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Le cyberharcèlement, peu réglementé et peu dénoncé

En 1964, lors de leur tournée canadienne, les Beatles donnent beaucoup d'émotion

Radio-Canada

Le cyberespace est-il suffisamment réglementé? Une victime de harcèlement en ligne estime que les moyens légaux sont insuffisants pour se défendre et empêcher la violence sur le web.

Un texte d’Andréanne Apablaza

Danielle Altrogge a reçu des menaces de viol et de mort sur le réseau social Twitter après avoir publié un message en appui aux victimes d'agression sexuelle. « C’était presque il y a un an, jour pour jour, pendant le procès de Jian Ghomeshi », raconte l’étudiante de l’Université de la Saskatchewan.

Elle se dit choquée par la violence et l’agressivité des messages qu’elle a reçus d’internautes inconnus. « Les femmes et les survivantes tentaient seulement d’être solidaires en ligne, ça m’a bouleversée », se rappelle-t-elle.

Danielle Altrogge a reçu des menaces de viol et de mort sur le réseau social Twitter.

Danielle Altrogge a reçu des menaces de viol et de mort sur le réseau social Twitter.

Photo : Radio-Canada

Le cyberharcèlement ne s’arrête pas à des menaces proférées sur les réseaux sociaux. Il comprend aussi des textos, des courriels, des images, et des commentaires harcelants, violents, ou haineux.

Malgré les menaces claires qu’elle a reçues, Danielle Altrogge préfère ne pas porter plainte contre les actes de cyberharcèlement qu'elle a vécus. « J’ai l’impression qu’il y a une forte probabilité que je ne sois pas crue », se désole la femme de 28 ans.

Elle croit aussi que les lois en place n'arrivent pas à protéger les femmes victimes de violence, en ligne ou non. Aussi victime d’agression sexuelle, Danielle Altrogge a choisi de ne pas porter plainte pour les mêmes raisons.

Le cyberharcèlement dans la loi

Selon une professeure en droit à l’Université Laval, à Québec, il n'est pas simple de porter une affaire de cyberharcèlement devant les tribunaux.

« Il faut avoir beaucoup de preuves et il faut que la victime soit en mesure de poursuivre le processus pénal », explique Louise Langevin.

Le processus de dénonciation et de poursuite peut s’avérer laborieux et dispendieux selon la professeure. Elle rappelle que les corps policiers et les tribunaux sont mieux outillés qu'auparavant pour surveiller et sanctionner la violence sur le web, mais que le cyberespace est loin d’être suffisamment encadré.

Le cyberespace est vu comme le Far West, sans règles ni lois, dans lequel on peut dire à peu près tout et n’importe quoi.

Louise Langevin, professeure de droit

Les femmes sont constamment ciblées sur le web, selon la professeure. Il y a quelques années, il était impossible de plaider que la haine pouvait être fondée sur le fait d'être une femme.

Depuis le 8 mars 2015, l'article du Code criminel qui définit le harcèlement comprend le sexe, au même titre que la race, la religion ou l'orientation sexuelle.

À ce jour, cet argument n'a pratiquement jamais été utilisé devant les tribunaux, selon la professeure.

Saskatchewan

Procès et poursuites