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Finie la boisson gazeuse gratuite en CHSLD

Centre d'hébergement Christ-Roi, à Québec

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les usagers des CHSLD de la région de Québec qui souhaitent accompagner leur repas d'une boisson gazeuse doivent payer leur « petit plaisir », tranche le CIUSSS de la Capitale-Nationale, la « liqueur » ne faisant pas partie de l'offre alimentaire de ses 30 établissements.

La direction a décidé de « régulariser la situation » après avoir constaté que neuf résidents du CHSLD du Christ-Roi recevaient chaque jour une boisson gazeuse gratuitement, alors que les usagers des autres établissements doivent la payer.

« L’alimentation, c’est le dernier plaisir que ces gens-là ont », plaide Michel Cantin, président du comité des usagers, dont la requête pour conserver la boisson gazeuse au menu du CHSLD Christ-Roi a été refusée.

La direction du CIUSSS parle d’une « question d’équité ». « Les habitudes de vie, ça appartient à l’usager. […] La personne qui fume, elle paie ses cigarettes », illustre Céline Allard, directrice du programme soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Les usagers doivent donc payer pour se procurer leur « gâterie » ou demander à un proche de la leur acheter.

Pour l’instant, les neuf résidents du Christ-Roi visés ont toujours accès à leur liqueur douce quotidienne. « On est en train de régulariser la chose pour travailler avec les familles des usagers pour voir comment on va répondre à leurs besoins », précise Céline Allard.

Un cas de « maltraitance »

À l’Assemblée nationale, les partis d’opposition dénoncent cette décision qui va à l’encontre de l’objectif du ministère de la Santé et des Services sociaux de « créer des mieux de milieux de vie » pour les aînés.

C’est un déni des besoins exprimés par les usagers dans nos CHSLD. On n’arrête pas de répéter qu’un usager peut avoir des plaisirs de la vie qui doivent se refléter dans son quotidien, dans ce qui est devenu sa résidence

François Paradis, député de la CAQ

Le député péquiste Harold Lebel va jusqu’à parler de « maltraitance organisationnelle ou institutionnelle ». Un concept qu’il veut d’ailleurs faire ajouter au projet de loi 115 visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés. Il présentera un amendement en ce sens mardi.

Les usagers pas consultés

Le CIUSSS a mis sur pied un comité composé de six personnes, dont un avocat éthicien et une nutritionniste, pour étudier la question. Son rapport a été déposé le 6 février. Mais le comité des usagers n’a pas été invité à la consultation.

« C’est simplement révélateur d’un style de gouvernance qui est aberrant. Nous, on a le mandat de faire des représentations pour améliorer les conditions de vie des résidents alors qu’il n’y a jamais moyen de rencontrer les personnes. On n’est plus consulté », déplore Michel Cantin.

Harold Lebel jette le blâme sur la réorganisation du réseau de santé : « C’est la formule du Dr Barrette qui centralise tout autour de lui les décisions. [...] Le ministre de la Santé a imposé une vision mécanique de la santé. »

Québec

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