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Le soutien psychologique sera essentiel pour les femmes qui témoigneront à l’enquête sur les femmes autochtones

Un montage de photos de jeunes femmes autochtones disparues.
Des femmes autochtones assassinées ou disparues. Photo: Radio-Canada

Les familles et les commissaires estiment qu'il est primordial que les personnes qui témoigneront à l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) reçoivent un soutien psychologique. Ils craignent que des traumatismes refassent surface lors des audiences, qui doivent commencer à la fin du mois de mai.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinéesEnquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées Photo : Radio-Canada

Cheryl James, dont la mère et la belle-mère ont été assassinées, explique que l’enquête lui fait revivre de douloureux souvenirs.

Elle avait neuf ans et vivait en famille d’accueil à Brandon, au Manitoba, quand sa mère, Shirley Ann Eliza James, a été attaquée par deux femmes et abandonnée inconsciente devant un hôtel de Winnipeg en 1975.

La femme de 27 ans est morte le lendemain, laissant cinq enfants derrière elle.

Shirley James est morte en 1975 après avoir été attaquée par deux femmes à Winnipeg.Shirley James est morte en 1975 après avoir été attaquée par deux femmes à Winnipeg. Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Sa belle-mère, Noella Belanger, a pour sa part été violemment battue et emmenée au milieu de la rivière Rouge, qui était gelée. Elle avait 33 ans au moment de sa mort.

Prendre soin d’elle

Depuis la mort de sa mère, Cheryl James souffre d’un type de dépression qui, selon son médecin, est commun chez les femmes qui ont perdu leur mère de façon violente.

« J’ai des amies qui ont perdu leur mère, et je vois des similarités dans leur lutte », raconte-t-elle.

Elle soutient qu’elle devra prendre bien soin d’elle, surtout pendant les audiences auxquelles elle a l’intention d’assister.

Elle recommande aux familles de s’entourer de gens qui pourront les appuyer lorsqu’elles iront témoigner, et « d’aller chercher les soutiens qui existent déjà dans nos communautés ».

J’ai hâte de voir ce que [la commission] aura à offrir comme soutien. Je n’ai rien entendu encore.

Cheryl James

Des services offerts par l’ENFFADA

Cheryl James demande entre autres à ce que l’ENFFADA s’assure que des aînés soient disponibles pour les familles qui témoigneront, ce à quoi s’est déjà engagée la commission, qui indique dans sa dernière infolettre que « des aînés et des intervenants en santé seront présents ».

L’ENFFADA soutient également que des services en santé mentale adaptés à la culture seront offerts lors des audiences, comme l’espérait Cheryl James.

Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées 

Une équipe s’affaire d’ailleurs à mettre en place « des mesures de soutien pour les familles et les survivantes pendant et après leur expérience auprès de l’enquête nationale ».

Une médecin de Toronto, Janet Smylie, estime que tous les membres des familles de femmes disparues ou assassinées devraient avoir accès à des consultations psychologiques avant que les audiences ne commencent.

Il est probable qu’un nombre significatif de membres de familles vivent un trouble de stress post-traumatique non résolu.

Janet Smylie, médecin de famille, Toronto

Les traumatismes pris en compte

La commission explique par ailleurs sur son site web que l’enquête suit un processus qui « tient compte des traumatismes subis », c’est-à-dire qui « reconnaît que le fait de témoigner sur ses propres expériences traumatisantes peut causer un nouveau traumatisme ».

L’Enquête nationale se fondera sur le principe de ne « pas causer de tort ».

Site web ENFFADA

L’équipe de santé qui sera en relation avec les familles et les survivantes de violence sera constituée d’un médecin, de deux gestionnaires en santé et de plusieurs intervenants de partout au pays, explique la porte-parole de l’ENFFADA, Sue Montgomery, par courriel.

Des informations supplémentaires sur cette équipe seront par la suite disponibles sur le site Internet de l’ENFFADA, sur les médias sociaux, ainsi que dans les stations de radio communautaire. Une ligne d’écoute téléphonique nationale sera également mise en place.

Pour Cheryl James, il est essentiel que cette information se rende jusqu’à ceux qui en ont besoin, « c’est ce qui est le plus important », dit-elle.

Les familles doivent savoir de quelle façon l’aide sera disponible pour elles, dit Cheryl James. « Elles doivent savoir si elles recevront le type d’aide qu’elles veulent recevoir ».

Avec les informations de Martha Troian, CBC Indigenous

 

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