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Épidémie de violence au travail dans les hôpitaux ontariens

Des infirmiers transportent une civière.

Le Conseil des syndicats d'hôpitaux de l'Ontario demande au ministère du Travail de veiller à la sécurité des infirmiers et du personnel de soutien.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Par le biais d’une lettre ouverte, le Conseil des syndicats d'hôpitaux de l’Ontario (OCHU) demande au ministre du Travail de l’Ontario Kevin Flynn de faire preuve de leadership et de protéger les professionnels de la santé victimes de violence.

Un texte de Natacha Lavigne

Les patients et les membres de familles semblent croire qu’ils peuvent attaquer le personnel de la santé sans conséquences graves. Malheureusement, c'est souvent le cas!

Michael Hurley, président du Conseil des syndicats des hôpitaux de l'Ontario

Le manque de services, les coupes dans le domaine de la santé et les urgences bondées sont quelques facteurs qui, selon le président du OCHU, font perdre patience à des patients et à leurs familles. Cela les inciterait donc parfois à s’en prendre aux infirmiers et personnel des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée de la province.

Résultat, des employés se retrouvent avec des os cassés, souffrent de graves lésions corporelles, de stress post-traumatique et de dommages psychologiques.

Le OCHU demande au ministre Kevin Flynn de:

  • veiller à ce que les hôpitaux et établissements de soins de longue durée aient suffisamment de personnel
  • adopter une politique de dénonciation pour les travailleurs qui signalent ou parlent d’agressions au travail
  • appuyer une modification au Code criminel visant la criminalisation des agressions à l’endroit de professionnels de la santé
  • veiller à ce que tous les actes de violence soient dûment signalés et fassent l'objet d'enquêtes
  • s’assurer que tous les lieux de travail mettent en place des mesures de prévention de la violence

« C’est un gros problème, parce que la violence auprès des femmes est en quelque sorte tolérée dans notre société. Les lieux de travail dominés par les femmes, dont le domaine de la santé fait partie, souffrent de ça », ajoute Michael Hurley.

Une infirmière de North Bay a failli mourir

Dianne Paulin, une infirmière auxiliaire de North Bay

Dianne Paulin s'est fait agresser par un de ses patients en 2011, à l'hôpital de North Bay.

Photo : Dianne Paulin

À 60 ans, Dianne Paulin cumule 25 ans d’expérience comme infirmière auxiliaire. En août 2011, un de ses patients du service psychiatrique l’a coincée contre la porte de sa chambre avec une chaise et l’a frappée au visage et aux épaules à de multiples reprises. En plus d'avoir des douleurs physiques, elle dit avoir depuis beaucoup de difficulté à fonctionner.

Elle montre du doigt le manque de soutien de ses superviseurs.

Mon employeur m’a dit de ne pas appeler les policiers. Personne ne m’a parlé après l’attaque [...] Vous vous blessez, le rapportez… vous finirez par vous retrouver sans emploi tôt ou tard. L’hôpital n’est pas de votre côté.

Dianne Paulin

« Les employés se font dire que cela fait partie de leur travail que de se faire frapper, pincer, agresser sexuellement, d'être victime de racisme… et si vous dénoncez la situation, vous serez punis », dénonce quant à lui le président du Conseil des syndicats d'hôpitaux de l’Ontario, Michael Hurley, ajoutant que le système de santé montre des failles et ne vient pas en aide aux travailleurs.

Le ministère du Travail répond

Par voie de communiqué, une porte-parole du ministère du Travail de l’Ontario dit prendre le problème au sérieux.

Janet Deline rappelle qu’un Comité de leadership pour la prévention de la violence dans le secteur des soins de santé a été mis sur pied en 2015.

En s'appuyant sur ses recommandations, le ministère est en train de « développer un plan pour rendre les hôpitaux plus sûrs, réduire les cas de violence au travail et changer les attitudes à l’égard de la violence au travail ».

Toronto

Santé