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Les pêcheurs s'inquiètent des mesures de protection envisagées par le fédéral

Un bateau de pêche

Un bateau de pêche

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

Des pêcheurs de l'Est du Québec ont peur de voir leurs zones de pêche réduites, en raison de mesures de conservation qui seront implantées par le gouvernement canadien. Certains engins de pêche fixes pourraient être interdits dès 2018 dans l'estuaire et dans le golfe du Saint-Laurent.

Pêches et Océans Canada mène une série de consultations dans l'Est du pays, mais les pêcheurs voient déjà les impacts potentiels sur leur saison l'an prochain.

Cette démarche s'inscrit dans l'engagement du gouvernement canadien de protéger 10 % des zones côtières et marines du pays d'ici 2020.

Il faudrait quitter et aller ailleurs, s'installer ailleurs

Frank Dubé, pêcheur

Frank Dubé pêche le crabe des neiges et le flétan du Groenland. Le port qu'il utilise est directement situé dans une zone que Pêches et Océans Canada envisage de protéger.

« Ça fait une quarantaine d'années qu'on pêche dans ces milieux-là et on retrouve encore des éponges, des plumes de mer et des coraux. Ça ne doit pas être si dommageable que ça », dit-il.

Frank Dubé, un pêcheur de Portneuf-sur-MerAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Frank Dubé, un pêcheur de Portneuf-sur-Mer

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Les engins de pêche fixes interdits?

Selon plusieurs pêcheurs, cette mesure, qui aurait pour effet de les chasser de leurs aires de pêches habituellement, entraineraît une saturation dans d’autres secteurs.

« Les pêcheurs qui sont dans les aires marines, ils vont être obligés de se déplacer dans les fonds traditionnels des autres pêcheurs, donc on va créer de la surpêche ailleurs », dit Frank Dubé.

Les engins que ces pêcheurs utilisent touchent le fond. Leurs casiers, palangres et filets maillants pourraient donc être interdits à ces endroits.

Oui, on a un problème avec cette classification, parce qu'on considère que nos engins ne sont pas dommageables pour les plumes et les éponges que le ministère tient à protéger 

Jean-René Boucher, secrétaire à l’Office des pêcheurs de flétan du Groenland du Québec

« Si, à tout le moins, les zones étaient mises en place, mais que ces engins-là étaient autorisés à y pêcher, on n'aurait pas de problème avec ça, parce qu'à la base, on n'est pas contre ce principe de conservation », explique le secrétaire à l’Office des pêcheurs de flétan du Groenland du Québec, Jean-René Boucher.

Zones fixes, poissons ambulants

Pêches et Océans Canada a identifié 20 zones où l'on retrouve une concentration élevée d'éponges et de coraux dans l'estuaire et dans le golfe du Saint-Laurent.

Les zones que Pêches et Océans Canada considère de protéger.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les zones que Pêches et Océans Canada considère de protéger.

Photo : Pêches et Océans Canada

« C'est une information parmi les autres qui va être utilisée pour cibler des zones de protection de coraux et éponges. Donc ce ne sera pas l'ensemble des 20 zones que vous avez sous les yeux qui vont faire l'objet de mesures de protection », explique la directrice régionale de la gestion des pêches pour le Québec de Pêches et Océans Canada, Maryse Lemire.

Les zones qui pourraient être protégées contournent les secteurs où il y a une grande activité commerciale, selon des documents fournis par Pêches et Océans Canada.

Il y a cinq ans, on ne pêchait pas où on pêche cette année. Il y a deux ans, on ne pêchait pas exactement à la même place où on va pêcher cette année

Pierre-Nicolas Tanguay-Lévesque, capitaine
Pierre-Nicolas Tanguay-Lévesque, capitaine de bateau de MataneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre-Nicolas Tanguay-Lévesque, capitaine de bateau de Matane

Photo : Radio-Canada

« Ça inclut la crevette, le crabe des neiges, le flétan de l'Atlantique, donc il y a plusieurs espèces incluses, mais le turbot est le plus touché. Puis il ne faut pas oublier aussi que le poisson n'a pas d'adresse fixe, se déplace », ajoute le secrétaire à l’Office des pêcheurs de flétan du Groenland du Québec, Jean-René Boucher.

Les pêcheurs touchés seront consultés à nouveau, cet automne, avant que les mesures de conservation soient implantées au mois de décembre.

D’après les informations de Marlène Joseph-Blais

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