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Santé mentale dans les universités : à la croisée des chemins?

Photo d'étudiants qui marchent sur le campus de l'Université de Toronto.

Des étudiants à l'Université de Toronto

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La santé mentale des étudiants universitaires est un sujet préoccupant, selon certains groupes d'étudiants. Ceux-ci veulent pouvoir mieux aider leurs pairs et réclament de meilleures ressources aux institutions et au gouvernement.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Cet automne, l'Association de santé des universités et des collèges de l'Ontario rapportait des niveaux élevés d'angoisse chez les étudiants. La présidente de l'organisation se désole de voir que la situation ne s'améliore toujours pas sur les campus.

Il y a des hauts niveaux de stress, des pensées suicidaires, des étudiants qui reçoivent des traitements pour anxiété et dépression. Tout ça a un impact sur leur succès académique. C'est une réalité qui nous inquiète beaucoup.

Une citation de : Janine Robb, présidente de l'Association de la santé dans les collèges et universités de l'Ontario

La Commission de la Santé mentale du Canada révélait récemment que les jeunes de 20 à 29 ans sont les plus touchés par les maladies et les problèmes associés à la santé mentale. Les projections indiquent que cette situation se maintiendra pour les prochaines décennies. Le suicide demeure la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 34 ans. Le rapport indique toutefois que le nombre de suicides tend à diminuer.

Comment expliquer la hausse continuelle de demandes d'aide?

Plusieurs facteurs entreraient en ligne de compte, selon plusieurs intervenants du milieu. Certains parlent de la difficile transition entre le secondaire et l'université. Souvent, les jeunes quittent leur famille et leurs amis, et donc leur soutien, lorsqu'ils déménagent dans une nouvelle ville pour entreprendre leurs études post-secondaires. Le stress, les attentes élevées, la pression financière et l'incertitude quant au marché du travail sont autant de facteurs qui peuvent déclencher des problèmes chez les jeunes.

Année scolaire éprouvante à Guelph

Des étudiants marchent sur le campus enneigé de l'Université Guelph.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des étudiants marchent sur le campus enneigé de l'Université Guelph.

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Quatre étudiants de l'Université Guelph se sont enlevés la vie depuis le début de l'année scolaire.

Les drames ont complètement ébranlé la communauté étudiante de Guelph. L'Association étudiante centrale a noté une hausse du nombre de demandes d'aide depuis ces suicides et l'université tente de répondre à toutes ces demandes. Elle a d'ailleurs collaboré avec l'Association canadienne pour la santé mentale pour gérer la crise.

L'institution compte 14,5 intervenants et 2 psychiatres qui peuvent rencontrer les étudiants. Leurs services sont évidemment fortement sollicités. En ce moment, l'attente est d'environ 4 semaines pour voir un intervenant. Les étudiants en situation de crise peuvent tout de même être vus le jour même. L'université a d'autres ressources disponibles, allant d'un outil en ligne d'auto-évaluation de sa santé mentale à des ateliers pour apprendre à gérer son stress.

Nous n'avons pas de réponses pour expliquer ce qui était différent cette année. C'est une année inhabituelle. Depuis deux mois, nous avons pris le temps de soutenir nos étudiants, de donner de l'information et nous assurer qu'ils recevaient l'aide dont ils avaient besoin

Une citation de : Brenda Whiteside, vice-présidente associée aux Affaires étudiante, Université Guelph

Les jeunes se mobilisent

Britanny Danishevsky dans l'atrium du University Centre de l'Université GuelphAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brittany Danishevsky est étudiante à l'Université Guelph et milite pour faire avancer le débat sur les problèmes de santé mentale à l'université

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Britanny Danishvesky est étudiante en psychologie à l'Université Guelph et est très impliquée pour faire avancer les choses en santé mentale à son école. Britanny vit elle-même avec des problèmes d'anxiété. Elle a constaté dans les derniers mois qu'il y a eu un changement dans l'approche de l'Université.

Il n'y avait pas autant le réflexe d'engager les étudiants dans le débat et maintenant, on voit qu'il est nécessaire d'inclure les étudiants dans les discussions.

Une citation de : Britanny Danishevsky, étudiante à l'Université Guelph

Des représentants de la Fédération canadienne étudiante - section Ontario ont rencontré récemment à Queen's Park les chefs des trois partis pour revendiquer de meilleurs services de santé mentale sur les campus. Ils demandent qu'une somme de 50 millions de dollars versée aux collèges et universités soit dédiée aux services de santé mentale. Ils réclament aussi la création d'une division qui permettrait de rendre les établissements d'enseignement imputables sur cette question et qui créerait des normes provinciales sur le type de soutien nécessaire sur les campus.

Maintenant que c'est une conversation dans les médias et au sein de nos campus, les étudiants ont vu une occasion de vraiment pousser leurs demandes et leurs besoins au niveau provincial pour demander un meilleur soutien.

Une citation de : Nicole Desnoyers, organisatrice, Fédération canadienne des étudiants - Ontario

Les ressources sont-elles suffisantes?

C'est la question que tout le monde se pose: les ressources sont-elles suffisantes? Nombreux sont ceux qui disent qu'il n'y a pas suffisamment d'intervenants sur les campus, que le gouvernement doit en faire plus. L'Association de santé des collèges et des universités de l'Ontario estime que les intervenants sont en mode « réaction » et qu'ils tentent surtout d'aider les étudiants en situation de crise. Or, selon l'association, ils devraient plutôt agir de façon préventive, pour éviter que les jeunes se retrouvent justement en situation de crise.

Et le gouvernement dans tout ça?

La ministre de l'Enseignement supérieur, Deb Matthews, assure que les problèmes de santé mentale sur les campus sont une priorité pour son gouvernement.

C'est le premier enjeu dont on me parle quand je visite des campus.

Une citation de : Deb Matthews, ministre de l'Enseignement supérieur de l'Ontario
Photo de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Deb Matthews.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle, Deb Matthews.

Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

La ministre indique que c'est une responsabilité partagée entre les institutions, les étudiants et le gouvernement.

Son gouvernement finance la ligne d'assistance téléphonique Allo J'écoute, accessible en tout temps en français et en anglais pour les étudiants des collèges et des universités.

Le gouvernement a aussi financé des projets dans différents établissements depuis 2012 et compte continuer de financer les plus prometteurs.

Le ministre de la Santé, Eric Hoskins, vient d'annoncer un financement de 140 millions de dollars en santé mentale. Une partie de cette somme servira à créer des centres pour les jeunes de 12 à 25 ans aux prises avec des problèmes de santé mentale et de dépendances. Mais pour plusieurs, tout cela n'est pas suffisant.

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