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Des cours de langue innue pour le personnel du Cégep de Baie-Comeau

Les mots sont souvent très longs en innu.

Les mots sont souvent très longs en innu.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une vingtaine de membres du personnel du Cégep de Baie-Comeau tentent de relever un défi de taille. Pour la première fois de leur vie, ils essaient de lire, d'écrire et de parler la langue innue en suivant les cours de Louise Canapé, la directrice de l'École Uashkaikan, de Pessamit.

Un texte de Marlène Joseph-Blais

Jusque dans l'histoire récente, l'innu était une langue orale et non écrite. Au fil du temps, des enseignants ont créé du matériel didactique et des linguistes ont créé des dictionnaires.

L'alphabet innu ne compte que 11 lettres. Chaque mot est un peu comme une phrase, ce qui rend les mots beaucoup plus longs qu'en français.

« C'est assez intéressant pour un enseignant de se faire placer dans une position comme ça. Je ne comprends pas un mot de ce qui se passe! »

— Une citation de  Jocelyn Pelletier, enseignant en techniques d'éducation spécialisée, Cégep de Baie-Comeau

Pour des francophones, c'est difficile de s'y retrouver. « C'est incroyable de voir comment c'est compliqué et comment je n'y comprends rien », dit Jocelyn Pelletier, qui assiste aux cours.

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Des francophones tentent d'apprendre la langue innue.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Curiosité et respect

Les enfants de Pessamit parlent français en classe, mais ils utilisent souvent l'innu à la maison. Chaque année, une vingtaine d'étudiants de la communauté fréquentent le Cégep de Baie-Comeau.

« C'est une forme de respect et d'intérêt aussi. Essayer de mieux comprendre la culture, certains mots, certains concepts. »

— Une citation de  Jocelyn Pelletier, enseignant en techniques d'éducation spécialisée, Cégep de Baie-Comeau

Des enseignants sont inscrits aux cours d'innu, tout comme d'autres membres du personnel. « On aime ça, entendre leur voix. Je trouve que c'est une langue qui chante un peu », explique le technicien en audiovisuel du Cégep, Serge Roussel.

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Louise Canapé est directrice de l'école Uashkaikan de Pessamit.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Louise Canapé ne s'attend pas à ce que ses étudiants puissent discuter en innu après quelques heures de cours seulement, mais elle se réjouit de leur intérêt. « Ça fait plaisir que l'autre essaie de connaître ta langue », affirme-t-elle.

« Nous, on a appris le français. C'était comme une obligation, parce qu'il fallait aller à l'école, puis apprendre le français, mais on l'a appris. Pourquoi pas l'inverse, que les autres aussi sachent quelques mots. »

— Une citation de  Louise Canapé, enseignante en langue innue

« Si on est capables au moins de les saluer et de faire les formules de politesse avec eux, je pense que c'est un beau rapprochement », souligne la registraire du Cégep, Claude Morin.

Maintenant, ceux qui suivent les cours peuvent au moins dire Kuei aux Innus qu'ils côtoient, plutôt que bonjour.

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