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La Cour sud-coréenne entérine la destitution de la présidente Park

Park Geun-Hye

Photo : Getty Images / South Korean Presidential Blue House

Radio-Canada

Emportée par un scandale politique, la présidente déchue de la Corée du Sud, Park Geun-hye, a été destituée par la Cour constitutionnelle après des mois de tourmente politique.

Mme Park devient ainsi la première élue destituée depuis l’instauration de la démocratie en Corée du Sud à la fin des années 1980. Son mandat devait se terminer en 2018.

Le verdict historique et unanime du comité de huit juges prive Mme Park de tous ses privilèges, notamment l’immunité qui la protège de poursuites pénales. Elle doit ainsi quitter la Maison-Bleue, résidence officielle de la présidence coréenne, où elle vit recluse depuis des mois.

Le juge Lee Jung-mi a expliqué la décision du tribunal par le fait que la politicienne de 65 ans a violé la Constitution et la loi « pendant tout son mandat » et cherché à dissimuler ses agissements malgré les demandes d'explication de la presse et de la rue.

Accusée de corruption, la présidente, qui est la fille de l'ancien dictateur Park Chung-hee, a été emportée par un scandale impliquant Choi Soon-sil, une amie de longue date qui est aussi la fille d'un dirigeant d'un culte religieux. Cette dernière est accusée d'avoir incité des entreprises à verser l'équivalent de 95 millions de dollars à deux fondations qu'elle dirigeait.

La presse sud-coréenne rapportait également que la femme de 60 ans se mêlait des affaires gouvernementales en coulisses.

La présidente déchue ne s'est pas présentée devant la Cour vendredi. Elle conteste les faits qui lui sont reprochés, mais reconnaît avoir accordé une trop grande confiance à Choi Soon-sil.

Le scandale, qui illustre les liens nébuleux entre le pouvoir et l’élite commerciale du pays, a amplifié le ressentiment nourri par la population contre la classe politique établie. Des millions de Coréens étaient descendus au cours des derniers mois dans la rue pour réclamer le départ de Mme Park, que le Parlement avait destituée en décembre dernier. Des manifestations monstres ont eu lieu tous les samedis à Séoul pendant six semaines.

Un rassemblement avant la lecture du verdict s'est d'ailleurs soldé par des heurts avec la police. Deux manifestants ont péri.

La Cour et le président par intérim, Hwang Kyo-ahn, ont appelé les Coréens à s'unir et à aller de l'avant. Une élection présidentielle doit se tenir dans les 60 jours.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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