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À quoi ont droit les réfugiés sur le plan financier au Canada?

Des réfugiés
Des réfugiés Photo: iStock / Jorde Angjelovik

L'immigration fait partie intégrante de la stratégie de croissance économique du Canada. L'apport des immigrants à l'économie est essentiel, mais le gouvernement canadien les aide aussi financièrement.

Une explication de Gérald Fillion

Le Canada accueille en moyenne 250 000 immigrants par année. L'an passé, il en est arrivé davantage, notamment avec l'afflux de réfugiés syriens, soit environ 320 000.

Le Canada sélectionne ses immigrants, en grande partie sur la base de leur participation et intégration à l'économie et au marché du travail. D'autres types d'immigrants sont accueillis, notamment sous le programme de regroupement familial et des réfugiés.

Quoi qu’on pense des immigrants, leur importance dans l'économie canadienne est indéniable. C’est 21 % des Canadiens qui sont nés à l’étranger, dont 14 % au Québec. Ils sont souvent plus éduqués que la moyenne des personnes nées au pays et ils sont en âge de travailler.

Certains investissent au Canada. Ils ont tendance à être entrepreneurs, une source de création de richesse et d’emplois.

Cela dit, chez les réfugiés, l’arrivée au Canada est difficile. Chez les Syriens, la moitié ont eu le privilège de bénéficier d’un parrainage privé, un soutien humain, financier, logistique d’une grande valeur. L’autre moitié des 40 000 réfugiés syriens accueillis au Canada viennent ici sous le parrainage de l’État. Ces gens ont besoin d’aide pour s’installer, s’adapter, se trouver un emploi et trouver une vie chez nous.

Même chose pour les personnes qui passent illégalement la frontière ces jours-ci entre les États-Unis et le Québec ou le Manitoba. Ces gens doivent faire une demande d’asile. Si cette demande est acceptée, ils sont alors considérés comme réfugiés. Ils ont également besoin d’aide pour retomber sur leurs pieds après des semaines, des mois, parfois des années d’errance et de galère, fuyant la répression, la guerre, la mort.

Ces gens arrivent dans un pays riche. Le Canada fait partie des pays les mieux nantis de la planète. Le Canada a les moyens d’accueillir des réfugiés comme l’Allemagne, les États-Unis et la majorité des autres pays riches du G20.

Au-delà des perceptions, les faits

Cela dit, comme l'a révélé CROP dans son sondage sur l’immigration, la xénophobie et le populisme, un pays est capable d’accueillir des immigrants et des réfugiés dans la mesure où la population est prête à ouvrir ses portes. Il est clair que ce sondage démontre certaines réticences, mais de façon générale, les Canadiens sont accueillants.

C’est dans ce contexte que nous avons voulu, lundi soir, à RDI économie, répondre à une question toute simple et qui nous est régulièrement posée : à quoi ont droit les réfugiés lorsqu’ils arrivent au Canada?

Nous avons posé la question au Service d’aide aux Néo-Canadiens de Sherbrooke pour avoir des réponses. Voici ce qu’il faut savoir.

  • Un réfugié qui arrive au Canada entre le 15 octobre et le 15 avril aura droit à des vêtements d’hiver à son entrée au pays. C’est l’État qui fournit ces vêtements. Si le réfugié arrive après le 15 avril, il ne va pas recevoir de vêtements.
Ce qui est remis aux réfugiés qui arrivent l'hiverCe qui est remis aux réfugiés qui arrivent l'hiver Photo : Radio-Canada
  • Le réfugié qui arrive du 15 octobre au 15 avril a droit à un soutien financier ponctuel immédiat. Ainsi, ce réfugié touchera une somme de 560 $. Le montant est de 918 $ pour deux personnes. On ajoute ensuite 310 $ par enfant. Entre le 15 avril et le 15 octobre, le montant est de 771 $ pour une personne, étant donné qu’aucun vêtement n’est donné. Pour deux personnes, c’est 1340 $. On ajoute 523 $ par enfant.
Ce qui est remis aux réfugiés qui arrivent à la saison chaudeCe qui est remis aux réfugiés qui arrivent à la saison chaude Photo : Radio-Canada
  • Un réfugié reçoit les mêmes services et a les mêmes droits qu'un citoyen québécois ou canadien, notamment en ce qui a trait à l'aide sociale. Ainsi, le montant d’aide sociale sera de 640 $ par mois pour une personne, de 950 $ pour deux personnes. Le gouvernement fédéral verse une allocation de 450 $ (plus de 6 ans) à 530 $ par enfant (moins de 6 ans). Le Québec verse aussi une allocation familiale, en fonction de l’âge des enfants et du nombre d’enfants. Il faut souvent attendre de deux à trois mois avant de pouvoir toucher ces allocations.
  • Le crédit de TPS est disponible pour les réfugiés : 17,50 $ par mois par personne.
  • Les réfugiés sont logés à leur arrivée pour une semaine, un hébergement temporaire offert par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec. Ensuite, ils doivent se trouver un logement. Ils ont droit à une allocation de 80 $ par mois maximum de la part de Revenu Québec s’ils ont des enfants. Des meubles sont fournis (réfrigérateur, cuisinière, table, etc.) et quelques articles (draps, serviettes, vaisselles, etc.).
  • Le soutien financier pour les fournitures scolaires, disponible pour les bénéficiaires de l’aide sociale, est aussi disponible pour les réfugiés : 70 $ par élève du primaire et 124 $ par élève du secondaire.
  • Des cours de francisation sont offerts par l’État pendant huit mois. Certaines municipalités, comme la Ville de Sherbrooke, offrent des cartes d’autobus gratuites durant cette période. Des frais de garderie peuvent aussi être payés durant cette période.

« Je ne crois pas qu’on soit trop généreux », a déclaré Lucie Letendre, avocate et présidente du conseil d'administration du Service d'aide aux Néo-Canadiens à Sherbrooke à RDI économie lundi soir (Nouvelle fenêtre). « Je pense que nous sommes humains dans ce que nous faisons. Ces gens-là vivent une crise humanitaire. On est un pays riche, on est une société riche. »

Ils sont très reconnaissants de ce qu’ils reçoivent ici. Ils veulent participer à la vie économique québécoise et canadienne. Ils ne veulent pas rester sur le chômage, ils veulent travailler, ils veulent participer au succès des entreprises d’ici.

Lucie Letendre

Lucie Letendre affirme que les sommes à rembourser au gouvernement canadien pour ces familles s’élèvent souvent à plus de 10 000 $. « Ils doivent rembourser au gouvernement fédéral le prix de leurs billets d’avion, le prix des services de santé qu’ils ont reçus souvent dans les camps de réfugiés. Ils doivent rembourser également les frais administratifs que le gouvernement a supportés pour remplir tous leurs papiers », rappelle-t-elle.

Économie