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Quel est le coût d'une agression sexuelle?

Des manifestantes tiennent un chèque géant pour réclamer des indemnités aux gouvernements.
Manifestation à Toronto pour dénoncer le « coût » d'une agression sexuelle Photo: Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Affirmant qu'une agression sexuelle a un impact psychologique, mais aussi financier, des victimes se sont rassemblées mardi devant le palais de justice de Toronto pour attirer l'attention des gouvernements sur la question.

Pour illustrer leurs arguments, 150 victimes d’agression sexuelle vont envoyer des factures totalisant 7 millions de dollars aux premiers ministres Justin Trudeau et Kathleen Wynne.

Parmi ces plaignantes, Mandi Gray, une étudiante de l’Université York à Toronto qui a été violée en 2015.

Mme Gray affirme que l’agression et les procédures judiciaires l’ont forcée à retarder ses études de doctorat, en plus de lui avoir coûté des « milliers de dollars » en service d’aide psychologique. Elle avait aussi embauché un avocat.

On pense souvent au traumatisme, aux séquelles psychologiques, mais pas à la logistique.

Mandi Gray, victime de viol
Photo de Mandi Gray qui tient un porte-voix.Mandi Gray prend la parole à la manifestation. Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Selon un sondage non scientifique que Mme Gray a mené auprès d’autres victimes, les factures liées à une agression sexuelle atteignent en moyenne 44 000 $.

Appel

La sortie publique de Mme Gray survient alors que l’étudiant reconnu coupable en 2016 de l’avoir agressée sexuellement, Mustafa Ururyar, contestait en cour mardi sa condamnation et l’ordonnance de verser 8000 $ à sa victime pour ses frais d’avocat.

Mustafa Ururyar demande un nouveau procès, soutenant que le juge de première instance avait un parti pris contre lui et qu'il cherchait à utiliser la cause pour transmettre un message contre les violences sexuelles.

Son avocat a soutenu en cour mardi que le juge au procès avait fait des lectures sur les questions du viol et de la violence conjugale qui l'avaient fait pencher en faveur de la présumée victime et l'avaient empêché d'examiner les éléments de peuve avec objectivité.

La Couronne a rétorqué que la défense n'avait rien à redire au sujet du comportement du juge au moment du procès et qu'elle s'en était seulement inquiétée après la condamnation de son client.

Mandi Gray, qui a assisté à l'audience, a déclaré à l'extérieur de la cour que si Mustafa Ururyar obtenait un nouveau procès, elle n'y participerait probablement pas.

« Ça ne vaut pas la peine, a-t-elle dit. Je n'ai pas un autre deux ans de ma vie à consacrer à cela. Je n'ai pas la force de continuer. »

Frais d'avocat

De son côté, l'Association des avocats criminalistes appuie l'appel de l'ordonnance relativement aux frais d'avocat. Selon son président, Anthony Moustacalis, l'article du Code criminel qui a trait aux indemnités pour les victimes ne devrait pas être interprété de façon « élargie ».

Il souligne que les plaignantes dans des cas d'agression sexuelle n'ont pas besoin d'embaucher leur propre avocat, étant donné qu'elles sont représentées par la Couronne.

Toronto

Société