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Regards de jeunes femmes engagées sur le féminisme

Quatre jeunes femmes se prononcent sur le féminisme
Radio-Canada

Plusieurs s'entendent pour dire que les luttes pour les droits des femmes sont loin d'être les mêmes aujourd'hui que dans les années 60. Quel regard portent les jeunes femmes engagées sur le féminisme et quelles sont les luttes qui, d'après elles, restent à faire? Rencontre avec Ramaëlle Duquette, Marianne Viau, Stéphanie Beaudoin et Pascale Parent, quatre femmes touchées par les droits des femmes.

Un texte de Laurence Gallant

À Rimouski, la prise de parole est devenue chose courante pour plusieurs jeunes femmes, que ce soit pour revendiquer une cause politique ou pour éveiller leur fibre poétique. Il s’agit également, pour certaines, de dénoncer les injustices et d’engager un dialogue.

Pour Ramaëlle Duquette, membre du Comité élargi 8 mars, chaque jour devrait être une Journée internationale des droits des femmes, et donc une occasion pour parler de la cause. Elle considère que les femmes doivent demeurer très vigilantes, car leurs acquis peuvent être fragilisés.

Lysane Picker-Paquin au Cabaret féministe du 8 mars dernier à RimouskiLysane Picker-Paquin au Cabaret féministe du 8 mars dernier à Rimouski Photo : Radio-Canada

« Être féministe dans les années 60, être féministe aujourd’hui, c’est différent, parce qu’il y a des choses qu’on a réussi à acquérir au cours des années. Oui, on a le droit de vote, oui, on a le droit à l’avortement, […] mais ce n’est pas nécessairement des acquis, on les remet souvent en question », indique Ramaëlle Duquette.

Elle donne l’exemple des mesures d’austérité, qui ont des répercussions, selon elle, particulièrement sur la vie des femmes.

Même dans le milieu militant, indique l’étudiante Marianne Viau, les comportements antiféministes existent. Elle a constaté que parce qu’elle participait à des débats, prenait la parole ou haussait le ton, on la qualifiait parfois d’hystérique. « Ce qui est vraiment venu me chercher », raconte-t-elle.

Marianne Viau, militante écologiste et féministeMarianne Viau, militante écologiste et féministe Photo : Radio-Canada

« Si dans le monde du militantisme, il y a encore des difficultés d’égalité, je n’imagine pas dans le monde en général. Donc je me suis dit que c’est plus que nécessaire qu’on en parle plus. »

Même si j’ai une voix aiguë, même si je mesure 5"2, j’ai le droit de montrer ma position et de vivre des émotions qu’on qualifie de masculines. Les émotions, les caractères, c’est non genré. […] On peut être ce qu’on veut dans la vie.

Marianne Viau, étudiante et militante

Le féminisme, un terme à géométrie variable

Le féminisme porte plusieurs définitions et traîne également plusieurs connotations négatives.

Je pense que le mot féminisme, c’est un terme qui fait peur.

Ramaëlle Duquette, membre du Comité élargi 8 mars
Pascale Parent agit comme intervenante auprès des victimes d'agressions sexuellesPascale Parent agit comme intervenante auprès des victimes d'agressions sexuelles Photo : Radio-Canada

Mais pour les jeunes femmes rencontrées, le féminisme s’inscrit dans un mouvement d’égalité entre les hommes et les femmes, pour tous et toutes.

Pascale Parent, intervenante auprès des victimes d’agressions sexuelles pour le CALACS de Rimouski, croit que le féminisme a pour but de parler d’injustice, de dénoncer une réalité qu’on ne verrait pas autrement. Un combat qu’elle avoue trouver parfois essoufflant.

L’idée de la femme frustrée, violente, pour moi, ce n’est pas ça le féminisme. Le féminisme, c’est de vouloir l’égalité, c’est de travailler avec les hommes pour atteindre cette égalité.

Pascale Parent, intervenante au CALACS de Rimouski

L’artiste Stéphanie Beaudoin observe quant à elle qu’il s’agit surtout d’expliquer la différence entre le sexisme d’un comportement individuel, et un antiféminisme qui serait systémique « qui existe encore au niveau des structures dans lesquelles on n’a pas le choix d’évoluer, des structures de travail, des structures gouvernementales, des structures économiques ».

Stéphanie Beaudoin, artiste multidisciplinaireStéphanie Beaudoin, artiste multidisciplinaire Photo : Radio-Canada

C’est vraiment faire la différence pour qu’on comprenne que ce n’est pas nécessairement des individus méchants, mais il y a comme un appareil gigantesque qui nous comprime encore.

Stéphanie Beaudoin, artiste multidisciplinaire

Pour ces quatre jeunes femmes, bien que les définitions du féminisme et les façons de l’appliquer sont multiples, la lutte pour l’égalité des chances reste à faire, autant au Québec qu’ailleurs.

Bas-Saint-Laurent

Égalité des sexes