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Moins de futures policières à l'École nationale de police

Les aspirants policiers mieux formés pour faire face aux nouvelles réalités sociales Photo: Radio-Canada / Josée Ducharme
Radio-Canada

EXCLUSIF - De moins en moins de femmes choisissent de devenir policières au Québec. La proportion de femmes a diminué au point où elles ne représentent plus que 25 % des inscriptions à l'École nationale de police du Québec (ÉNPQ) le plus bas niveau en 20 ans.

Un texte d'Amélie Desmarais

Après avoir atteint presque la parité en 2002-2003 avec 44 % de femmes inscrites à l'école nationale de police du Québec, leur proportion a chuté de presque de moitié au cours de la dernière décennie.

L'ÉNPQ dit admettre un pourcentage de femmes qui correspond à la proportion de femmes qui soumettent leur candidature. Par exemple, si 25 % de l'ensemble de candidatures proviennent de femmes, elles représenteront 25 % des candidats admis.

 

« Ce qu'on voit c'est qu'on en admet moins, mais on a aussi moins de demandes d'admission de la part des filles qui ont terminé une technique policière », indique Annie Gendron, chercheuse à l'ÉNAQ qui peine à expliquer cette tendance.

« On sait que la conciliation travail-famille, ça fait partie des pistes d'explications qui ont été regardées et mentionnées par d'autres chercheurs qui ont mené des travaux sur la question », explique-t-elle.

Elle ajoute que l'actualité aussi peut influencer le choix de carrière de certaines jeunes femmes. « Quand on pense, par exemple, aux manifestations du printemps érable 2012, la confrontation entre policiers et citoyens est devenue très visible autant dans les médias que sur le terrain, dit-elle. Est-ce que ça, ça a pu contribuer à décourager les filles d'entreprendre des études qui mènent à la profession policière? Peut-être que oui. »

 

Les organisations doivent s'adapter

La directrice de l'Institut Femmes, Sociétés, Égalité et Équité, Hélène Lee-Gosselin, estime elle aussi que la perception du métier joue un rôle important quand vient le temps de faire un choix.

Elle ajoute que les horaires de travail des policiers peuvent aussi dissuader certaines femmes. « Les jeunes femmes y pensent à la fois parce qu'elles le veulent, mais à la fois parce que le milieu (la société) leur dit que pour être une femme compétente et une mère compétente, ça doit être l'une de leurs préoccupations importantes. »

Ainsi, si le milieu policier souhaite attirer davantage de femmes, Mme Lee-Gosselin croit qu'il doit se montrer ouvert et s'adapter à leurs besoins. Il doit aussi diffuser le message que les femmes sont les bienvenues au sein des corps policiers.

« En se faisant, bien sûr que ça augmente l'attractivité pour les femmes, mais on peut imaginer que ça augmente l'attractivité de tout citoyen et citoyenne qui s'engagent dans d'autres rôles importants comme prendre soin d'enfants ou de parents vieillissants et qui veut le faire en ayant une vie professionnelle intéressante, active. »

Mauricie et Centre du Québec

Forces de l'ordre