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Lac-Mégantic : les familles des victimes de nouveau sollicitées par des avocats texans

70 % des terrains disponibles pour le nouveau-centre-vile de Lac-Mégantic sont réservés.

70 % des terrains disponibles pour le nouveau-centre-vile de Lac-Mégantic sont réservés.

Photo : Radio-Canada / Daniel Mailloux

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Déjà victimes d'un stratagème leur ayant fait perdre des millions de dollars aux mains d'une firme juridique américaine douteuse, les familles des disparus de Lac-Mégantic sont une fois de plus sollicitées par des avocats texans. Cette fois, on leur promet d'intenter de nouvelles poursuites pour réclamer leur dû.

Dans cette lettre envoyée en décembre dernier, Lance Christophe Kassab se présente comme un avocat de Houston « spécialisé dans les poursuites contre les avocats pour faute professionnelle ».

Il ajoute qu'il serait possible, selon lui, « en vertu des lois du Texas, d'obtenir un remboursement de tous les frais et honoraires réclamés par les avocats » présentés dans le reportage d'Enquête, en plus de leur faire miroiter une compensation de 10 000 $ en dommages punitifs.

Dévoilé par l'émission Enquête, le stratagème utilisé par l'Américain Willie Garcia afin de récolter une partie des indemnisations reçues par les victimes de la tragédie fait réagir à Lac-Mégantic.

Selon nos estimations, l'homme aurait reçu de 10 à 15 millions de dollars pour avoir agi à titre d'intermédiaire entre les victimes et des avocats américains, bien qu'il n'aurait posé aucun acte juridique.

Dans cette lettre, Lance Christophe Kassab se présente comme un avocat de Houston « spécialisé dans les poursuites contre les avocats pour faute professionnelle ».Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans cette lettre, Lance Christophe Kassab se présente comme un avocat de Houston «spécialisé dans les poursuites contre les avocats pour faute professionnelle.»

Photo : Radio-Canada

Réactions au reportage d'Enquête : des actions réclamées

Pour Robert Bellefleur, le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire, la vulnérabilité des victimes a été exploitée.

« On est encore des victimes des requins, des vautours américains qui viennent voler les familles. Cet argent aurait pu être versé aux enfants et aux successions », s'indigne-t-il.

À son avis, les autorités doivent apprendre de ces événements.

« On veut une réaction des autorités. Nous souhaitons la mise en place de mécanismes beaucoup plus sévères lorsque surviennent des tragédies au Québec ou au Canada. Il faut protéger les gens de leur propre vulnérabilité », ajoute-t-il.

L'avocat responsable du recours collectif de Lac-Mégantic, Me Daniel Larochelle, n'a pas été surpris par les conclusions du reportage d'Enquête.

« Je l'ai appris dès les lendemains de la tragédie qu'il y avait des gens venus de l'extérieur. Quand on vient du Texas pour venir à Lac-Mégantic pour venir chercher des mandats, c'est assez surprenant. Je m'attendais à voir des avocats du Québec, de Montréal ou du Canada, mais du Texas, jamais », dit-il.

Pour recruter 40 familles en l'espace de 10 jours. C'est certain qu'il y avait un stratagème

Une citation de : Me Daniel Larochelle

Au moment des événements, Me Larochelle n'est pas intervenu auprès du Barreau du Québec afin de dénoncer la situation pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts.

Toutefois, il a recommandé à certaines victimes de contacter le Barreau du Québec ou encore l'aide juridique de Lac-Mégantic.

Une leçon pour le Barreau du Québec ?

Le bâtonnier du district de Saint-François, Me Benoît Massicotte, reconnaît que le Barreau de Québec doit lui aussi apprendre de ce stratagème qui a piégé plusieurs victimes de Lac-Mégantic.

Selon lui, il serait possible de mieux réagir si une autre tragédie de cette ampleur devait survenir.

« C'est nouveau. C'est un cas d'espèce. Une tragédie comme celle-là, ça ne s'était jamais produit. D'autant plus, il y avait le volet américain. Ici, ce genre de pratique de "chasseur d'ambulances", il n'y en a pas à ma connaissance. La question se pose : peut-être faudrait-il faire davantage de vérifications ou d'études afin d'établir des mesures pour le futur », croit-il.

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