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Il y a dix ans, la Caisse populaire de Shippagan est rentrée au bercail

Il y a dix ans, le mouton noir du mouvement coopératif en Acadie rentrait au bercail. Pendant 26 ans, la Caisse populaire de Shippagan a préféré faire partie du mouvement des Credit unions anglophones après avoir quitté la Fédération des caisses populaires acadiennes. Mais ce que tout le monde ignorait, c'est à quel point la caisse de Shippagan a été mal gérée pendant toutes ces années. Le reportage de Michel Nogue.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il y a maintenant dix ans que la Caisse populaire de Shippagan s'est réintégrée à la Fédération des caisses populaires acadiennes, après avoir passé 26 ans au sein de l'organisation des Credit Unions.

Il aura fallu qu’elle soit littéralement au bord du gouffre financier, en mars 2007, pour qu'elle rentre au bercail. Ses membres ont alors appris l'ampleur du désastre financier. L'établissement était déjà sous la tutelle de l'Office de stabilisation des Credit Unions. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a dû verser 41 millions de dollars à la Caisse de Shippagan pour éviter une faillite qui aurait ébranlé tout le secteur des caisses populaires.

« Ce qui est évident aujourd'hui, c'est que la Caisse populaire est sortie du marché traditionnel d'une caisse populaire et elle a poursuivi une stratégie de faire un portefeuille de prêts à un taux élevé, mais à risque élevé », explique Robert Charbonneau, ancien PDG de la Caisse populaire de Shippagan.

À la fin des années 70, la Caisse populaire de Shippagan se sentait à l'étroit dans la Fédération des caisses populaires acadiennes. À une époque, il s'agissait de la plus grande caisse populaire à l'extérieur du Québec. Son directeur général, Bélonie Mallet, était alors perçu comme un visionnaire, un peu comme un coopérateur avec une âme de capitaliste.

La réussite de la Caisse populaire de Shippagan reposait en fait sur un château de cartes. En 2003, une première faille apparaît lorsque des acheteurs de voitures usagées dénoncent l'octroi de prêts à des taux d'intérêt de 29 %.

Au fur et à mesure que l'étau se resserrait, la Caisse a continué de résister à toute tentative de l'Office de stabilisation de lui imposer des contraintes.

« En 2004, la Credit Union Central a quand même remis en question le comportement des dirigeants et leur a dit: “Bien, regardez, vous ne respectez pas ce que la loi sur les caisses populaires exige en termes de contraintes de couverture, là, des prêts commerciaux et des prêts à haut risque », disait en janvier 2006 André Leclerc, de la Chaire des caisses populaires acadiennes en gestion des coopératives, de l’Université de Moncton à Edmundston.

En 2010, le vérificateur général du Nouveau-Brunswick, Michael Ferguson, a déposé un rapport cinglant. Il avait décelé de nombreuses irrégularités à la Caisse populaire de Shippagan, par exemple des primes excessives pour ses dirigeants.

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Le siège social d'UNI Coopération financière est à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

En 2012, cinq ans après son retour dans la Fédération des caisses populaires acadiennes, la Caisse de Shippagan a réussi à faire lever sa mise sous tutelle. Et depuis le regroupement des 15 caisses populaires, Shippagan fait partie d'UNI coopération financière.

Une situation différente aujourd'hui

Depuis la fusion des Caisses populaires du Nouveau-Brunswick le 1er juillet 2016, la nouvelle entité, Uni Coopération financière, relève du régime de surveillance fédéral et est supervisée par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF). Le BSIF évalue la solidité financière des institutions financières et les risques qui pèsent sur elles dans le but d'éviter aux déposants et aux souscripteurs d’encourir des pertes.

Au Nouveau-Brunswick, la stabilité financière et la solvabilité des caisses d'épargne et de crédit (" credit unions ") font l'objet d'une surveillance de la Commission des services financiers et des services aux consommateurs (FCNB), par l'entremise du surintendant des institutions financières. La loi accorde au surintendant les pouvoirs d’exécution nécessaires pour intervenir rapidement, s’il y a lieu.

Les caisses d’épargne et de crédit dans la province sont vérifiées deux fois par année :  une fois par un vérificateur externe et une fois par l'Agence de gestion des risques (RMA).

Les caisses d’épargne et de crédit ont mis leurs ressources en commun afin de créer un fonds de stabilisation correspondant à 1,5 % ou plus de l’actif des caisses membres. Le fonds de stabilisation peut servir à fournir de l'aide financière aux caisses membres qui en ont besoin ou pour assurer une protection accrue contre les pertes financières.

En cas d'insolvabilité, la Société d’assurance-dépôts des caisses d’épargne et de crédit garantit aux épargnants le remboursement des dépôts admissibles effectués dans une caisse d’épargne et de crédit du Nouveau-Brunswick, y compris les intérêts accumulés, jusqu’à concurrence de 250 000 $.

D’après le reportage de Michel Nogue

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