmes optiques pour lignes de fabrication et emballages de compagnies pharmaceutiques; 400 employés à Québec et des usines en Inde, au Brésil et en Irlande.
  • RaySecur : Détection infrarouge en matière de sécurité, courrier, aéroports, etc.
  • FlyScan : La dernière-née a mis au point une technologie capable de détecter à distance, à partir d’un hélicoptère ou d'un drone, des microfissures à l’intérieur même des gazoducs ou oléoducs.

L’INO a créé un programme d'« entrepreneur en résidence » qui offre, pendant 6 à 18 mois, un soutien de toutes sortes en vue de la création d’une entreprise avec un plan d’affaires solide qui utilisera une technologie de l’INO.

Une machine mise au point par l'Institut national d'optique.Une machine mise au point par l'Institut national d'optique. Photo : Radio-Canada

L’INO propose aussi des solutions technologiques à des industries pour améliorer leur productivité ou leur compétitivité, par exemple des lasers pour trier des pièces de bois et en vérifier la qualité ou pour détecter des défauts dans des pièces destinées aux véhicules.

L'Institut national d'optique en bref

Selon une étude de la firme Deloitte, en décembre 2014, les activités de l'INO représentaient :

  • 344 M$ de retombées économiques au Canada;
  • 4013 emplois à temps plein créés ou consolidés au Canada;
  • 62 % de ces retombées économiques avaient eu lieu au Québec.

Vision pancanadienne

Si on en croit les propos du ministre canadien des Finances, Bill Morneau, son prochain budget devrait mettre l’accent sur l’innovation et la haute technologie. Il refléterait ainsi plusieurs recommandations du deuxième rapport de son Conseil consultatif en matière de croissance économique, dirigé par Dominic Barton, de la firme McKinsey.

« Le Canada a besoin de renforcer considérablement sa capacité d’innovation, notamment en fournissant un soutien accru pour la commercialisation de nouvelles idées et en facilitant le développement nécessaire afin d’exploiter pleinement ces idées », mentionne le rapport.

Cela est exactement le modèle que l’INO voudrait propager. Car l’optique et la photonique sont des composantes indispensables dans tous les domaines de haute technologie. De l’agroalimentaire au transport en passant par l’aéronautique, le domaine médical, l’environnement, etc. Selon son PDG, il faut créer des « grappes high-tech » semblables à celles de l’INO à travers le Canada.

« Ça fait 29 ans qu'on a une recette qui fonctionne », souligne Jean-Yves Roy, qui ajoute vouloir aider le gouvernement canadien à reproduire ce modèle ailleurs au pays.

Techno