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Cafouillage sur l’A-13 : la SQ fait son mea culpa

Guy Lapointe, porte-parole de la SQ

Guy Lapointe, porte-parole de la SQ

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Sûreté du Québec a reconnu, jeudi, avoir commis des erreurs dans l'opération durant laquelle des centaines d'automobilistes sont restés piégés 12 heures sur l'autoroute 13. La SQ a relevé de ses fonctions le policier qui aurait dû, selon elle, ordonner plus rapidement l'évacuation de ces personnes.

En plus de l'enquête externe ouverte par le gouvernement du Québec dans cette affaire, une enquête interne est en cours à la SQ pour faire la lumière sur « la chaîne de décisions » qui a mené à un tel cafouillage, a déclaré Guy Lapointe, porte-parole de la SQ.

Lors d'une conférence de presse, jeudi, Guy Lapointe a révélé que le policier qui était responsable de la gestion des opérations dans la nuit du 14 au 15 mars dernier a été relevé de ses fonctions, jeudi matin. Il est affecté à des tâches administratives, jusqu'à nouvel ordre.

Pendant de longues heures, la SQ a mené une opération de dégagement des voies de circulation. Or, il aurait fallu « changer cet axe d'opération » pour une évacuation à proprement parler, d'expliquer le capitaine Lapointe : « Les démarches visant à évacuer les gens auraient dû être entreprises plus tôt. »

Des défaillances dans la prise de décisions

La responsabilité de cet officier-là était de voir au bon déroulement des opérations et, à cet égard, nous, on considère qu'il y a des choses qui n'ont pas été faites correctement.

Une citation de : Guy Lapointe, porte-parole de la SQ

La SQ attend de conclure son enquête pour déterminer si elle sanctionnera ce policier. « Cette personne n'a pas pris les bonnes décisions, a déclaré sans ambages le porte-parole du corps de police. Est-ce la seule personne [ qui n'a pas pris les bonnes décisions]? On ne le sait pas pour le moment. »

Et si l'opération d'évacuation a tardé à se mettre en branle, ce n'est pas parce que les policiers ignoraient que des automobilistes étaient coincés sur l'A-13, a reconnu Guy Lapointe : « Ce n'est pas une question de savoir ou de ne pas savoir, a-t-il résumé. C'est une question de prendre la bonne décision. »

Un policier tout seul au bout du bouchon...

Guy Lapointe a tenu à préciser que l'enquête ne visait pas le travail des policiers présents sur le tronçon de l'A-13 reliant les autoroutes 20 et 40, dans l'ouest de l'île de Montréal, là où se sont produits les événements.

Aux prises avec des conditions climatiques et routières difficiles, ces patrouilleurs étaient en plus privés de ressources cruciales, a expliqué en substance Guy Lapointe, citant le fait que la Société de transport de Montréal ou encore le Service de sécurité incendie de Montréal auraient dû être appelés plus vite en renfort.

C'est d'ailleurs la question qu'a posée le ministre de la Sécurité civile, Martin Coiteux, à la SQ : « Pourquoi autant d’heures avant de contacter le Service des incendies pour l’évacuation, si justement le ministère des Transports du Québec (MTQ) n’était pas en mesure de faire dégager la voie? Si, justement, on n’était pas capable de faire remorquer les camions? »

Le ministre Coiteux déplore aussi que la SQ n'ait pas été conviée aux réunions tenues par la Sécurité civile de Montréal et par le MTQ en soirée, mardi.

Dans son récit des événements, le capitaine Lapointe a spécifié que le premier patrouilleur à être intervenu sur l'A-13 était lui-même coincé derrière le bouchon de circulation, c'est-à-dire derrière 200 à 300 véhicules. Il ne pouvait se rendre au début du bouchon, où deux camions bloquaient la circulation.

Ce policier se trouvait donc dans l'impossibilité de prêter main-forte aux remorqueurs qui auraient pu déplacer ces deux camions. Et les autres patrouilleurs, eux, avaient du mal à rejoindre leur confrère...

Deux camionneurs qui ont refusé de « collaborer »

Guy Lapointe a expliqué qu'il y a « une enquête en soi » sur le comportement des deux camionneurs, dont les véhicules ont été immobilisés sur l'autoroute à partir de 18 h 05, mardi soir.

Jusqu'ici, l'enquête interne de la SQ révèle que le premier problème est survenu lorsque ces camionneurs ont refusé de collaborer au remorquage de leurs véhicules, ce qui a entraîné le gigantesque bouchon que l'on sait.

Sans rentrer dans les détails, ils [les camionneurs] considéraient qu'ils n'avaient pas à être tenus responsables du fait que leurs véhicules étaient immobilisés et, de ce fait, n'ont pas voulu collaborer.

Une citation de : Guy Lapointe, porte-parole de la SQ

La SQ entend déterminer si ces camionneurs ont entravé le travail des policiers. « Est-ce qu'on parle d'une infraction qui pourrait être de nature pénale ou de nature criminelle? Cet aspect-là actuellement fait l'objet d'une enquête », a expliqué Guy Lapointe.

Entrevue avec Marie-Christine Tremblay et Olivier Thomas qui ont passé la nuit dans leurs véhicules pendant la tempête

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