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Les services de santé mentale en français sont-ils adéquats dans les universités?

Cassidy Villeneuve accorde une entrevue à Radio-Canada.

Cassidy Villeneuve a vécu une première année d'université difficile.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La question se pose après qu'une étudiante de l'Université d'Ottawa qui a reçu un diagnostic de dépression en novembre dernier n'a pas pu voir un intervenant rapidement sur le campus.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Originaire de North Bay, Cassidy Villeneuve, 18 ans, est en première année de droit et de science politique à l'Université d'Ottawa. Elle s'est rendu compte à l'automne dernier qu'elle s'isolait de plus en plus et qu'elle dormait 14 heures par jour, une routine bien différente de ses habitudes.

Elle croit que la transition entre le secondaire et l'université a déclenché son malaise. Elle a quitté sa famille dont elle est très proche pour aller étudier à l'université.

Elle dit avoir reçu d'excellents soins du médecin qu'elle a vu à l'université, mais qu'elle aurait voulu pouvoir consulter un intervenant par la suite. De surcroît, il était primordial pour elle que ce conseiller soit francophone.

Le fait de parler d'une situation qui est tellement personnelle pour moi, ç'aurait été tellement difficile de le faire en anglais.

Une citation de : Cassidy Villeneuve
Cassidy Villeneuve étudie dans une aire commune de l'Université d'Ottawa.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cassidy Villeneuve étudie en droit et en science politique à l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Son médecin lui a suggéré de consulter un expert de l'université, mais celui-ci n'était pas disponible avant le 8 mars.

Cassidy Villeneuve ne voulait pas attendre tout ce temps. Elle a donc choisi de prendre des antidépresseurs pour retrouver la forme, comme le lui conseillait son médecin.

Je me suis dit [...] que ce n'est pas acceptable pour moi d'attendre jusqu'à ce moment-là pour commencer à voir des changements. C'est ça qui m'a fait pencher vers les médicaments.

Une citation de : Cassidy Villeneuve, étudiante à l'Université d'Ottawa

L'Université d'Ottawa indique que ses services de santé mentale sont offerts en français et en anglais.

Pour les demandes non urgentes un rendez-vous est octroyé dans les jours qui suivent la demande. Dans la mesure du possible, nous tentons d’accommoder les demandes en ce qui concerne le genre de conseiller que souhaitent rencontrer les étudiants (p. ex. homme/femme, anglophone/francophone, etc.).

Une citation de : Isabelle Mailloux-Pulkinghorn, relations avec les médias, Université d'Ottawa

Plainte déposée

Cassidy Villeneuve a déposé une plainte au Regroupement étudiant franco-ontarien et a soumis une proposition lors de l'Assemblée générale annuelle de l'organisation, le 5 mars dernier à Sudbury.

Proposition de Cassidy Villeneuve devant les membres du REFO :

« Je propose que le REFO revendique un meilleur accès aux services de santé mentale destinés aux étudiants francophones. »

La proposition a été adoptée, ce qui signifie que le REFO va maintenant développer un plan d'action sur le dossier, faire un bilan de ce qui est offert et voir comment ses membres peuvent sensibiliser le gouvernement à ce problème.

Et ailleurs en Ontario, ça se passe comment?

Les ressources en santé mentale sont fortement sollicitées dans les universités. Il est difficile dans ce contexte d'offrir des services dans la langue de choix de tous les étudiants.

À l'Université de Toronto, on indique qu'on ne parvient pas à répondre à tous les besoins spécifiques comme on le souhaiterait.

L'Université de TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Université de Toronto

Photo : Radio-Canada

La directrice du centre de santé et bien-être de l'université explique que son équipe compte un intervenant interculturel et que plusieurs intervenants parlent différentes langues. Elle ajoute qu'il est toujours possible d'envoyer des étudiants vers les ressources appropriées dans la communauté.

À l'Université Laurentienne, l'Association des étudiants francophones assure que tous les intervenants sont bilingues et qu'il y a peu de temps d'attente.

Quand tu as un groupe aussi grand, il va toujours y avoir un glitch ici et là, mais les services sont vraiment accessibles en ce moment et on peut juste continuer à les améliorer.

Une citation de : Jessica Findlay, vice-présidente socioculturelle et des services, Association des étudiants francophones de l'Université Laurentienne

Le Collège Glendon, de l'Université York, aussi offre des services bilingues au Centre accessibilité, bien-être et counselling.

L'entrée du Collège Glendon à TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Collège Glendon est situé à Toronto

Photo : Radio-Canada

L'association étudiante indique qu'elle a fait de la discussion sur la santé mentale une de ses priorités pour cette année. Ses rencontres, ses tables rondes et ses discussions sur le sujet comptent toujours une personne francophone pour faciliter la discussion avec les étudiants qui préfèrent s'exprimer en français.

« Tous nos conseillers sont bilingues. La difficulté, c'est que le Collège Glendon fait partie de l'Université York et qu'il y a des ressources qui nous sont données par l'Université qui sont souvent en anglais seulement », explique Seyoung Chang de l'Association étudiante du Collège Glendon.

Une grande partie de notre travail à l'association étudiante, c'est de nous assurer que la documentation, les services sont dans les deux langues. On a travaillé fort là-dessus cette année.

Une citation de : Seyoung Chang, vice-présidente aux opérations, Association étudiante du Collège Glendon

L'Université York assure toutefois que tous ses services et toute sa documentation sont bilingues, même si elle admet vouloir toujours faire mieux.

La tâche n'est pas mince, mais nous tentons, autant que possible, d'assurer la traduction et/ou l'adaptation de tous nouveaux documents à l'intention des étudiants.

Une citation de : Pascal Arseneau, Assistant principal, Division des services aux étudiants, Campus Glendon, Université York

« Depuis la désignation partielle de l'Université York en vertu de la Loi sur les Services en français, une traductrice a été embauchée par l'Université York afin de traduire les documents officiels », affirme Pascal Arseneau, de la division des services aux étudiants du Campus Glendon, de l'Université York.

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