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Chaos sur l'autoroute 13 : Québec reconnaît un problème de communication

Alignement de voitures à Lachine sur l'A13 sud

Nuit cauchemardesque pour des automobilistes de l'A13

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le cafouillage dans la gestion de la crise de l'autoroute 13 n'est pas la conséquence d'un manque d'effectifs, mais d'une défaillance dans la coordination entre les différents services, selon les ministres Lessard et Coiteux. Un bilan provisoire sera dressé vendredi pour tenter de comprendre pourquoi des automobilistes ont été coincés toute la nuit sur la voie rapide à Montréal.

Le premier ministre Philippe Couilard a reconnu plus tôt qu'il y avait eu des ratés dans l'intervention des services de secours et a estimé que la Sécurité civile aurait dû être appelée en renfort. Le ministre Lessard et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ont par la suite déclaré qu'ils étaient eux aussi insatisfaits de la situation.

« Le premier ministre a raison de dire que c'est inacceptable », a lancé Martin Coiteux.

Ce n'est pas un problème d'effectifs. C'est un problème de coordination, d'intervention et de communications. Ça, je peux vous le garantir.

Une citation de : Laurent Lessard, ministre des Transports

Les deux ministres n'ont toutefois pas pu expliquer précisément les raisons de ces défaillances. Ils n'ont pas pu dire à quelle étape du processus décisionnel, à quel maillon de la chaîne de commandement les choses ont mal tourné dans les communications entre le ministère des Transports, la Sécurité publique, la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec.

Ils ont affirmé ne pas avoir encore toutes les informations nécessaires pour publier leur séquence des événements, comme l'a fait Denis Coderre sur son compte Twitter.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et le ministre des Transports, Laurent Lessard, répondent aux questions des journalistes concernant la gestion des opérations sur l'autoroute 13.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et le ministre des Transports, Laurent Lessard, répondent aux questions des journalistes concernant la gestion des opérations sur l'autoroute 13.

Photo : Radio-Canada

« Nous aurons besoin d'au moins quelques heures pour produire au moins un bilan provisoire. Tous les intervenants qui devaient agir hier, que ce soit du côté de la Sûreté du Québec, du côté du ministère de Transports et de la sécurité civile de la Ville de Montréal, ont travaillé. Il y a même des gens qui ont travaillé durant 16 heures », a détaillé Martin Coiteux.

La tempête politique qui souffle dans les coulisses de l'Assemblée nationale a pris naissance sur un tronçon d'autoroute montréalais. Des dizaines d'automobilistes ont passé la nuit dans leur véhicule sur l'autoroute 13 parce qu'ils sont demeurés coincés derrière deux camions bloquant complètement la chaussée après une sortie de route.

Des automobilistes se sont résignés à abandonner leur voiture et sont rentrés à la maison, mais d’autres ont préféré rester, de peur que leur véhicule soit remorqué.

Laurent Lessard a d'ailleurs annoncé que les automobilistes qui ont été pris au piège n'auront pas à payer leurs frais de remorquage de 218 $. Ils pourront se rendre sur le site web du ministère des Transports pour se faire rembourser.

Les 300 voitures qui étaient coincées depuis 20 h mardi sur l'autoroute 13 sud, dans l'ouest de Montréal, ont finalement quitté les lieux en milieu de matinée, certaines remorquées, d'autres conduites par leurs propriétaires qui y avaient passé la nuit.

L'autoroute a été rouverte en début d'après-midi mercredi, une fois les voies déneigées et les opérations de salage terminées.

En ce qui concerne les deux hommes qui ont été retrouvés sans vie mercredi matin dans leur voiture ensevelie sous la neige, Martin Coiteux a soutenu que tout avait été fait pour essayer de les sauver.

Coderre défend ses services

Chronologie des événements en main, le maire de Montréal a indiqué que la Sécurité civile a fait son travail convenablement et qu'elle n'avait rien à se reprocher.

« Il n'y a pas personne qui va défendre l'indéfendable. Ils [au gouvernement du Québec] vont faire leur bilan et je vais leur donner l'information que j'ai moi-même. En autant que je suis concerné, au niveau de la Sécurité civile de Montréal, tout a été fait adéquatement », a-t-il martelé.

La première question, c'est pourquoi, au niveau du ministère des Transports du Québec, on n'a pas dit, quand c'était bloqué : ''Il y a des voitures qui sont prises là.''

Une citation de : Le maire Denis Coderre

Selon la séquence des événements publiée par Denis Coderre, une première téléconférence a été convoquée à 23 h 50 hier par la sécurité civile de Montréal. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) y aurait pris part.

Le MTQ n’aurait pas mentionné à ce moment qu’il y avait des personnes bloquées sur l’autoroute.

Le maire de Montréal indique ensuite que dans une deuxième téléconférence, tenue à 1 h 40, le MTQ n'était pas sur l'appel.

En ce qui concerne cette absence, Laurent Lessard a répondu que la sous-ministre responsable à la coordination des mesures d'urgence était déjà en ligne au téléphone. « Elle a été en ligne durant toute la nuit », a justifié le ministre Lessard.

Les deux ministres ont indiqué qu'ils auront plus d'informations à donner dans 48 heures. « Vous allez nous voir avec le maire de Montréal vendredi », a dit le ministre Coiteux.

Couillard reconnaît des torts

« C’est peut-être [une situation] exceptionnelle, d’accord, mais la réaction doit être proportionnelle au problème », a déclaré le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en reconnaissant certains ratés dans l’intervention du ministère des Transports sur l’autoroute 13 hier soir.

Sortant son téléphone intelligent de sa poche, le premier ministre Couillard a déploré le manque de communication entre les intervenants et les victimes tout en indiquant que l’appareil qu’il avait en main constituait un excellent outil pour ce genre de situation. « Ça diminue l’anxiété et l’angoisse des gens. »

« Je me mets à la place du monde qui est aujourd’hui encore pogné dans leur auto et ils n’ont aucune idée de ce qui va arriver », a-t-il ajouté au cours d’un impromptu de presse à Québec.

J’aimerais bien savoir qu’il y a quelqu’un qui pense à moi et qui va s’occuper de moi. Je pense que le moins que l’on puisse faire, c’est d’informer comme il faut.

Une citation de : Philippe Couillard

Le premier ministre estime que le MTQ aurait dû recourir aux services de la Sécurité civile pour lui prêter main-forte.

Faisant référence à la « tempête du siècle » de 1971, M. Couillard souligne qu’il n’y avait pas ce genre d’organisation à cette époque. « On n’avait pas ça, mais maintenant, on a des organisations, en plus des forces policières, comme la Sécurité civile, qui sont habituées à porter secours aux gens dans des situations difficiles. »

« On savait qu’il y avait une tempête qui s’en venait », ajoute-t-il, visiblement déçu de la tournure des événements. « Il faut faire mieux et mieux se coordonner. »

Le premier ministre répondait ainsi aux critiques des partis de l’opposition.

Lisée tempête

« Cette tempête n’a pris personne par surprise, et n’aurait dû prendre personne par surprise au MTQ », a déploré le chef du PQ, Jean-François Lisée. « Qu’est-ce qui n’a pas marché? Pourquoi ça n’a pas marché? Est-ce que les effectifs étaient au rendez-vous? Est-ce que les budgets étaient au rendez-vous? Est-ce que ça a été bien prévu? »

Ce n’est pas normal que, dans une tempête qui est annoncée trois, quatre jours à l’avance, des services gouvernementaux ne soient pas vigilants pour venir en aide à ce qui est totalement prévisible.

Une citation de : Jean-François Lisée

« Ça a été une gestion chaotique », a ajouté le leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Bonnardel. « La tempête du siècle en 1971, on pouvait comprendre. On est en 2017. Je dirais une chose au MTQ : ''Sortez les motoneiges, sortez les quatre-roues, mais allez aider les gens.'' »

« Ça n’a aucun sens que les gens aient attendu près de 10 heures dans leur voiture. On n’est pas capable d’aller les chercher. On est en 2017, là. C’est inconcevable que le MTQ, la Sûreté du Québec, les instances provinciales n’aient pas été capables d’aller supporter, aider ces gens coincés dans leur voiture, dans une tempête qui était annoncée depuis presque 48 heures. »

Le maire de Montréal, Denis Coderre, estime « inacceptable que des gens soient restés pognés pendant 13 à 14 heures ».

Certains automobilistes sont tombés en panne sèche et étaient incapables de faire tourner leur moteur pour se réchauffer.

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