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Mort d'Abdirahman Abdi : les gants d'assaut du policier accusé sont examinés

L'agent Daniel Montsion du Service de police d'Ottawa

L'agent Daniel Montsion du Service de police d'Ottawa

Photo : YouTube

CBC

Des questions sont soulevées au sujet des gants renforcés utilisés par le Service de police d'Ottawa (SPO), à la suite de la mort d'Abdirahman Abdi l'été dernier. CBC a appris qu'une vérification interne de tous les gants fournis aux agents est en cours au sein du corps policier.

Des accusations d'homicide involontaire, d'agression armée et de voies de fait graves ont été déposées contre l'agent Daniel Montsion, la semaine dernière, par l'organisme de surveillance policière de l'Ontario, l'Unité des enquêtes spéciales (UES).

Le 24 juillet, Abdirahman Abdi a perdu ses signes vitaux lors d'une confrontation avec l'agent Montsion et un autre officier, alors que ceux-ci tentaient de l'arrêter sous prétexte qu'il avait posé des gestes inappropriés à l'intérieur d'un café.

M. Abdi, qui avait des problèmes de santé mentale non précisés aux dires de ses proches, a finalement été arrêté et menotté juste à l'extérieur de son immeuble, tout près du café.

« Quand M. Abdi est couché par terre, l'agent aujourd'hui accusé le frappe violemment deux fois à la tête, et nous ne voyons jamais M. Abdi bouger », a déclaré Heather Badenoch, une des rares personnes à avoir vu une vidéo de surveillance inédite de la confrontation.

« Quand nous regardions la vidéo... puis ces deux coups de poing, nous avons sursauté, parce que c'était très disproportionné par rapport à ce qui était nécessaire », ajoute-t-elle.

Abdirahman Abdi a été déclaré mort à l'hôpital le lendemain.

Abdirahman AbdiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abdirahman Abdi, 37 ans, est mort en juillet dernier.

Photo : Courtoisie de la famille

Des séquences vidéo dans lesquelles on peut voir l'agent Montsion accroupi à côté d'un M. Abdi inconscient, quelques minutes après la confrontation, montrent que l'agent portait ce qui semble être un ensemble de gants d'assaut Oakley Standard Issue, avec les insignes Oakley clairement visibles.

Une source au courant de l'affaire a déclaré que l'agent Montsion portait cette marque de gants lors de l'arrestation.

Une source policière proche de l'enquête a déclaré que lesdits gants sont liés à l'accusation d'agression armée déposée contre le policier. Ses conditions de libération indiquent qu'il lui est interdit de posséder des armes et « des gants renforcés ».

« Pensez à une paire de poings américains »

Les gants d'assaut, fabriqués par Oakley Standard Issue, peuvent être achetés librement sur le site web public de l'entreprise, dans la section militaire et gouvernementale.

Ces gants comportent un épais morceau de fibre de carbone sur les articulations.

« Ils seront principalement utilisés dans les combats au corps pour les membres actifs des forces armées, ainsi que [par] les policiers en service s'ils doivent fracasser une fenêtre ou tout ce qui impliquerait le verre », a déclaré une représentante d'Oakley Standard Issue.

« Pensez à une paire de poings américains. Évidemment, c'est un matériau différent, mais il va toujours avoir le même type d'efficacité juste en raison de l'épaisse fibre de carbone à l'intérieur », a-t-elle ajouté.

Vérification interne de tous les gants en cours

Le chef des finances de la police d'Ottawa, Jeff Letourneau, a envoyé une lettre aux inspecteurs du SPO, lundi après-midi, les informant que le chef Charles Bordeleau souhaitait une vérification de tous les gants donnés aux officiers en service.

La lettre, obtenue par CBC, indique que le quartier général de la force policière a déjà répertorié tous les gants qui lui ont été livrés, mais que « plusieurs sections » au sein du Service de police d'Ottawa ont acheté des gants « directement sans passer par le quartier général ».

« Je demande à chacun d'entre vous de revoir vos directions respectives et de documenter les gants achetés directement par les sections de votre chaîne de commandement », indique la lettre.

La date limite est le mercredi 22 mars.

M. Bordeleau a refusé de commenter cette histoire, affirmant que la question est maintenant devant les tribunaux.

« Les questions que vous posez se rapportent directement à une enquête en cours de l'UES, et la question est actuellement devant les tribunaux. Par conséquent, nous ne pouvons répondre aux questions posées », a écrit M. Bordeleau dans un courriel.

Des gants d'assaut Oakley Standard IssueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des gants d'assaut Oakley Standard Issue

Photo : Oakley Standard Issue

Certaines unités ont donné des gants renforcés à leurs agents

Certains agents de police d'Ottawa ont reçu des gants renforcés, selon le porte-parole du corps policier, Marc Soucy.

« Certaines unités les ont eues, et d'autres pas », a-t-il dit.

Selon une source policière, Daniel Montsion a reçu les gants en sa qualité de membre de l'équipe d'intervention directe, ou DART, qui surveille les activités des gangs pour l'Unité des armes à feu et des bandes de rue. M. Montsion aidait les patrouilleurs le jour de la confrontation avec M. Abdi.

La police d'Ottawa a ajouté que les policiers ne reçoivent pas de formation spécifique sur la façon d'utiliser ces gants. Le SPO a refusé de fournir plus d'information sur les gants - y compris les officiers qui y ont accès, le moment où la force les a acquis et les protocoles d'utilisation -, mentionnant au passage l'enquête de l'UES.

Le Service de police a ensuite indiqué qu'il ne répondrait plus aux questions portant sur les gants, sauf s'il y avait une demande d'accès à l'information.

Des gants renforcés utilisés à Toronto

Le Service de police de Toronto a quant à lui déclaré à CBC que les officiers de son équipe de réponse d'urgence [NDLR : Emergency Task Force, ou ETF] ont utilisé des gants renforcés avec un « moulage plastique sur la zone des articulations » pendant plus de 20 ans.

« Souvent, lorsque les agents de l'ETF doivent forcer leur chemin dans un endroit où ils font face à des dangers, tels que du verre brisé, du bois déchiqueté ou des cadres de portes, des serrures, charnières, etc., certains gants ont un moulage en plastique sur la zone des articulations », a déclaré la porte-parole Meaghan Gray.

Questionnée précisément au sujet d'une éventuelle autorisation des policiers à frapper des personnes avec les gants d'assaut, Mme Gray n'a pas nié.

« Dans une situation dynamique, les officiers sont autorisés à utiliser la force raisonnable si nécessaire et même si cela peut impliquer leurs mains. Est-il raisonnable de s'attendre à ce qu'un officier enlève ses gants d'abord? Bien que nos gants ne soient délivrés qu'à des fins de protection, je ne peux tout simplement pas spéculer sur la façon dont les gants sont utilisés dans chaque incident », a écrit Mme Gray.

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