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Knute Johnsgaard, le plus norvégien des Yukonnais

Le fondeur canadien Knute Johnsgaard

Knute Johnsgaard

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

QUÉBEC - Les médias québécois n'en avaient que pour Alex Harvey ou presque jeudi matin au point de presse de l'équipe canadienne de ski de fond, à l'aube des Finales de la Coupe du monde.

Un texte d'Antoine Deshaies

Assis en retrait, une dizaine d’athlètes attendaient patiemment la fin de l’exercice médiatique de 45 minutes. Certains n’ont fait qu’acte de présence. Quand on a un champion du monde dans sa ville natale, il est normal qu’il prenne toute la place.

Knute Johnsgaard fait partie de ceux qui attendaient et qui ne pensaient peut-être pas devoir accorder d’entrevue. Le skieur de 24 ans est pourtant monté sur le podium en Coupe du monde cette saison, en janvier, en Suède.

Il a uni ses efforts à ceux d’Alex Harvey, de Devon Kershaw et de Len Valjas pour permettre au Canada de gagner la première médaille de son histoire - le bronze - en relais en Coupe du monde. Johnsgaard se trouvait pourtant en Amérique quelques jours avant l’épreuve.

« Je devais à l’origine participer à l’épreuve-test [olympique] en Corée, mais en parlant avec les entraîneurs, on a décidé de m’envoyer en Suède, raconte Johnsgaard à Radio-Canada Sports. Je sentais que les gars étaient en grande forme et il leur manquait un skieur pour compléter l’équipe. Mon instinct était bon. »

Len Valjas, Alex Harvey, Knute Johnsgaard et Devon KershawAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Len Valjas, Alex Harvey, Knute Johnsgaard et Devon Kershaw

Photo : Getty Images / Adam Ihse/AFP

Contre toute attente, il est donc monté sur le podium, même s'il n’est pas un titulaire permanent dans le circuit de la Coupe du monde. Dans les épreuves individuelles, il n’a jamais fait mieux qu’une 30e place. Cette saison, outre sa médaille au relais, son meilleur résultat est une 51e position au sprint.

« Le plus beau dans tout ça, c’est que j’ai obtenu ma qualification avec cette médaille », se réjouit-il.

Fier représentant du Yukon

Johnsgaard est fier de ses racines norvégiennes. Mais il se sent Canadien et surtout Yukonnais à 100 %. D’ailleurs, il ne parle pas le norvégien.

Ils sont d’ailleurs trois athlètes du Yukon à avoir participé aux Championnats du monde en Finlande. Trois sur 11 membres de l’équipe canadienne, ça fait 27 % de l’effectif. Pas mal pour un territoire qu'habite à peine 0,01 % de la population canadienne (35 000 sur 35 millions).

Les fondeuses Dharia Beatty et Emily Nishikawa sont les deux autres représentantes du Yukon.

Knute JohnsgaardAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Knute Johnsgaard

Photo : Getty Images / Richard Heathcote

« C’est exceptionnel pour une si petite population de produire autant d’athlètes de haut niveau, confie Johnsgaard. L’appui de la communauté et l’apport financier du gouvernement là-bas sont très importants. »

« La tradition en ski de fond est bien implantée et notre réseau de développement est efficace de la petite enfance jusqu’aux seniors. Nous avons des entraîneurs passionnés. »

— Une citation de  Knute Johnsgaard

Johnsgaard a aussi passé deux ans dans la région de Québec, après ses études secondaires, pour parfaire son entraînement au centre Pierre-Harvey.

Un gars de bois

Quand il n’est pas à l’entraînement, Knute Johnsgaard se retrouve souvent en forêt. Il a grandi en banlieue de Whitehorse, où le plein air est roi.

Il est un passionné de chasse, de pêche, de randonnée et de canot.

« C’est important pour moi la nature, explique-t-il. Ça me permet de renouer avec mes racines. L’hiver, je me concentre à 100 % sur le ski et je suis basé à Canmore, en Alberta. Mais quand j’ai la chance, je retourne chez moi pour retrouver la nature.

« Le Yukon a fait de moi la personne que je suis. J’ai besoin de la tranquillité et de la paix d’esprit que la nature me procure. Plus jeune, je partais souvent pour une semaine dans le bois seul et je franchissais une quarantaine de kilomètres par jour. Il y a une communion entre ma passion pour le plein air et le ski. »

— Une citation de  Knute Johnsgaard

Mais qui dit Yukon, dit aussi grizzlis. Johnsgaard en a parfois croisé de très près, mais chaque fois sans conséquence.

« La dernière fois, c’était à Canmore en faisant de la course à pied, se souvient-il. On a surpris une mère et ses bébés dans un ruisseau. »

« Mais la fois où je suis passé le plus près, c’est au Yukon il y a deux ans, poursuit-il. J’étais parti chasser le caribou au nord du cercle polaire. Il y avait du brouillard et on est tombé sur un grizzli qui protégeait une proie chassée. J’ai eu vraiment peur. Mais l’ours est un animal extraordinaire quand on respecte son espace. Les interactions négatives sont plutôt rares. »

Un vrai gars de bois.

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