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« Le Bloc québécois, ce n'est pas un dinosaure, c'est un phénix » - Martine Ouellet

Martine Ouellet, à quelques heures de devenir la prochaine chef du Bloc québécois.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La députée provinciale de Vachon, Martine Ouellet, est désignée chef du Bloc québécois. Son élection a été confirmée à 16 h mardi après-midi, lorsqu'a pris fin la période de mise en candidature. Elle était seule en lice depuis le désistement annoncé du seul autre candidat déclaré dans cette course, Félix Pinel.

Constatant son élection pratiquement assurée, Mme Ouellet s'est présentée tout sourire devant les journalistes de l'Assemblée nationale, plus tôt dans la journée, pour affirmer sa volonté de devenir « la représentante de l'ensemble des indépendantistes » à la Chambre des communes.

L'ex-ministre des Ressources naturelles du gouvernement Marois a dit être « très heureuse » de ce dénouement, qui lui permet de rejoindre les rangs d'un parti « fort, plein d'énergie et d'enthousiasme », représenté par 10 députés « brillants, dynamiques et engagés »

« Ce parti-là rayonne par son audace, par sa volonté de faire des choses », a-t-elle ajouté, avant de déplorer ultérieurement qu'il soit « sous-estimé ». « Le Bloc québécois, ce n'est pas un dinosaure, c'est un phénix », a-t-elle soutenu, en référence à cet oiseau capable, selon la légende, de renaître de ses cendres.

Le Bloc, clé pour préparer la souveraineté

Martine Ouellet dit être d'avis que « la meilleure place pour préparer la souveraineté est à Ottawa », même si un éventuel référendum sur l'indépendance du Québec n'est pas prévu avant 2023 au plus tôt, puisque le chef du Parti québécois a écarté l'idée de tenir un tel exercice lors d'un premier mandat que ses troupes obtiendraient en 2018.

« L’échéancier est déterminé parce que c’est à travers le gouvernement du Québec que se réalisera l’indépendance, mais je crois que ce sera beaucoup à travers le Bloc qu’elle va se préparer », a insisté Mme Ouellet, après avoir assuré qu'elle travaillera à cette fin « en convergence avec ensemble des partis indépendantistes. »

Outre l'indépendance, Mme Ouellet a indiqué que le dossier de l'oléoduc Énergie Est sera sa priorité comme chef du Bloc québécois. Elle entend aussi se pencher sur le travail de l'Agence du revenu du Canada dans le dossier KPMG, les transferts fédéraux au Québec, particulièrement en santé, et la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) annoncée par l'administration Trump aux États-Unis.

La nouvelle chef du Bloc a aussi réitéré sa volonté de parvenir à un « plus grand rapprochement » avec le Parti québécois de M. Lisée. « On va regarder l'ensemble des formules. Il y a une grande ouverture de la part de Jean-François Lisée, qui m'a d'ailleurs félicitée ce matin. »

Lors de la course à la direction du Parti québécois cet automne, Mme Ouellet y était allée de sévères critiques à l'endroit de M. Lisée, particulièrement en raison de sa volonté d'écarter tout référendum dans un premier mandat.

À Ottawa un jour sur sept

Mme Ouellet a profité de sa conférence de presse pour redire qu'elle entend continuer de siéger comme députée indépendante de Vachon jusqu'à ce que les Québécois soient conviés aux urnes, en 2018.

Elle entend ensuite se présenter lors des prochaines élections fédérales, prévues en 2019. Elle n'a pas écarté la possibilité de se présenter à une élection partielle, mais ne s'y est pas engagée non plus.

Mme Ouellet a plaidé à de multiples reprises que son nouveau cumul de fonctions, abondamment critiqué dans la classe politique québécoise, ne constituera pas un problème, puisque sa situation n'est pas différente des autres chefs de parti, qui sont également députés.

Le fait qu'elle dirige un parti fédéral tout en étant députée provinciale ne change rien à cette situation, selon elle.

À ce sujet, Mme Ouellet a indiqué qu'elle serait probablement à Ottawa les lundis, à titre de chef du Bloc québécois, avant de revenir siéger à l'Assemblée nationale comme députée de Vachon les mardis, mercredis et jeudis, avant de retourner dans sa circonscription les vendredis, samedis et dimanches.

Elle compte cependant être à Ottawa mercredi prochain pour la présentation du budget du ministre des Finances, Bill Morneau.

 

Officiellement élue samedi

Au Bloc québécois, le directeur général Stevens Héroux a confirmé que le parti n'avait distribué que deux bulletins de candidature dans le cadre de cette course, confirmant du coup qu'aucune autre candidature surprise ne pourrait survenir au cours de la journée.

Mme Ouellet sera déclarée officiellement élue samedi après-midi, lors d'un rassemblement au Théâtre Plaza de Montréal. Elle deviendra la cinquième chef du parti, qui est né dans la foulée de l'effondrement du lac Meech.

Lors du dernier scrutin fédéral, le Bloc québécois a remporté 10 sièges à la Chambre des communes, un résultat bien supérieur aux quatre sièges qu'il avait remportés quatre ans plus tôt. Il est toutefois loin des résultats qu'il obtenait précédemment; avant son cuisant revers de 2011, le parti avait toujours raflé entre 38 et 54 sièges.

Pinel critique la direction du Bloc

La victoire de Mme Ouellet est devenue inévitable après que M. Pinel, candidat défait dans la circonscription montréalaise de Rivière-des-Mille-Îles lors des élections fédérales de 2015, eut annoncé lundi soir sur Facebook qu'il devait « malheureusement renoncer » à sa candidature, parce qu'il n'a pu remplir les conditions nécessaires, soit le dépôt de 1000 signatures nécessaires provenant d'au moins 25 circonscriptions différentes.

Il était le seul adversaire déclaré de Mme Ouellet dans cette course.

Félix Pinel, âgé de 39 ans, était candidat dans Rivière-des-Mille-Îles.

Félix Pinel, âgé de 39 ans, était candidat dans Rivière-des-Mille-Îles.

Photo : Photo tirée de Twitter

M. Pinel soutient que le parti et le président d'élection, Pierre Bouchard, « ont décidé d'empêcher qu'il y ait une véritable course plutôt que de s'ouvrir et faire le plein de nouveaux membres ».

Il leur reproche d'avoir mis en place des dispositions qui ont amputé de 30 jours la période pour faire signer les bulletins de mise en candidature par de nouveaux membres.

Cela est contraire à l’idée de rallier le plus de gens possible à la cause. Cela est venu compliquer les choses au point où un autre candidat présumé a renoncé à tenter le coup avant même d’essayer. Cela est proprement navrant.

Félix Pinel

L'ex-candidat déplore en outre que le clan de Martine Ouellet ait eu accès aux listes des membres en règle du parti, « y compris celle des nouveaux membres issus de [sa] propre campagne. »

Félix Pinel conclut néanmoins son message en écrivant qu'il est au Bloc québécois pour de bon. Il compte aussi se rallier à Martine Ouellet, qui « a une énorme tâche devant elle », écrit-il.

Interrogée à ce sujet, Mme Ouellet a soutenu que les règles de la course ont été décidées par le Conseil général du parti et que les candidats ont eu plus d'un an pour présenter leur candidature.

Elle a souligné le « courage » de M. Pinel et a dit souhaiter qu'il soit à nouveau candidat en 2019.

Avec les informations de La Presse canadienne

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