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Plus de poursuites pour insalubrité alimentaire, à cause d'un système plus efficace

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Une mouche sur une fourchette sale

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Ville de Montréal a déposé 645 poursuites pour insalubrité en 2016 contre des restaurants, épiceries et autres commerces alimentaires, soit 47 % de plus qu'en 2015. La Ville a également ordonné 145 fermetures temporaires d'établissement, une hausse de 28 % par rapport à 2015.

Un reportage de Benoît Chapdelaine

La hausse des poursuites et des fermetures de commerces alimentaires n'indique pas qu'ils sont plus insalubres, mais plutôt que les dossiers sont traités plus efficacement, selon la Ville. Les inspecteurs peuvent, par exemple, remettre sur-le-champ des constats d'infraction dans le but d'accélérer le traitement à la Cour municipale et se concentrer sur les établissements plus problématiques.

« Ce n’est pas nécessairement qu'on prend plus de poursuites, mais on les dépose plus rapidement. Vu qu'on avait un retard dans le délai des dépositions, ça a augmenté d'un coup », explique la chef de division de l'Inspection des aliments à la Ville de Montréal, Myrta Mantzavrakos.

Environ 2 % des établissements sont considérés comme étant dans un état critique ou chronique, selon les critères de la Ville. Ce sont ceux qui font parfois l'objet d’une fermeture immédiate.

« Ce sont des situations très graves : infestation de vermine, rats, coquerelles, souris, malpropreté généralisée, aucun appareil qui fonctionne comme il faut », illustre Mme Mantzavrakos.

Environ 2000 plaintes

La Ville a reçu l'an dernier 1999 plaintes et 648 signalements reliés aux établissements alimentaires, en hausse de 14 % par rapport à 2015.

L'Association des restaurateurs du Québec suggère un moyen de sévir davantage contre les propriétaires qui nuisent à l'ensemble des restaurateurs.

« On devrait avoir un système pollueur-payeur. Ce n’est pas normal d'être visité 10 fois par année, pour avoir le même prix de permis que d'être visité tous les trois ans parce qu'on respecte les dispositions du règlement », affirme le vice-président de l’Association, François Meunier.

Aliments plus risqués

Plus de 3400 échantillons ont été prélevés par les inspecteurs en 2016.

Voici les cinq types d’aliments pour lesquels il y avait le plus de résultats non conformes :

  • Charcuteries
  • Hummus
  • Tartare de viandes ou poissons
  • Poulet cuit
  • Aliments des établissements chroniques

Des quartiers plus problématiques

« On a des quartiers où on a plus de défis, parfois à cause des barrières de langue, de la difficulté à faire véhiculer des messages », précise Myrta Mantzavrakos, en mentionnant Parc-Extension, Saint-Laurent, Notre-Dame-de-Grâce-Côte-des-Neiges, le quartier chinois et Verdun. « Mais, dans ces quartiers, on a aussi d'excellents restaurants, impeccables. »

La responsable de l'escouade de 31 inspecteurs de la Ville constate, par exemple, que des gens fraîchement arrivés au Québec se lancent dans le commerce alimentaire sans avoir les connaissances requises.

« J'ai croisé une personne d'origine chinoise qui est chimiste, qui achète un dépanneur, qui n'est pas du domaine alimentaire, qui ne connaît pas les lois et règlements du Québec, qui, en plus, a du mal à comprendre le français et l'anglais... C'est sûr que ça pose un défi supplémentaire pour ces gens », dit la responsable de l’Inspection des aliments.

Si ce n'est pas propre dans la salle à manger...

Avec 15 ans d'expérience dans l'inspection, Myrta Mantzavrakos donne ces deux indices aux consommateurs qui s'interrogent sur la salubrité d'un restaurant :

1) « Si ce n'est pas propre dans l'entrée ou la salle à manger, il y a de bonnes chances que ce le soit encore moins dans la cuisine. Souvent, le restaurateur va quand même faire attention où le client est assis. »

2) « Quand l'assiette arrive et que les aliments ne sont pas à la bonne température, que ce n'est pas assez chaud. »

Avec plus de 13 000 inspections en 2016, il y a de fortes chances que l'établissement que vous choisissez ait été visité par la Ville. « Ayez confiance, si les établissements sont ouverts, c'est qu'ils sont sécuritaires pour les citoyens de Montréal », conclut Mme Mantzavrakos.

Les 15 établissements les plus condamnés en 2016

  1. Cristal Chinois, boulevard Saint-Laurent (10 condamnations)
  2. Buffet La Stanza, rue Jean-Talon Est (7)
  3. Klondike, rue Sainte-Anne (6)
  4. Les aliments Kim Phat, rue Goyer (5)
  5. Restaurant Ethan, rue de la Gauchetière Ouest (5)
  6. Pâtisserie Jong Ro, avenue Harley (5)
  7. Super marché Tropic, avenue André-Ampère (5)
  8. Saint-Jean Bagel, boulevard Saint-Jean (5)
  9. Traiteur Oineg, rue Saint-Viateur Ouest (4)
  10. Wok Café, rue Sainte-Catherine Ouest (4)
  11. Supermarché international Darlington, avenue de Darlington (4)
  12. Restaurant Le BBQ doré, rue Jean-Talon Est (4)
  13. Marché Lumy, avenue Ogilvy (4)
  14. Restaurant Beijing inc., rue de la Gauchetière Ouest (4)
  15. Chez Khady, boulevard Décarie (4)

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