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La Turquie pourrait annuler le pacte migratoire conclu avec l'Union européenne

Des migrants et réfugiés marchent près de la frontière entre la Serbie et la Hongrie, en Europe.

Des migrants et réfugiés marchent près de la frontière entre la Serbie et la Hongrie, en Europe.

Photo : La Presse canadienne / Darko Vojinovic

Radio-Canada

Ankara pourrait mettre fin au pacte migratoire conclu en mars 2016 avec l'Union européenne (UE). Cet accord a permis de limiter le nombre d'arrivées des migrants et des réfugiés sur le continent européen. Les relations entre la Turquie et l'UE se sont détériorées après le refus des Pays-Bas de laisser entrer des ministres turcs pour tenir des rassemblements politiques, et l'annulation de ces rencontres en Allemagne.

Dans une entrevue télévisée, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, assure que son pays peut mettre fin à cet accord de façon unilatérale.

Nous n'avons pas encore informé nos interlocuteurs [européens], tout cela est entre nos mains. À partir de maintenant, nous pouvons dire : "Nous ne l'appliquerons plus et ce sera terminé." Nous n'avons besoin de la permission de personne.

Mevlut Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères

M. Cavusoglu blâme l'Union européenne parce qu'elle n'a pas autorisé la libéralisation de visas de court séjour aux citoyens turcs. Pour sa part, Bruxelles dénonce la loi antiterroriste de la Turquie. Le ministre turc, quant à lui, répète que la libéralisation des visas est une condition indispensable.

En ce moment, nous n'appliquons pas l'accord de réadmission [des migrants arrivant sur les îles grecques], car il n'y a pas de libéralisation des visas.

Mevlut Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères

Un accord conclu en mars 2016

L'accord a été conclu lors de la crise migratoire, l'an dernier. Le but est de mettre fin à l'arrivée massive de migrants dans les îles grecques, en mer Égée. Ce pacte migratoire prévoit le renvoi systématique, vers la Turquie, des migrants et des demandeurs d'asile qui tentent de rejoindre l'Europe.

Environ 200 000 migrants avaient rejoint l'Europe en décembre 2015 et fin février 2016, alors qu'ils étaient 3500 à pareille date une année plus tard.

En plus de la libéralisation des visas, cet accord prévoyait l'octroi d'une aide financière de 3 milliards d'euros à la Turquie. L'aide serait renouvelée après son épuisement.

La tension est croissante entre la Turquie et l'Union européenne depuis le début du mois. Aux Pays-Bas, les dirigeants turcs devaient participer à des rassemblements politiques visant à convaincre les ressortissants turcs de voter pour un renforcement des pouvoirs du président Erdogan lors d’un référendum, mais ils n'ont pas pu y entrer. En Allemagne, la tenue de ces rencontres a été annulée.

Lors d'un rassemblement tenu le 5 mars à Istanbul, M. Erdogan a déclaré que l’annulation de ces rassemblements évoquait des pratiques « qui ne diffèrent en rien de celles de la période nazie ».

Le président Recep Tayyip Erdogan fait campagne pour renforcer ses pouvoirs à un référendum qui doit avoir lieu le 16 avril. La consultation populaire portera sur l'ajout de nouveaux articles à la Constitution turque.

Le président convoite le vote des ressortissants turcs vivant à l’étranger.

Des attaques verbales

En parallèle, le président Erdogan poursuit ses attaques contre l'Europe, dont il dénonce le « fascisme débridé ». Il accuse une nouvelle fois les Pays-Bas du génocide de Srebrenica en ex-Yougoslavie.

[Les Pays-Bas] n'ont rien à voir avec la civilisation, ni avec le monde moderne. Ce sont eux qui ont massacré plus de 8000 Bosniens musulmans en Bosnie-Herzégovine lors du massacre de Srebrenica.

Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie

En juillet 1995, près de 8000 hommes et enfants musulmans ont été tués par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica, qui était sous la protection des Casques bleus des Pays-Bas.

Le premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, a qualifié mardi les propos de M. Erdogan sur Srebrenica de « falsification nauséabonde de l'histoire ».

La crise diplomatique s'est transportée sur les réseaux sociaux, mercredi, avec le piratage des comptes d'Amninistie internationale, du ministère français de l'Économie et de la BBC Amérique du Nord, entre autres. Le compte de l'ancien premier ministre français Alain Juppé a aussi été piraté.

Allemagne nazie. Pays-Bas nazis. Voici une petite claque ottomane pour vous. Rendez-vous le 16 avril. Vous voulez savoir ce que j'ai écrit? Apprenez le turc.

Extrait d'un message publié sur un compte Tweeter piraté

Des émoticônes et des croix gammées accompagnaient les messages.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a condamné les propos du président turc sur le nazisme de l'Allemagne et des Pays-Bas. Il croit qu'ils sont contradictoires avec les intentions de la Turquie de faire partie de l'Union européenne.

Le député belge européen Guy Verhofstadt somme l'Union européenne de geler « maintenant » les négociations d'adhésion de la Turquie au Parlement européen.

Avec les informations de Agence France-Presse

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