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Manificat se sent chez lui à Québec

Maurice Manificat

Maurice Manificat

Photo : Getty Images / Giovanni Auletta

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

QUÉBEC - La fatigue de la fin de la saison, le long voyagement et le décalage horaire, voilà trois raisons qui pourraient atténuer l'envie des fondeurs européens d'être à Québec pour les finales de la Coupe du monde de ski de fond.

Un texte d’Antoine Deshaies

Les deux ténors du peloton ont d’ailleurs fait l’impasse sur le week-end. Le meneur norvégien Martin Johnsrud Sundby, assuré du titre, et l’indélogeable deuxième, le Russe Sergey Ustiugov, ont tous les deux évoqué des raisons familiales pour justifier leur absence.

Le meneur français Maurice Manificat déplore leur décision en entrevue avec Radio-Canada Sports.

« C’est la fin de la saison, donc on est forcément émoussés, mais c’est notre métier. Je ne trouve pas ça très normal que le meneur de la Coupe du monde rate les finales, explique le fondeur de 30 ans, vice-champion du monde au 15 km style libre en 2015. Pour Ustiugov, j’ai l’impression qu’il boycotte pour souligner son désaccord avec l’éviction de ses collègues russes. »

« Mais bon, ça fait de la place pour les autres et les absents ont toujours tort, ajoute-t-il. Oui, le voyage peut paraître dur, mais le public québécois mérite de voir les athlètes de la Coupe du monde. L’an passé, nous avons été très bien reçus, particulièrement nous les cousins français. »

Bref, Manificat et ses collègues ne sont pas ici à reculons. Et les conditions de neige ont de quoi les rendre heureux.

« Généralement en Europe, au mois de mars, on est sur de la neige de printemps mouillée et ça ne glisse pas beaucoup. Là, on retrouve des conditions de neige fraîches qu’on retrouve en janvier en Scandinavie. C’est super. »

Une saison en dents de scie

Cela dit, la saison a été éprouvante pour Manificat avec seulement deux podiums, dont un au relais. Des pépins physiques ont miné ses efforts. Au cumulatif, il se classe au 14e rang du circuit mondial.

« J’ai bien fait au Tour de ski avec une 4e place au général, mais ç'a été plus dur aux Championnats du monde. Mes sensations sur les skis ont été très irrégulières tout au long de la saison. Là, je me sens fatigué, mais j’espère monter sur le podium au général en fin de semaine. »

Après les sprints de vendredi, qui ne sont pas sa force, Manificat espère mieux réussir au 15 km classique de samedi. S’il est dans le groupe de tête, tout est permis pour dimanche.

« Le 15 km style libre est mon épreuve de prédilection, et c’est ce qui est au programme dimanche avec la poursuite. J’aimerais réaliser le meilleur temps du jour. On verra bien. »

Mais l’objectif ultime pour Manificat, ce sont les Jeux de Pyeongchang en 2018. Selon le principe d’alternance des JO, l’épreuve de 15 km sera en style libre. Mais pas question pour lui d’arrêter après les Jeux.

« C’est clair que j’aimerais me rendre aux Jeux de Pékin en 2022, même si la destination ne fait pas rêver beaucoup d'athlètes du circuit mondial, affirme le sympathique fondeur. J’aurai 31 ans ce printemps, j’entre dans la force de l’âge pour le ski de fond. »

Le douanier Manificat

L’équipe de France regagnera le Vieux Continent lundi soir sans toutefois mettre le cap sur les vacances. Manificat a encore deux semaines de compétitions devant lui. Les Championnats nationaux et le Tournoi des douanes.

Le Tournoi des douanes est une compétition de ski alpin et nordique qui oppose les employés des douanes des nations alpines (Allemagne, Autriche, Suisse, Italie et France). Cette année, la compétition se tient à Morzine, en Suisse, et Manificat y participera.

« Je suis officiellement un employé des douanes comme plusieurs membres de l’équipe de ski de fond et de biathlon. C’est une sorte de commandite. On est payés comme un douanier, mais on est libérés toute l’année pour s’entraîner et représenter la France. »

L’armée aussi soutient des athlètes de cette façon.

« L’armée et les douanes dans les montagnes sont liées historiquement au ski de fond. Bien sûr, ce n’est plus le cas de nos jours. Mais à l’époque, les douaniers pouvaient se déplacer en ski. »

Maurice Manificat n’exclut pas de travailler comme un vrai douanier une fois ses skis remisés. Mais pour l’instant, il refuse de se projeter trop en avant. Il a d’abord une saison de Coupe du monde à conclure en beauté.

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