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Plus de places en garderie, mais toujours pas assez d’éducateurs

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Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que le manque de place en garderie demeure un enjeu de taille pour bien des parents, l'embauche et la rétention d'éducateurs qualifiés en jeune enfance constituent aussi un défi pour les gestionnaires de garderie.

Un texte de Catherine Logan

Le gouvernement provincial a annoncé, jeudi, un investissement de 6,2 millions de dollars pour subventionner 739 nouvelles places dans 15 garderies afin de réduire la liste de 14 000 enfants en attente d’une place.

Mais selon Pat Wedge, de l'Association des services à l'enfance du Manitoba, « il existe une pénurie d’éducateurs de jeunes enfants à travers la province ». Même avant la création des nouvelles places, 25 postes d’éducateur restaient à pourvoir afin de maximiser celles déjà disponibles, souligne la directrice générale.

Des défis de taille

« Pour les garderies francophones, le défi de trouver des diplômés qualifiés est encore plus grand, parce qu’ils doivent aussi parler français », note Marie Rosset, directrice de la garderie Le p’tit bonheur, situé dans le quartier Saint-Boniface de Winnipeg.

L’établissement de Mme Rosset cherche deux éducateurs qualifiés depuis huit mois déjà. La directrice explique que faute d'avoir pu embaucher du personnel qualifié, la garderie n'est pas en mesure d'ajouter huit nouvelles places pour poupons là où elle serait prête à les accueillir.

Leur âge et leurs besoins exigent un personnel formé. Ce n'est pas n'importe qui qui peut travailler avec les bébés.

Marie Rosset, directrice de la garderie Le p’tit bonheur

Marie Rosset affirme que la liste d’attente de la garderie compte plus de 100 bébés qui attendent qu'une place se libère. « Il n’y a tout simplement pas assez de diplômés dans le domaine », déplore-t-elle.

Une piètre valorisation

Toutefois, la professeure en éducation de la jeune enfance à l’Université de Saint-Boniface (USB) Dominique Arbez assure que la pénurie s’explique par plusieurs facteurs, pas uniquement en fonction du recrutement universitaire.

Même si l’USB parvient à former une moyenne de 15 diplômés tous les deux ans, « le problème est rattaché au domaine lui-même », indique-t-elle.

On n’a pas assez valorisé le domaine ni les éducateurs et éducatrices en jeune enfance, que ce soit au niveau du salaire ou au niveau des conditions de travail, et aussi, au niveau de la perception publique.

Dominique Arbez, professeure en éducation de la jeune enfance à l'Université de Saint-Boniface

Mme Arbez soulève qu’après deux ans de formation, le salaire pour un éducateur en jeune enfance débutant est de 15 à 17 $ de l’heure. En plus, les conditions de travail sont exigeantes, rendant la fidélisation et la rétention du personnel plus difficiles.

« Ça me brise le coeur parfois, mais ça m’arrive de croiser mes diplômés – de très forts diplômés – qui ont quitté le domaine pour trouver un emploi plus payant et moins stressant. C’est triste », confie la professeure.

Dominique Arbez souligne que l’investissement dans les 15 garderies annoncé jeudi avait déjà été prévu par l’ancien gouvernement néo-démocrate, et que le domaine doit toujours attendre pour voir quelle sera l’attitude du nouveau gouvernement progressiste-conservateur face aux enjeux de la jeune enfance.

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