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Des préjugés tenaces face à la communauté musulmane, selon un sondage

De jeunes femmes tenant des chandelles se recueillent

Une veillée à la chandelle à la mémoire des victimes de Québec

Photo : Radio-Canada / Sébastien St-François

Radio-Canada

À la suite de la fusillade au Centre culturel islamique de Québec, la plupart des Québécois et Canadiens ont dit avoir ressenti une plus grande compassion à l'endroit de la communauté musulmane. Or, malgré cette ouverture, les préjugés face aux musulmans semblent encore bien présents dans la population, révèle un sondage CROP réalisé pour le compte de Radio-Canada.

Un texte de Cathy Senay

Selon la portion du sondage web portant sur les sentiments vécus à la suite de l'attentat, plus 80 % des Québécois et Canadiens sondés reconnaissent avoir ressenti davantage de compassion et d’empathie pour la communauté musulmane.

Toutefois, les répondants sont partagés sur les possibles conséquences de la fusillade. Un répondant sur deux affirme qu’il ne serait pas ébranlé si de tels événements décourageaient les musulmans de venir s’installer ici.

 

« La réponse est malheureuse, j’en conviens. Ce que ça dit, c’est que le Québec serait peut-être moins menacé s’il y en avait moins qui venaient », analyse le président de la firme CROP et spécialiste en sondage, Alain Giguère.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé en deux temps. Une première tranche de citoyens a répondu aux questions du 27 au 30 janvier. En raison de l’attentat à la grande mosquée de Québec, le sondage a été interrompu deux semaines pour reprendre du 14 au 20 février. Au total, ce sont 2513 personnes qui ont été sondées au Canada, dont 1024 au Québec.

Par ailleurs, 67 % des Québécois et 61 % des Canadiens sondés estiment que les accommodements religieux demandés par les musulmans démontrent qu’ils ne veulent pas vraiment s’intégrer et que la colère à leur égard est justifiée.

 

Alain Giguère perçoit à travers les résultats le choc des cultures.

« Une proportion importante des Québécois associent à la religion musulmane, aux musulmans et leurs rites à une menace », dit le spécialiste en sondage.

D’après le sondage CROP, plus de la moitié des Québécois demeurent réticents face aux projets de construction de mosquée dans leur quartier, bien que cette opposition ait diminué après l’attentat à Québec.

 

Selon Alain Giguère, ce sondage confirme que la société québécoise est toujours divisée face à la communauté musulmane.

« Je ne sais pas quel genre d’initiative sociale on pourrait mettre en place afin d’accroître l’explication du public pour qu’il voit davantage l’être humain derrière le symbole quand il regarde un musulman. Enfin, on n’est pas partis pour ça à court terme », dit le président de la firme CROP.

Dans tout ça « il y a un humanisme malgré tout », souligne M. Giguère qui évoque le résultat du sondage selon lequel la plupart des Québécois et des autres Canadiens disent avoir un jugement plus nuancé sur les différences religieuses et ressentir davantage de compassion à l’endroit de la communauté musulmane après la fusillade du 29 janvier.

 

Dans la foulée de l’attentat, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé « qu’il y aurait un avant et un après ».

Alain Giguère espère que c’est toujours vrai pour les politiciens. Mais pour « Monsieur et Madame tout le monde », la réalité est différente, car selon lui, les mêmes défis et tracas demeurent.

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