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La pilule abortive disponible au Manitoba

Le médicament d'avortement précoce Mifegymiso est maintenant disponible au Manitoba,  mais le traitement de 350 $ n’est couvert par aucun régime d’assurance-médicament ou Pharmacare.

Le médicament d'avortement précoce Mifegymiso est maintenant disponible au Manitoba, mais le traitement de 350 $ n’est couvert par aucun régime d’assurance-médicament ou Pharmacare.

Photo : Associated Press / Charlie Neibergall

Radio-Canada

La pilule abortive Mifegymiso est maintenant disponible sur ordonnance à l'Hôpital pour femmes du Centre des sciences de la santé (CSS) de Winnipeg alors qu'au Québec, les femmes n'y ont toujours pas accès.

Un porte-parole de l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW) a confirmé à CBC qu'un praticien de consultation externe du CSS est en mesure d’administrer le traitement, mais que pour l’instant les patientes doivent payer de leur poche environ 350 $ pour les pilules.

« À l’heure actuelle, les professionnels de la santé sont en train d'être formés pour la gestion appropriée lorsque le médicament sera plus largement accessible, a déclaré un porte-parole de l'ORSW dans un courriel. Les patientes qui demandent une ordonnance recevront des conseils et seront examinées selon leur éligibilité médicale. »

Selon ORSW, un praticien à l'hôpital des femmes du Centre des sciences de la santé de Winnipeg sera en mesure d'administrer le Mifegymiso.

Selon ORSW, un praticien à l'hôpital des femmes du Centre des sciences de la santé de Winnipeg sera en mesure d'administrer le Mifegymiso.

Photo : CBC

Santé Canada a approuvé le médicament d’avortement précoce Mifegymiso en 2015, mais selon l’ORSW, le traitement n'est actuellement couvert par aucun régime d'assurance-médicaments.

France Désilets, directrice de la clinique Morgentaler à Montréal, confirme que la pilule abortive n’est pas encore disponible au Québec parce que les instances gouvernementales de la province n’ont pas encore décidé si l’avortement médicamenteux sera gratuit.

« Au Québec, c'est compliqué. Un jugement de la Cour supérieure de 2006 a statué que l’avortement doit être accessible gratuitement, explique Mme Désilets. Mais, il n’y a pas « d’urgence » puisque, au Québec, l’avortement est accessible dans toutes les régions. La province de Québec offre le meilleur réseau au pays. »

Les femmes qui utilisent le traitement Mifegymiso reçoivent quatre pilules à prendre à la maison pendant une période de 48 heures. La pilule abortive combine la mifépristone pour bloquer la progestérone, et le misoprostol, qui induit une fausse couche.

Le traitement est uniquement disponible pour interrompre une grossesse 49 jours après la conception.

L'Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé (ACMTS) étudie le dossier et fera une recommandation non contraignante aux provinces canadiennes indiquant si elles devraient rembourser le coût des médicaments aux patientes.

Le gouvernement du Manitoba ne paie pas

Au Manitoba, Rochelle Squires, la ministre responsable de la Condition féminine, a déclaré qu'elle ne pouvait s'engager à financer le médicament Mifegymiso dans le cadre du programme Pharmacare de la province avant que l'étude de l’ACMTS soit terminée.

Nahanni Fontaine, députée néo-démocrate et critique en matière de condition féminine, veut que le gouvernement du Manitoba s'engage au financement et à la distribution efficace du Mifegymiso.

Nahanni Fontaine, députée néo-démocrate et critique en matière de condition féminine, veut que le gouvernement du Manitoba s'engage au financement et à la distribution efficace du Mifegymiso.

Photo : NPD Manitoba

L’opposition néo-démocrate a demandé au Parti conservateur du Manitoba d'immédiatement mettre en œuvre et financer un plan afin de pouvoir distribuer le médicament à l'échelle de la province dès que l’ACMTS aura complété son processus d’évaluation.

« Si j'étais ministre de la Santé, si j'étais ministre de la Condition féminine ou si j'étais le premier ministre de cette province, je ferais tout ce que je peux pour mettre en place un système pour que les femmes aient un contrôle total sur leur santé génésique. Cela comprend l'accès à la pilule abortive », a déclaré la députée néo-démocrate Nahanni Fontaine, critique en matière de condition féminine.

Ils doivent travailler sur un plan de distribution et ils doivent s'assurer que les médecins du Manitoba s'inscrivent à la formation.

Nahanni Fontaine, députée NPD au Manitoba

Selon les règles de Santé Canada, avant de prescrire le Mifegymiso, les médecins sont tenus de suivre une formation en ligne et ils doivent eux-mêmes fournir le médicament, plutôt qu’un pharmacien.

Le Mifegymiso est accessible en France depuis plus de 25 ans. Il est approuvé dans plus de 60 pays, dont les États-Unis.

Le distributeur canadien du médicament, Celopharma Inc. demande à Santé Canada la révision du règlement qui ne permet son utilisation qu'à moins de sept semaines de grossesse. Il demande de prolonger ce délai à neuf semaines comme dans d’autres pays.

Celopharma Inc. n'a pas répondu à la demande de commentaire de CBC. Sa directrice générale, Paula Tenenbaum, a déclaré au Toronto Star avoir expédié le médicament d'avortement précoce Mifegymiso au Manitoba, en Alberta, en Colombie-Britannique, au Yukon, en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

Manitoba

Santé