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Les experts divisés sur le lien entre taille des classes et résultats des élèves

Des élèves lèvent la main dans une classe
Une classe d'élèves Photo: iStock
Radio-Canada

Dès la prochaine année scolaire, la limite de 20 élèves dans les classes de la maternelle à la 3e année au Manitoba sera levée. La province a en effet annoncé mardi qu'elle abandonnait les mesures législatives qui imposaient un plafond, estimant qu'il n'y a pas suffisamment de données pour démontrer ses effets sur le rendement des élèves.

La Manitoba Teachers Society s'est dite alarmée par la décision de supprimer la loi du gouvernement néo-démocrate, car, selon elle, le plafond introduit en 2011 n'a pas été en place assez longtemps pour qu'on puisse en mesurer les effets.

Le porte-parole de l'opposition en matière d'éducation auprès du NPD, Wab Kinew, s'est fait l'écho de ces inquiétudes mardi et a déclaré que les parents souhaitent des classes plus petites, estimant qu'elles mènent à de meilleurs résultats.

Reste que la question suscite le débat parmi les experts en éducation dont les opinions diffèrent.

« Pour le dire simplement, la taille des classes est une cible stratégique attrayante pour les politiciens, car elle est facilement comprise par l'électorat », explique Yvan Guillemette, un analyste politique auprès de l'Institut C.D. Howe Institute, dans une étude publiée en 2005.

Cependant, cette étude indique « qu'aucune preuve ne montre que les plus petites classes améliorent les résultats des élèves dans les classes de primaire et de secondaire au Canada ».

Yvan Guillemette ajoute que les enseignants ont fait pression sur les gouvernements pour réduire la taille des classes, mais estime que plus petit ne veut pas forcément dire mieux.

Chercheur principal en études économiques au Brookings Institution, un centre d'études et de recherches établi à Washington, Russ Whitehurst est en désaccord et fait une mise en garde : « Les effets sont plus visibles dans les premières classes, comparativement aux classes supérieures. »

Les experts préconisent d'investir dans les enseignants

La plupart des choses que les spécialistes de l'éducation savent sur les classes de petite taille proviennent d'une étude sur la question menée dans le Tennessee, qui a commencé en 1985 et a pris fin quatre ans plus tard.

Les chercheurs de cet État américain ont observé l'effet des classes comptant environ 15 élèves sur les enfants, comparé à celles qui en comptent entre 20 et 25. Au total, plus de 11 500 élèves ont participé à l'étude.

« Le fait est que les petites classes peuvent être utilisées conjointement avec d'autres techniques d'enseignement qui peuvent ajouter des gains supplémentaires », indique l'étude.

Selon Russ Whitehurst, l'étude menée dans le Tennessee a également montré que les petites classes ont les plus grands effets sur les jeunes issus de milieux minoritaires.

Mais, selon lui, si les divisions scolaires veulent avoir un effet encore plus grand, elles devraient investir dans de bons enseignants plutôt que dans de petites classes.

Spécialiste de l'éducation à l'université de Melbourne, en Australie, John Hattie affirme que se concentrer sur la taille des classes est une distraction, car, selon lui, même si la taille des classes diminue, les enseignants peuvent ne pas changer d'approche avec les élèves.

Au lieu de cela, John Hattie recommande de se concentrer sur la formation de bons enseignants et la personnalisation de l'apprentissage pour les élèves.

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