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Un projet loi pour interdire le port obligatoire des talons hauts

Jeunes info Manitoba : Le code vestimentaire au travail

Jeunes info Manitoba : Le code vestimentaire au travail

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un député du Parti vert de la Colombie-Britannique s'insurge que des femmes soient toujours forcées, en 2017, à porter des talons hauts contre leur gré. Le projet de loi d'Andrew Weaver interdirait aux employeurs d'exiger un code vestimentaire en lien avec le genre de leurs employés.

Un texte de Geneviève Milord

Le député soutient que son initiative a pris naissance après qu'il eut entendu des femmes de l'industrie de la restauration se plaindre d'avoir à porter des talons hauts pendant des quarts de travail de huit ou neuf heures pour satisfaire aux exigences de leur employeur. « C'est dangereux de porter ce genre de souliers sur des surfaces graisseuses dans les cuisines et les talons hauts peuvent occasionner des problèmes de santé, des maux de dos », dit-il.

Un propriétaire de restaurant pourrait demander à ses employés de porter des talons hauts, mais selon mon projet de loi, cette demande devrait s'appliquer autant aux hommes qu'aux femmes.

Andrew Weaver, député du Parti vert de la Colombie-Britannique
Une serveuse dans un bar qui porte une jupe courte.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une serveuse dans un bar qui porte une jupe courte.

Photo : CBC/Marketplace


« J'ai reçu un grand nombre de réactions à la suite du dépôt de mon projet de loi de la part de citoyens qui ne se doutaient pas que ce genre de pratique existait encore », raconte-t-il.

Même débat ailleurs

Son projet de loi fait écho à un débat semblable tenu au Parlement britannique après qu'une réceptionniste congédiée a lancé une pétition en ligne contre les codes vestimentaires sexistes imposés par des entreprises. « Il y a une raison pour laquelle cette pétition a rallié 150 000 signataires; ces exigences sont d'une autre époque », s'insurge Andrew Weaver.

Selon le rapport des députés britanniques, les secteurs qui imposent le plus de tenues sexistes sont le commerce de détail, l'hôtellerie, les bars, les restaurants, le tourisme et les compagnies aériennes. Le projet de loi d'Andrew Weaver vise spécifiquement le domaine de la restauration, source selon lui du problème en Colombie-Britannique.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Une réceptionniste en guerre contre les codes vestimentaires sexistes. Le reportage de Sophie Langlois

L'industrie dit évoluer « doucement »

Le président de l'association des restaurateurs de la Colombie-Britannique, Ian Tostenson, reconnaît qu'il est « cruel » de forcer une femme à porter des talons hauts pendant huit heures et il assure qu'une majorité d'institutions de la province ont revu leurs exigences en matière de tenue au travail. Encadrer le code vestimentaire avec une loi n'est pas son premier choix, car il croit que les employés lésés ont déjà des recours comme la Commission des droits de la personne.

L'industrie a changé de cap il y a quatre ans, selon lui, alors que de nombreuses plaintes ont fait surface et suscité beaucoup de bruit dans les médias à l'échelle nationale.

On grandit, on apprend et ça va prendre du temps avant que l'industrie se débarrasse entièrement de ses anciennes pratiques -Ian Tostenson, président de l'association des restaurateurs de la Colombie-Britannique.

Ian Tostenson, président, association des restaurateurs de la C.-B.

Une société encore trop sexiste

La chercheuse Kaitlyn Matulewicz du département de Droit de l'université de Victoria a interviewé des travailleuses de l'industrie de la restauration de la province pour sa thèse de doctorat. Elle conclut que le sexisme fait toujours rage dans les restaurants de la Colombie-Britannique.

Certains employeurs demandent aux femmes de s'habiller comme si elles allaient à un rendez-vous galant, de porter des talons d'un pouce minimum, jupe courte et chandail plongeant pour maximiser les pourboires.

Kaitlyn Matulewicz, chercheuse doctorante, Uvic

Elle croit que cette culture sexiste va toutefois au-delà des frontières des restaurants, et qu'elle est le reflet de la société actuelle.

La chercheuse, qui est aussi l'instigatrice du mouvement citoyen Retail Action Network, applaudit l'idée d'une loi pour mettre la hache dans ces « exigences dégradantes » pour les femmes et met en lumière une autre décision du gouvernement provincial qui nourrit en partie, selon elle, cette culture sexiste.

« La décision de Victoria, en 2011, d'abaisser le salaire des serveurs et serveuses à 1,25$ l'heure de moins que le salaire minimum de base a rendu les travailleurs de la restauration encore plus vulnérables et à la merci des pourboires », dit-elle. Elle ajoute que les femmes lui ont confirmé le lien direct, dans plusieurs cas, entre le montant des pourboires et leur habillement.

 

Qu'en pense Victoria?

Le député du Parti vert espère que le gouvernement transformera son idée en réglementation qui pourrait alors être implantée plus rapidement qu'une loi. Le ministère de l'Emploi répond que la province a déjà une loi très claire qui stipule que « tous les employeurs ont l'obligation d'offrir un milieu de travail sain et sécuritaire sans la présence de discrimination ni de harcèlement.

Le ministère dit avoir demandé à WorksafeBC d'accroître ses programmes d'éducation à travers les services de go2HR.

Article de Kaitlyn Matulewicz (en anglais) Law and the Construction of Institutionalized Sexual Harassment in Restaurants (Nouvelle fenêtre), publié dans la Revue Canadienne Droit et Société.

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