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Les conservateurs abolissent le plafond de 20 élèves par classe

Des jeunes dans une salle de classe

Des jeunes dans une salle de classe

Photo : iStock

Radio-Canada

Le Manitoba abolit la législation imposant une limite de 20 élèves dans les salles de classe de la maternelle à la 3e année. À partir de l'année prochaine, les divisions scolaires établiront leurs propres limites de taille.

« Au lieu d’assigner le financement à l’embauche de personnel additionnel et aux rénovations des écoles, comme l’exigeait la législation antérieure, [la province donne aux divisions scolaires] plus de latitude et d’autonomie en ce qui concerne la répartition de leur budget », explique le ministre de l’Éducation, Ian Wishart.

Les divisions scolaires peuvent utiliser une partie de leur budget pour assurer un nombre réduit d'élèves par classe, souligne le ministre, mais elles ne seront plus tenues de le faire.

En 2011, le gouvernement néo-démocrate avait annoncé un plan pour limiter à 20 le nombre d'élèves dans les classes allant de la maternelle à la 3e année en 2017. Il avait alloué 20 millions de dollars pour l'embauche de nouveaux enseignants et 85 millions pour construire plus de salles de classe.

Avec moins d’élèves, les enseignants pourraient passer plus de temps avec les jeunes et cerner les forces et les faiblesses de chacun. Ils seraient alors plus en mesure d'aider l'élève à développer les compétences dont il aura besoin pour réussir dans la vie, assurait le ministre de l’Éducation d’alors, Peter Bjornson.

Une initiative amputée après six mois

Les progressistes-conservateurs soutiennent toutefois que le Nouveau Parti démocratique « a imposé un plafond arbitraire et n’a pas prévu de processus d’évaluation pour mesurer le succès ou l’échec du programme ».

Ian Wishart lit à un groupe d'enfants dans une bibliothèque

Le ministre de l'Éducation du Manitoba, Ian Wishart, a annoncé une augmentation de 13,1 millions de dollars du financement en éducation lors d'un événement organisé à l'École James Nisbet pour lancer le mois de la lecture.

Photo : Radio-Canada / Sean Kavanagh

Selon le ministre Wishart, les données des examens provinciaux de numératie et de littératie des élèves en 3e et 4e année ne démontrent aucune amélioration notable du rendement des élèves depuis l'instauration de l'initiative.

« Comment mesurer les résultats d’une initiative qui a vu le jour en 2012 [sous la forme d'un projet pilote, NDLR] et à laquelle il n'était pas obligatoire de participer jusqu’en 2016? », s’étonne pour sa part Norm Gould, le président de l'association représentant les enseignants, la Manitoba Teachers Society (MTS).

[L’initiative est entrée en vigueur il y a] à peine six mois, et [le gouvernement Pallister] fait de grandes généralisations catégoriques voulant que ce soit un échec et qu’il faille tout abandonner parce qu’il n’y avait rien à mesurer. C’est ridicule.

Norm Gould, président de la Manitoba Teachers Society

M. Gould affirme que l’annonce du ministre de l’Éducation en dit long sur la philosophie de l’éducation du gouvernement provincial.

« Ça dit que tout ce qui n'est pas mesurable n’a pas de valeur. Donc, que dire des gains et des leçons intangibles qui ont lieu quotidiennement dans les salles de classe? [Ce point de vue] ne tient pas compte non plus du fait que les acquis cumulés de la maternelle à la 3e année rapportent gros dans les années subséquentes », assure le président de la MTS.

Quel impact sur la DSFM?

Alain Laberge

« Pour l’instant, on voit [l'annonce du ministre Wishart] de bon oeil », déclare Alain Laberge, directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine.

Photo : Radio-Canada

La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) participe volontairement à l’initiative de limitation du nombre d’élèves depuis trois ans.

« On ne devrait pas voir d’impact dans la majorité de nos écoles », rapporte le directeur général de la DSFM, Alain Laberge. « Et on ne prévoit pas de mises à pied. Les enseignants et enseignantes peuvent dormir sur les deux oreilles. »

La taille des classes de nos écoles en milieu rural était déjà souvent en bas de 20 élèves, même dans les classes jumelées. Et dans les écoles de pleine capacité, […] on manquait déjà d’espace.

Alain Laberge, directeur général de la DSFM

L’annonce du ministre Wishart induit que la DSFM aura un peu plus d’argent cette année pour embaucher quelques enseignants de plus ou d’offrir de l’éducation spécialisée, indique M. Laberge, car l’enveloppe de la province ne sera pas appliquée directement à l’initiative de la taille des salles de classe.

Le directeur de la DSFM avoue toutefois ne pas savoir si le financement sera renouvelé au cours des prochaines années.

Manitoba

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