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Morts d'enfants au N.-B. : difficile de connaître les causes

Jacqueline Brewer

Jacqueline Brewer avait 28 mois lorsqu'elle est morte en décembre 1996.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il est impossible au Nouveau-Brunswick d'en savoir plus sur les causes de la mort d'enfants connus des services de protection de l'enfance. C'est ce qu'a démontré une enquête menée par la CBC.

Depuis vingt ans, un comité siège dans la province afin d'enquêter sur la mort d'enfants connus des services de protection. Le gouvernement a formé ce comité en 1997 après la mort de la petite Jacqueline Dawn Brewer de Saint-Jean à l'âge de 28 mois.

Depuis 1997, 136 dossiers de morts d'enfants ont été portés à l'attention du comité. De ce nombre, 78 enfants sont morts de causes naturelles, par exemple le cancer, indiquent les statistiques fournies par le bureau du coroner en chef. Au moins 53 enfants sont morts de causes « autres », selon le terme employé par le comité. Il peut s'agir de suicide, de négligence ou d'un accident de la route.

Le comité, formé notamment de médecins, de travailleurs sociaux et d'avocats, doit examiner en détail les causes des décès des enfants. Il doit ensuite dans un délai de 45 jours faire des recommandations afin de prévenir des morts similaires.

Or a constaté la CBC, les circonstances entourant la mort de ces enfants et les recommandations rattachées aux enquêtes sont restées confidentielles dans la grande majorité des cas. Les résultats de ces recommandations sont gardés secrets en vertu des lois sur la vie privée. Au Nouveau-Brunswick, la cause de la mort est considérée comme une information privée.

Il est donc difficile de savoir si les recommandations du comité donnent des résultats puisque personne n'est chargé de faire un suivi pour s'assurer qu'elles sont prises en compte.

Une information pertinente pour le public, dit l'opposition

CBC a demandé des entrevues avec le ministre de la Famille et de l'Enfance, Stephen Horsman, avec le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Denis Landry, ainsi qu'avec les membres du comité. Tous ont décliné l'invitation.

Des représentants de l'opposition ainsi que des défenseurs des droits des enfants demandent plus de transparence de la part du gouvernement.

Le chef du Parti vert, David Coon, ne comprend pas pourquoi les informations ne sont pas divulguées . « Je trouve scandaleux qu'on semble enterrer en même temps que ces enfants, toute l'information entourant leur mort et les recommandations du comité », a lancé M. Coon.

Plusieurs observateurs croient qu'en rendant publiques les causes de décès ainsi que les recommendations, plus de tragédies similaires pourraient être évitées.

Le défenseur des enfants et de la jeunesse, Norm Bossé, est l'une des rares personnes à avoir accès aux dossiers étudiés par le comité. Selon lui, l'information pourrait être rendue publique tout en protégeant l'identité de l'enfant. « Si une mort peut être prévenue, la société, les gens de cette province, ont le droit de savoir comment », a-t-il souligné.

Le cas de la petite Jacqueline Dawn Brewer

Jacqueline Dawn Brewer est morte en décembre 1996. L'enfant avait été trouvée inanimée dans sa couchette. Elle était morte depuis plusieurs heures. Le coroner avait déterminé que l'enfant était morte de déshydratation.

Les services de protection de l'enfance avaient reçu 16 signalements pour négligence dans le cas de la petite Jacqueline Brewer. À 28 mois, l'enfant n'avait jamais appris à parler, ni à marcher.

L'affaire avait soulevé énormément de colère dans le public.

Avec les informations de CBC

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